Still from The Wicker Man, 1973

10 films d'horreur à l'ancienne à regarder en ce mois d'octobre

Oubliez les horreurs de la vraie vie en regardant ces films d’épouvante.

par Douglas Greenwood
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14 Octobre 2020, 10:59am

Still from The Wicker Man, 1973

Les films d’horreur étaient tellement fucked up il y a cinquante ans, peut-être encore plus qu’aujourd’hui malgré la manière dont on consomme l’art et notre attitude « on a tout vu ». L’absence de techniques modernes, combinée avec le désir de pousser les limites des petits budgets, tout cela forçait les réalisateurs a avoir encore plus d’imagination. Les scénarios prenaient des éléments du quotidien pour les transformer en véritables incarnations du mal. Cela a mené à une série de classiques et autres films cultes, toute une époque pour le cinéma américain et italien. Tout le monde voulait voir des films d’horreurs, des films gores, et autres films d’effractions. Quiconque ayant vu ces films en ressort changé pour toujours.

Et c’est de nouveau cette époque de l’année ! Avec le mois d’Octobre, vient le vent, les feuilles tombent, les Pumpkin Spiced Latte, et surtout Halloween ! Et avec la menace d’un nouveau confinement imminent, et les annulations de tout ce qui allait être fun cette année, la meilleure manière de célébrer cette saison effrayante serait peut-être de se glisser sous la couette pour regarder des films qui vont rester avec vous pour longtemps. Mais si vous en avez marre de regarder Paranormal Activity ou Insidious pour la énième fois, voici des films à l’ancienne qui devrait vous plaire. Vous pouvez les trouver dans des boutiques de DVD de seconde main, ou les acheter en ligne. Et pour les grands cinéphiles, ils sont tous disponibles en streaming sur Criterion Channel, au sein de leur programmation horreur seventies.

Don’t Look Now (Nicolas Roeg, 1973)

Dans ce thriller psychologique vraiment tordu, un couple (interprété par Julie Christie et Donald Sutherland) s’échappe à Venise pour rénover une ancienne église après la mort accidentelle de leur fille. Lorsqu’ils arrivent, ils rencontrent deux bonnes soeurs, et l’une d’entre elle, voyante, insiste que leur fille essaie d’entrer en contact avec eux pour les prévenir d’un danger. Alors que la vie suit son cours sur les canaux de Venise, le père en deuil commence à voir sa fille partout, et se rend compte qu’elle a peut-être un message important à leur faire passer. Ce film est une parabole terrifiante et violente sur le deuil, sur la mort qui est autour de nous, et sur les manières terribles dont elle se manifeste. Parfois trompeur, le film nous fait croire à un sentiment de sécurité avant de nous assommer avec certaines des images les plus flippantes que vous pourrez voir dans un film d’horreur des années 1970. Bonne chance !

The Wicker Man (Robin Hardy, 1973)

Un classique du genre bien connu maintenant, la version originale de The Wicker Man, sortie dans les années 1970, n’a pas Nicolas Cage à son casting (snif snif) mais le film rappellera néanmoins à votre bon souvenir le remake. Sur une île en Écosse, un officier de police enquête sur la disparition d’une petite fille. Lors de son arrivée sur l’île, il se rend compte que tous ses habitants se sont détournés du christianisme pour se convertir au paganisme. Sans surprise, ils suivent des préceptes qui semblent tout à fait dingo pour quiconque ne les connait pas. Si vous avez aimé Midsommar, ce film est pour vous !

Sisters (Brian de Palma, 1973)

Largement considéré comme le film qui révéla le réalisateur devenu culte Brian de Palma, Sisters raconte l’histoire de deux soeurs jumelles, Dominique et Danielle, et comment le duo devient encore plus proche alors que Dominique est suspecte d’un meurtre violent, dont un journaliste d’investigation est le témoin à travers la fenêtre d’un appartement. Un bordel monstre filmé de la manière la plus grandiose, ce thriller kitsch qui joue des split screen se nourrit de faux sang et de protagonistes femmes complexes et brillantes. Et puis comment oublier la bande originale de Bernard Herrmann, qui composait aussi celles de Psychose d’Alfred Hitchcock. 

