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      culture Hannah Ongley 11 juillet 2016

      quand petra collins, harry gruyaert ou juergen teller regardent les banlieues

      À Paris, une exposition collective rassemble les travaux des plus grands photographes consacrés à ces zones urbaines - entre magie et mélancolie.

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      petra collins, julia at sunset, 2014, © petra collins

      Les trottoirs dégueulasses, l'herbe sauvage et trop haute des jardins, les piscines vides, les barres d'immeubles, les rooftops géants ou les clôtures blanches - les clichés des banlieues du monde sont des sources d'inspiration artistiques sans fin, incessamment romancées. Pensez au Family on the Lawn One Sunday in Westchester, N.Y de Nan Goldin ou à l'angoissant film de science-fiction culte, Donnie Darko. Mais ces endroits sont encore plus magiques quand ils sont décrits et retranscrits par des gens qui choisissent - pour des raisons artistiques ou financières - d'y vivre en immersion. Petra Collins, Juergen Teller, Thomas Struth, Ed Templeton et Harry Gruyaert sont quelques-uns de ces artistes, s'aventurant à la prospection de ces zones urbaines à la recherche de trésors sociaux et culturels. Leurs travaux sont réunis dans une exposition parisienne, 'Cause the Grass Don't Grown and the Sky Ain't Blue, qui met en exergue la validité de ces aires en tant que terreau créatif en réaffirmant avec force leur beauté. 

      Micky Clément, Nageurs, 2012, © Micky Clément & Galerie Derouillon, Paris

      L'exposition s'arrête également sur l'équilibre entre les situations urbaines parfois déplorables, les initiatives gouvernementales comme les programmes de résidence et la présence accrue de jeunes artistes au milieu de ces friches urbaines. "L'atmosphère qui prévaut à la périphérie de nos villes est intrigante au point de devenir un sujet de conversation et une source d'inspiration, expliquent les curatrices Clémence Duchon et Flavie Loizon. Le centre-ville a rarement provoqué de tels sentiments de peur, et paradoxalement, n'a jamais été le sujet d'autant de fantasmes. Si la banlieue est une mine de références esthétiques, ces quartiers de la classe ouvrière sont trop souvent abandonnés. Cette exposition donne aux gens qui connaissent le mieux ces endroits une chance de parler, de présenter la banlieue sous une lumière neuve ; de présenter la vision de ceux qui ont réussi à domestiquer ces terres inconnues."

      De la Chine au lit de William Eggleston, chaque artiste propose son monde imaginaire et pourtant véritablement authentique ; un monde ou la beauté est dans tout et tous. 

      Juergen Teller, Stella Schnabel, New York, 2012 © Juergen Teller & Suzanne Tarasieve, Paris

      Laurent Kronental, Denise, 81 ans, Cité du Parc et Cité Maurice-Thorez, Ivry-sur-Seine, 2015

      Harry Gruyaert, Evry, France, 1984 © Harry Gruyaert & Gallery Fifty One, Antwerp

      Thomas Struth, Hailar, 2002 © Thomas Struth & Galerie Marian Goodman, Paris

      Juergen Teller, William Eggleston and Charlotte Rampling, No. 1, Marc Jacobs, 2007  © Juergen Teller & Suzanne Tarasieve, Paris

      L'exposition 'Cause the Grass Don't Grow and the Sky Ain't Blue se tient à la galerie Praz-Delavallade, à Paris, jusqu'au 24 septembre 2016.

      Crédits

      Texte Hannah Ongley

      Images courtesy of Praz-Delavallade Gallery

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      Tags:culture, photographie, banlieues, petra collins, juergen teller

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