les années lycée au large de l'australie

10 jeunes photographes néo-zélandaises explorent leur adolescence, leur féminité et leur rapport aux autres. Ensemble, elles immortalisent leur jeunesse passée sur une île, au milieu du Pacifique. Rencontres.

par Wendy Syfret
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03 Mai 2016, 9:30am

Avec la beauté de ses paysages, son isolement et sa communauté créative soudée, il n'est pas étonnant que génération après génération le talent artistique continue de germer en Nouvelle-Zélande. Et dans la moisson du moment se cache des photographes, femmes, à la vie et au travail reflétant leur solidarité et un engagement sans faille dans leur pratique. Ces différentes jeunes filles se retrouvent dans leur manière de capturer les choses, les corps, les mémoires et de tirer un portrait juste de l'expérience féminine - au bout du monde.

i-D est allé à la rencontre de ces photographes Kiwi pour discuter de la manière dont leur héritage a pu influencer leur photographie et de ce que signifie être une femme aujourd'hui en Nouvelle-Zélande.

Karen Inderbitzen-Waller

Les femmes réagissent toutes différemment face à l'objectif ?
Oui. Je pense qu'elles on besoin d'un certain niveau de confiance pour réellement se dévoiler devant l'objectif. Les femmes ont toujours été mes sujets préférés.

Elles ont quoi d'unique, les néo-zélandaises ?
Elles ont une chaleur et une personnalité bien plus généreuses que de nombreuses autres nationalités. Selon moi, les femmes néo-zélandaises sont aussi très humbles dans leur façon de rayonner. J'aime leur ferveur, leur force de caractère, c'est propre à notre culture.

Il y a des thèmes relatifs à la féminité qui te sont récurrents ?
La vulnérabilité m'attire. J'ai grandi avec des films comme Raging Bull, Rosemary's Baby et Á bout de souffle. J'aime explorer la beauté d'une femme stéréotypée, qui aurait absolument besoin de quelqu'un ou quelque chose. Elle peut être incroyablement belle et cinématographique dans cet état. J'aime aussi mettre en scène la notion de secret avec mon sujet. Quelque chose qu'elle est la seule à savoir et qui insuffle du mystère dans la photo.

Quelle genre de femmes t'attire ?
Les beautés imparfaites et troublantes. 

@kinderbitzenwaller

Zara Mirkin

Le fait de grandir en Nouvelle-Zélande a influencé ton travail ?
Énormément. Ça a fait de moi qui je suis, donc fatalement ça influe sur mon travail. Je mène une vie assez discrète. Je suis obsédée par la nature et les virées en campagne. Je suis aussi à l'aise dans n'importe quelle situation, vu que je viens de rien, de nulle part, du coin perdu de la Terre, et je dois tout ce que j'ai à mon honnêteté et mon travail acharné.

Il y a des thèmes relatifs à la féminité que tu tiens particulièrement à explorer ?
Étant donné que j'ai fait pas mal de photos pour Lonely Lingerie, j'ai vraiment exploré l'image corporelle et l'âge. Ce n'était pas forcément calculé ou prévu, mais c'est devenu une part importante de mon travail, quelque chose de très important pour moi. J'ai aussi photographié beaucoup de femmes avec leurs filles, dont je suis très proche. Voilà un autre sujet très intéressant.

Quel genre de femmes t'attire ?
Les femmes avec une histoire, qui ont accompli des choses incroyables dans leur vie. Je ne me fais pas avoir pas l'unique beauté extérieure.

Qui t'inspire ?
Mes meilleurs amis en Nouvelle-Zélande, à qui je parle encore tous les jours. J'ai de supers amis à New York, qui m'ont appris plein de choses et m'ont aidé à grandir et évoluer. Moni Haworth et Bess Abraham sont des amies à moi, elles ont élevé des enfants magnifiques toutes les deux ; les femmes les plus cools du monde. Et puis surtout ma sœur. Je n'ai pas assez de mots pour la décrire. Tous les jours, elle me pousse à être la meilleure possible et à être heureuse de ce que j'ai.

@zaraeloise

Imogen Wilson

Tu photographies principalement des femmes. Pourquoi ?
Les jeunes femmes que je prends en photo sont souvent des amies, des connaissances où des filles repérées sur les réseaux sociaux. La plupart du temps l'envie de travailler ensemble est mutuelle, donc on passe un moment très personnel et collaboratif. On traîne ensemble, on s'amuse, et tout ça donne une énergie parfaite. Les photos ne sont jamais que pour moi, mais aussi pour elles.

La féminité est toujours un concept pertinent ?
Je pense que oui, mais les qualités et les attentes traditionnellement liées à ce terme sont en train de changer. On ne s'arrête plus aux bornes "girly" ou "tomboy" ; tout ce qui se trouve entre ces deux concepts est normal, et c'est cool. Être féminine, c'est avoir une énergie et une attitude féministe - rien à voir avec la façon de s'habiller. 

Qui t'inspire ?
Les femmes qui m'entourent. Tous mes amies proches sont très créatives, bossent dur et gardent les pieds sur terre. Tout ce qu'elles font de créatif, elles le font pour elles, et ça je le respecte. Ma meilleure amie Annabel, par exemple, m'impressionne. Elle est dans un groupe néo-zélandais qui s'appelle Miss June en parallèle de ses études de médecine. Généralement, les gens se fixent un plan de carrière ; elle en a choisi deux.

Tu penses que le fait de grandir en Nouvelle-Zélande a façonné qui tu es ?
Je pense que ça me fait garder les pieds sur terre. Je suis tout à fait consciente de vivre sur une île minuscule au bout du monde. 

@imogenwilson_

Lola Rose

Tu penses que le fait de grandir en Nouvelle-Zélande a façonné qui tu es ?
J'ai eu toute la liberté du monde pour creuser et expérimenter mes idées ici, et j'ai été influencée par un tas de personnes très attentionnées. C'est un endroit merveilleux.

Quels sont les thèmes les plus récurrents chez toi ?
Actuellement, je m'essaye à une expression très personnelle de la notion de genre, via les tenues que je porte tous les jours. Je suis très intéressée par les stéréotypes féminins et la manière de se jouer de la perception des autres. 

Quelle genre de femmes t'attire ?
Les femmes qui s'expriment avec clairvoyance. J'adore les femmes qui peuvent m'éduquer. J'ai envie d'apprendre. 

@PerfumeRiver_

Constance McDonald

Elles ont quoi d'unique, les néo-zélandaises ?
Pour être créatif ici, dans un endroit si petit, il faut vraiment travailler dur. La masse de travail est très élevée. Il faut vraiment le vouloir.

Quels sont tes thèmes de prédilection ?
La complexité et l'expression de l'émotion m'intéressent. Sur mes vêtements j'ai brodé des mots extraits de mon journal intime - "Tu ne peux pas me toucher, je suis dans un autre univers", "J'ai pleuré toute la journée". Je les ai gravés sur des colliers, ça fait office de panneaux d'affichage. 

Qu'est-ce qui te préoccupe en ce moment ?
Le mot sur lequel je reviens le plus souvent, c'est "désir". La nostalgie du passé, l'envie de futur. De vivre dans un rêve. Les photos sont une forme d'expression du désir ; elles visent l'avant et l'après simultanément. Les photos sont un moyen de compréhension du monde. 

@princess.constance

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Texte Wendy Syfret

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