Courtesy of Robin Galiegue

Paris Fashion Week SS21: rencontre avec les nouveaux visages de la mode

Lors de cette Fashion Week de Paris si particulière, i-D met en lumière les nouveaux visages de la saison.

par i-D France staff
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07 Octobre 2020, 11:14am

Courtesy of Robin Galiegue

Cette année plus que jamais, embrassant la diversité et l’inclusion sous toutes ses formes, une énergie et une impulsion nouvelles se font ressentir dans les rangs de la mode. Entre deux défilés, la jeune garde du mannequinat nous a partagé son ressenti et sa vision du monde à travers des messages positifs et plein d’espoir.

Sihana, 23, Kosovo

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« Je suis mannequin depuis un an, et c’est ma troisième fashion week. Le monde a tellement changé depuis que la pandémie a commencé, tout s’est déplacé vers le monde digital. Je suis à l’aise avec cette idée, parce que dans ma ville au Kosovo, on était déjà tellement isolé du reste du monde qu’on faisait tout online pour pouvoir découvrir d’autres cultures. »

Crédits : Veste en denim à manches découpées et chemise en denim, Levi's. T-shirt et chaussures, personnels.

Jasmin, 18, Saint-Etienne, France

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« J’ai commencé le mannequinat au mois d’août et j’ai signé avec IMG il y a quelques semaines. C’est vraiment excitant pour moi parce que c’était mon rêve. Je suis une femme trans, je me bats pour les droits des trans, c’est très important pour moi. La transphobie est bien réelle, et je peux vous en parler, j’en souffre tous les jours. Je veux élever ma voix sur ce sujet, et m’engager pour cette cause. Je connais beaucoup de personnes trans qui vivent dans la rue parce que leurs parents ne les acceptent pas. J’aimerai utiliser ma plateforme pour être utile. »

Crédits : Veste en jean et pantalon en velours, Levi’s. Débardeur et collier, vintage.

Annemarie, 25, Vienne

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« Je suis mannequin depuis presque trois ans. Il y a très peu de castings cette saison, et très peu de shows physiques, ce qui fait que cette fashion week est une expérience complètement différente. L’aspect positif de la pandémie c’est que plus de gens ont commencé à réfléchir, à se poser des questions. Avec ma génération, j’ai l’impression qu’on s’engage pour essayer de régler les questions politiques de notre époque, et ainsi créer un monde plus juste. Le réchauffement climatique est un énorme problème et on doit trouver de vraies solutions. Personnellement, je ne suis pas seulement mannequin, je suis aussi designer, c’est donc très important pour moi de créer un futur durable. Ce que je peux faire aujourd’hui, c’est m’informer et voter. »

Crédits : Chemise et jean, Levi’s. Cravate, vintage.

Amrit, 22, Paris

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« Je suis née en Inde, mon père est somalien et indien, ma mère est française et britannique. J’ai commencé le mannequinat au mois de janvier. J’ai fait un show en février dernier, et cette fois-ci, c’est très différent et un peu perturbant. On doit faire tellement attention, mais tout le monde s'entraide et est très conscient des mesures de sécurité. J’ai passé le confinement seule dans un appartement pour mannequins à Paris. Les filles avec qui je le partage sont russes, elles sont donc parties là-bas, et ne pouvaient pas revenir à cause du confinement. Pendant le confinement, je suis tombée amoureuse sur internet, on vient de se rencontrer pour la première fois il y a quelques jours. Il vient de Los Angeles, et les Américains ne pouvaient pas venir à Paris. Pour la première fois, j’avais vraiment le temps de rencontrer quelqu’un, j’avais le temps d’échanger. Maintenant qu’on s’est rencontré en personne, j’ai l’impression qu’on est ensemble depuis huit mois. Cette pause m’a permis de trouver une stabilité, pour moi-même mais aussi pour ma relation. »

Crédits : Veste en jean et pantalon, Levi’s.

Precious Lee, ageless, Atlanta Georgia

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« Je suis très reconnaissante du fait que beaucoup de personnes importantes se rendent compte à quel point l’inclusivité est essentielle, à ne pas prendre à la légère, qu’elles essaient d’appliquer cela au design, au branding. C’est difficile de faire la différence entre une inclusivité d’apparence, et une volonté sincère d’intégration. Je suis reconnaissante d’appartenir à la partie sincère de l’exposition de la diversité, et que la culture de marque ne doit pas nécessairement changer du tout au tout si vous incluez quelqu’un d’une taille ou d’une couleur différente. Le confinement a forcé beaucoup de monde à se confronter à eux-mêmes, pendant que toutes ces horreurs étaient en train de se passer, ou plutôt se passait depuis toujours. D’une certaine manière, il était devenu impossible d’échapper à la réalité de ce que les personnes noires ont du endurer depuis la création des États-Unis. Pour cette raison, même si vous n’étiez pas lié à la cause, ou si vous vous en foutiez avant, en tant qu’être humain vous deviez maintenant être concerné. La solitude a forcé beaucoup de monde à éplucher les différentes couches de leurs personnalités. On a tous appris ce qui était vraiment important. »

Crédits : Veste et tee-shirt, Levi’s. Pantalon et bijoux, personnels.