The Nightcomers (Michael Winner, 1971)

Le légendaire Marlon Brando a été nommé pour un BAFTA suite à son apparition dans ce film, qui a été pensé comme le prequel au roman du XIXème siècle The Turn of the Screw. Situé dans un vieux manoir, The Nightcomers tourne autour de deux duos distincts : deux orphelins d’un côté, puis la gouvernante et le jardinier (joué par Brando) qui entreprennent une affaire sado-maso derrière leur porte close. Mais ce qu’ils ne savent pas, c’est que les enfants les regardent, et prévoient de reproduire certaines des pratiques les plus violentes de la relation de leurs ainés, avec les conséquences les plus dévastatrices. Évidemment sujet de controverse à sa sortie, le film est devenu un détail de la carrière de Brando, mais pour ceux qui ont un goût particulièrement macabre, ce film d’horreur reste peut-être à découvrir.

The Texas Chain Saw Massacre (Tobe Hooper, 1974)

Tout comme The Wicker Man, la plupart d’entre nous connaissent l’histoire de Texas Chain Saw Massacre. Mais si vous aviez trouvé le remake de 2003 pas si terrible que ça, préférez l’original hyper violent. Sorti en 1974, ce film gore qui suit un groupe d’autostoppeurs qui essaient d’échapper aux griffes de cannibals et d’un tueur armé d’une tronçonneuse a été interdit dans plusieurs pays à l’époque en raison de son contenu violent. Mais pour ceux qui pouvaient le voir, ces interdictions et cette mention factice « inspiré de faits réels » ont servi d’argument marketing. Le film a généré 30 millions de dollars pour un budget de production de 140.000 dollars, et comme on dit, « the rest is history ».

Deathdream (Bob Clark, 1974)

Sorti lors des derniers mois de la guerre du Vietnam, Deathdream (parfois connu sous le nom de Dead of Night dans certains pays) raconte l’histoire d’une jeune soldat tué par balles pendant la guerre, qui rentre chez lui miraculeusement sans blessures, une histoire de fantôme morbide donc. Le succès du film tenait au bouche à oreille à sa sortie en 1974, avec des posters qui précisaient qui personne ne serait accepté dans la salle plus de cinq minutes après le début du film, une manière de s’assurer que tout le monde suivrait l’intrigue à rebondissements depuis le début. À l’époque où les cinémas en plein air appelés « drive-in » n’étaient pas dû au coronavirus, ce film était l’un des classiques des drive-ins.

Ganja & Hess (Bill Gunn, 1973)

Souvent cité encore aujourd’hui comme LE film d’horreur expérimental de la Blaxploitation, Ganja & Hess est une histoire d’amour de vampires qui a reçu un véritable succès critique à sa sortie avant d’être analysé comme une métaphore fine et intelligente de l’impérialisme culturel par la suite. Son personnage principal, le docteur Hess Green, est un anthropologue qui étudie les travaux d’une ancienne tribu africaine buveuse de sang. Après qu’il soit poignardé par son assistant instable avec un couteau de la tribu, il devient avide de sang et immortel, puis parvient à faire tomber amoureuse de lui la femme de son assistant, Ganja, en la mordant et lui donnant à elle aussi la vie éternelle. Si cette histoire vous dit quelque chose, c’est parce que Spike Lee en a fait un remake en 2014, sous le titre Da Sweet Blood of Jesus.

Images (Robert Altman, 1972)

Ce film de Robert Altman n’est pas tant un film d’horreur au premier sens du terme, mais plutôt un drame psychologique intense. Images a été présenté à Cannes en 1972 et l’actrice Susannah York y remporta le prix d’interprétation avant que le film ne soit boudé à sa sortie en salles. Tourné pendant les mois d’automne 1971 en Irlande proie aux tempêtes, c’est un film froid, parfois perturbant, sur une auteure de livres pour enfant qui est hantée par des apparitions alors qu’elle travaille à son dernier projet. La majorité des spectateurs n’y comprenaient rien, ou ont trouvé le film trop complexe, mais le film a trouvé des fans dans les années qui ont suivi sa sortie.

Daughters of Darkness (Harry Kümel, 1971)

Si vous aussi vous adorer voir des femmes meurtrières qui ont plein d’argent, Daughters of Darkness est fait pour vous. Ça commence tranquille : un couple en lune de miel passe la nuit dans un hotel sur la côte en Belgique en attendant de prendre le ferry pour l’Angleterre le lendemain matin. Ils sont les seuls clients de l’hôtel quand, au coucher du soleil, une comtesse débarque avec son secrétaire personnel. Le concierge la reconnait, mais ils ne sont pas vu depuis longtemps, et la comtesse semble ne pas avoir pris une ride depuis son enfance. Mais que fait-elle donc là ? Et bien, il se trouve que la comtesse a peut-être quelque chose à voir avec le meurtre de deux filles qui plane comme une ombre sur la ville de Bruges depuis la semaine passée. Qui seront ses prochaines victimes ?

Cet article a été initialement publié par i-D UK.   

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