Courtesy of Djiby Kebe

Ben Broome et sa clique

Visite derrière les coulisses de l’exposition Drawing a Blank à Paris.

par Alice Pfeiffer
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25 Septembre 2020, 10:50am

Courtesy of Djiby Kebe

Le commissaire d’exposition londonien Ben Broome, connu pour ses installations dans des lieux décalés et sa vision transversale de la création émergente, s’importe à Paris. Sous son nom de scène Drabl, il instigue un show pluridisciplinaire d’artistes locaux ainsi qu’anglo-saxons, faisant de la création un médium de rencontre et de discussion.

Rencontre avec ce curateur de pointe et avec une poignée des artistes dévoilés lors du vernissage ce 25 septembre, qui partagent quelques bribes de sagesse juvénile.

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Courtesy of Djiby Kebe

Que montrez-vous pendant ce show?

Disons que j’ai combiné mes “familles” anglaise, new-yorkaise et française, sans fil rouge curatorial trop évident, mais dans le but de montrer un portrait actuel de l’époque, ses créations, ses espoirs, dans toute sa diversité.

Quelles sont les spécificités de l’époque?

Je suis basé à New York en ce moment, et la situation politique ainsi que les mouvements sociaux ont crée une tension et un climat d’anxiété palpable. À côté, Paris me semble être une bouffée d’air frais, même si je sais que ce n’est pas réellement le cas.

Comment avez-vous imaginé ce show?

Il est ouvert au public, gratuit, sans invitation, pour que des kids de tous milieux puissent venir le voir, même si ils se sentent loin des scènes d’art contemporain. J’espère qu’il pourra être un éveil, une rencontre, une réunion, un moment partagé convivial avec des concerts, des DJ sets, des installations surprenantes mais cohérentes. Les oeuvres ne seront pas mises en vente, le but est avant tout d’offrir un espace de liberté d’expression complète à la jeunesse.

Djiby Kebe

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Courtesy of Djiby Kebe

“J’aime beaucoup réaliser des portraits, parce que, pour moi, chaque individu à sa propre histoire à raconter. Cette approche dans mon travail personnel découle aussi sur mon travail plus commercial de photographie de mode qui prend également pour base le portrait. Les deux visions sont indissociables.”

Jan Melka

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​Courtesy of Djiby Kebe

“Je crée toujours avec une certaine cadence, je ne réfléchis même pas à ce que je suis en train de réaliser. Ce qui me porte est une énergie en moi, ainsi que le besoin d’exprimer une certaine vérité, sans détours.”

Josh Woods

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​Courtesy of Djiby Kebe

“Paris traverse une période vraiment particulière, et c’est important de venir créer et s’exprimer dans cette ville aujourd’hui. Le monde est dans une situation étrange, et l’art et l’expression de soi vont perdurer, rejoindre la discussion globale et entraîner une évolution dans les visions et les discours.”

Zora Sicher

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Courtesy of Djiby Kebe

“Pour moi, la nudité n’est pas intrinsèquement sexuelle. Les corps ont un aspect grotesque, que l’on s’efforce de retoucher ou censurer. Mais je veux montrer le contraire et célébrer chaque poil et chaque bouton.”

Pol Taburet

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​Courtesy of Djiby Kebe

“J’ai commencé à peindre des gens sans genre, comme appartenant à une espèce animale. J’y vois des formes de chimères mythologiques, auxquelles j’accole des détails et des scénarios classiques ou retro-futuristes. Le but est jouer entre violence et douceur.”

Rhea Dillon

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​Courtesy of Djiby Kebe

“On ne devient pas soudainement un artiste qui montre absolument tout ce qu’il produit. On parle de pratique artistique précisément car il y a un aspect de travail essentiel, où le studio devient le lien de raffinement où l’on élague sa vision.”

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