Courtesy of Bailey Scieszka / Galerie Stems

“A Peaceable Kingdom” : l’artiste Bailey Scieszka s’expose en Belgique

Inspirée des codes du portrait académique qu’elle fusionne avec l’iconographie du consumérisme et des théories du complot d’aujourd’hui, l’artiste américaine présente ses melting-pots satiriques jusqu’au 15 août 2020 à la galerie Stems, à Bruxelles.

par Anthony Vincent
|
30 Juillet 2020, 9:00am

Courtesy of Bailey Scieszka / Galerie Stems

Autour du cou d’un dragon, aux yeux en coeur, qui vomit un arc-en-ciel, en guise de scène, Bailey Scieszka agite ses marionnettes colorées qui racontent l’histoire d’un artiste tué par son reflet. Baptisé “The Phantom Menace Syndrom”, cette performance a été présentée par la plasticienne américaine depuis son studio basé à Détroit, via Zoom et Instagram, pour le vernissage de son exposition “A Peaceable Kingdom”. Malgré la pandémie, elle a ainsi pu présenter un pan supplémentaire de son univers carnavalesque et expérimental à la galerie Stems. Un monde qu’elle explore plus volontiers à travers l’esprit de son alter-ego Old Put, clown démoniaque et métamorphe qui pique ses vidéos, peintures, dessins et installations de références populaires contemporaines.

1596020452805-dsc7373
Courtesy of Bailey Scieszka / Galerie Stems

Des corps-chimères, humains, animaux, et allégoriques

Formée à la Cooper Union for the Advancement of Science and Art, université privée de New York, Bailey Scieszka puise dans les codes du portrait américain du XIXe siècle pour les utiliser avec l’iconographie de théories du complot et du consumérisme contemporains. En résultent les corps-chimères, à la fois humains, animaux, et allégoriques, dans des postures classiques, actuellement exposés par la galerie belge.

1596020489482-dsc7371
Courtesy of Bailey Scieszka / Galerie Stems

L’exposition doit d’ailleurs son nom au peintre américain Edward Hicks qui dépeignait au XIXe siècle ses idéaux religieux où des enfants et des animaux vivaient en parfaite harmonie. Bailey Scieszka en reprend les codes naïfs et primitifs qu’elle twiste notamment de références au roman de science-fiction “L'Île du docteur Moreau” de H. G. Wells (1896).

Des satires sociales loufoques et acides

1596020537934-dsc7369
Courtesy of Bailey Scieszka / Galerie Stems

Ces melting-pots de références font des oeuvres de Bailey Scieszka des satires sociales loufoques et acides. “Le drame est un gros plan, mais la comédie est un plan large”, résume-t-elle dans son oeuvre “The Coney-Catching Crucible” (2020). Faux naïf, son conceptualisme contemporain passe aussi beaucoup par la mode pour habiller de bric et de broc son alter-ego Old Put, souvent mis en scène dans ses performances et tableaux. Superpositions de vêtements aux imprimés colorés, peluches en guise d’accessoires improbables : son style ressemble à du Versace passé au mixer avec du Jeremy Scott. De quoi raconter les choses les plus sombres de la société avec les couleurs les plus vives.

Exposition “A Peaceable Kingdom” de Bailey Scieszka - À la galerie Stems jusqu’au 15 août 2020 68 Rue de la Concorde - 1000 Bruxelles

Tagged:
exposition
Belgique
Bailey Scieszka
A Peaceable Kingdom
Galerie Stems