Merlijne, 19, Pays-Bas

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« Je suis mannequin depuis trois ans mais c’est ma première fashion week parce que j’étais encore à l’école avant, et mon agence voulait que j’ai mon diplôme avant de m’envoyer dans une Fashion Week. Je suis trop contente, j’ai défilé pour Fendi et Dior.  Entre mannequins on traine ensemble en portant des masques, on crée des connections, on discute. J’étais en quarantaine pendant quatre mois, j’ai joué beaucoup de musique, j’ai fait de la peinture. On est tellement occupé entre l’école et le travail, alors que c’est tellement important d’apprendre à se connaître. »

Crédits : Chemise et jupe en jean, Levi’s.

Jade, 18, Paris

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« Pendant le confinement j’étais à Paris avec ma famille. Je suis quelqu’un de très casanière donc je l’ai bien vécu, j’ai pu me recentrer sur moi-même, travailler sur ma musique, passer du temps avec ma famille. Ca m’a fait du bien mais c’est vrai qu’à un moment j’avais quand même envie de revenir à la normale, j’avais surtout énormément d’appréhension par rapport à la sortie, comment ça allait se passer, comment allait être le « nouveau monde ». En ce moment avec ce qu’il s’est passé je trouve qu’il y a beaucoup de personnes sur internet qui ont utilisé leurs plateformes d’une manière très intelligente, qui ont « spread awareness » à propos de beaucoup de sujets comme le racisme, l’écologie et tout ce qui peut toucher l’homophobie, la transphobie ou être une femme dans la société d’aujourd’hui. Et je trouve que c’est très important de continuer à expliquer, éduquer les gens sur des choses qui sont vraiment importantes dans notre société et notre génération se bat vraiment pour le changement. »

Crédits : Salopette en jean, Levi’s. T-shirt et bracelets, vintage.

Ylang, 19, Paris

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« C’est ma deuxième Fashion Week, j’ai travaillé pour Jacquemus en juillet dernier. Je sens cette Fashion Week plutôt bien, toujours à la recherche de nouveaux physiques qui ont des formes et je pense que je suis un peu dans le thème. L’industrie de la mode change beaucoup en ce moment parce qu’on a besoin de beaucoup plus de représentation. On va essayer de changer les choses dans cette période un peu compliquée, nous avons besoin de mouvement, de nouvelles versions du monde et je suis plutôt optimiste. »

Crédits : Manteau à carreaux, Levi’s. Débardeur et chapeau, vintage.

Alix, 24, Paris

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«Cela fait 6 mois que j’ai fait du mannequinat. J’ai été scouté juste avant la pandémie.  Je suis pleine d’espoir et comme c’est nouveau, je suis très excitée.  Pendant le confinement, ce sont les personnes âgés et isolés qui m’ont fait beaucoup de peine. J’ai envie du coup de plus voir mes grands-parents et être plus famille car je ne les ai pas vu pendant quatre mois. »

Crédits : Veste en velours côtelé et T-shirt, Levi’s. Casquette et bracelet, vintage.

Nina, 23, Paris

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« Ce dont je me rends compte le plus en ce moment c’est le devoir et pouvoir que nous avons en tant qu’individu et que c’est à nous de transmettre des idées et éduquer nos enfants sur pleins de sujets importants comme par exemple, les téléphones. Je fais des études de psychologie, j’ai vu des enfants en groupe et ils sont trop focalisés là-dessus et forcément c’est nocif sur tous les autres combats qu’on veut mener. Je pense que ça passe beaucoup par l’éducation des enfants car c’est un futur proche mais aussi de nous-même, il faut se renseigner plus, faire des mini actions tous les jours. »

Crédits : Polo, chemise en jean et pantalon en faux cuir, Levi’s.

Kerolyn, 25, Brésil

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Courtesy of Robin Galiegue

Je suis mannequin depuis deux ans. Tout a changé. Je me souviens au début du coronavirus pendant la dernière fashion week, tout est allé très vite, là on porte des masques, personne ne se touche, les personnes qui travaillent en backstage portent des gants. Tout est différent. J’espère que les nouvelles filles vont prendre soin d’elles parce que parfois on travaille tellement dur qu’on ne pense plus à nos vies. J’accorde beaucoup d’importance à mon travail, mais je dois prendre soin de moi. Soutenir le mouvement Black Lives Matter est important pour moi, ma famille est noire, mon sang. Maintenant ce sont nos voix qui peuvent en parler, je suis heureuse car maintenant les mannequins plus size sont de plus en plus à la mode et j’espère que la normalité va être redéfinie. Les corps, les couleurs de peau, tout est normal et je ne vois pas pourquoi les gens pensent que c’est un problème. Je veux voir du changement à l’avenir et j’espère qu’on va voir plus d’inclusivité dans la mode.

Crédits : Débardeur et collier personnels.

Crédits:

Paris Fashion Week S/S21: rencontre avec les nouveaux visages de la mode

Avec le soutien de Levi’s.

Photographe Robin Galiegue, Direction artistique Claire Thomson-Jonville, Styliste Laetitia Paul, Directeur de Casting Nicolas Bianciotto @ Ikki Casting, Cheveux Yann Turchi @ Bryant Artists, Maquillage Marie Duhart @ By Calliste, Productrice Marianne Popovic @ Vice.

Opérateur digital Romain Courtois, Musique Rémi Medeline, Assistants photo Thomas Clarkson et Kevin Theard, Assistante directrice artistique Tiffany Pehaut.

Assistante styliste Caroline Martin. Assistante cheveux Constance Haond. Assistant maquillage Natsuki Oneyama.

Mannequins :

Jasmin, Shiana, Alix, Kerolyn et Precious Lee @ IMG. Amrit @ Silent. Jade @ Ford. Nina et Annemarie @ The Claw. Merlijne @ Viva. Ylang @ Blow.

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