Louis Vuitton s’envole pour l’espace depuis Cergy

Pour sa collection croisière 2022, Nicolas Ghesquière transforme la passerelle de l’Axe majeur en podium géant et revisite le space age.

par Claire Beghin
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16 Juin 2021, 4:31pm

Comme on ne peut pas encore tout à fait voyager tranquillement, Nicolas Ghesquière a fait défiler sa collection croisière 2022 dans un des lieux les plus dépaysants qu’on puisse trouver aux abords de Paris : L’Axe majeur, oeuvre architecturale monumentale signée l’artiste plasticien israélien Dani Karavan, construite entre 1980 et le milieu des années 2000. Le principe : douze « stations » (jardins, esplanades, île vestige d’une ancienne sablière…) traversées par une longue passerelle rouge surmontée d’arches géométriques, et autant d’interactions entre nature et paysage urbain, imaginaire et réel.

Et comme c'est surtout dans le temps que Nicolas Ghesquière aime voyager, qu’il s’agisse de la Belle époque, de la Renaissance, du Paris des années 80 ou d’un futur de science-fiction, cette saison il pose ses bases dans les années 60, et revoit à la sauce Vuitton la conquête de l’espace. Il a souvent exploré ces périodes charnières ou une vague de progrès a modernisé son époque, et l’imagerie qui accompagne la vision qu’une décennie précise avait de son futur. Et la notre n’est pas en reste, à l’heure où la possibilité de s’établir dans l’espace n’a jamais semblée aussi proche (merci Elon Musk ?). On retrouve, dans cette collection, la fascination de la mode des sixties pour la conquête lunaire - on pense à Cardin, à Courrèges, aux volumes boules et aux go-go boots, retravaillés avec l’accumulation de détails, d’empiècements et de clash de matières qui font la signature de Nicolas Ghesquière.

Des imprimés de paysages lunaires (on pense aux couvertures des livres de science-fiction des années 60) croisent des robes à godets en matières techniques, des brassières futuristes à sangles, de chaines XXL et des sacs en patchwork de cuir pixelisés. Il y a, aussi, une idée d’uniforme, avec des vestes à plastron façon officier, des épaules décorées de galons et des  rangs de boutons dorés. Un autre tic créatif de Nicolas Ghesquière, dont les défilés ont toujours des airs de parade. Dans les notes de la collection, il évoque une fanfare positive et sereine, « en accord parfait dans cet environnement si proche et si lointain, sans frontière, ouvert pour l’aventure ». On ne sait pas exactement ce que sera l’uniforme des années 20 de notre siècle, mais après plus d’un an de pandémie et de mode en sommeil, l’idée d’aborder l’avenir avec un mélange  joyeusement chaotique d’assurance et de candeur est effectivement tentante.

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