la tranquille ascension de msgm

Le designer Massimo Giorgetti développe sa vision de la femme MSGM avec une nouvelle collection capsule, à découvrir en exclusivité sur i-D. L'occasion de discuter avec lui de féminité, de son processus créatif et de musique.

par Clementine de Pressigny
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14 Décembre 2016, 3:30pm

C'est en refusant les règles qu'on crée de grandes choses. Massimo Giorgetti en est la preuve vivante. Le designer autodidacte de 38 ans, fondateur du label au succès fulgurant MSGM - et dernier directeur artistique de Pucci - avait pourtant commencé par étudier la comptabilité. Jusqu'à ce que son attirance naturelle pour la mode ne se retienne plus et l'envoie faire ses armes en tant que vendeur, en boutique, pour y capter les attentes concrètes des clients. Assez vite, son amour et son talent inné pour le design mènent rapidement Massimo à lancer un partenariat avec le groupe Paoloni en 2008 et créer MSGM. La marque connaît un succès quasi immédiat et devient une réussite mondiale qui ne montre à ce jour aucun signe de ralentissement.

Du business au design, l'approche de Massimo est toujours audacieuse, sûre d'elle. Alors quand l'envie lui a pris de créer une collection capsule, il a foncé, et MSGM p.m. est née - très vite. Massimo n'est pas du genre à faire traîner les choses. Au téléphone depuis New York, il explique : « J'ai décidé dans un laps de temps très court de lancer cette capsule. En deux semaines. Et en quatre semaines, la collection était faite. » Toujours fidèle à son envie de s'amuser en créant, il s'est une fois de plus imposé un processus naturel et ludique. « Je me suis vraiment amusé ! C'était vraiment marrant de bosser sur cette collection. Parfois, les designers, et moi compris, nous pensons trop et trop longtemps à nos collections. Je n'ai pas trop pensé cette collection. Tout s'est fait de manière très fun et organique. »

Les bonnes vibes de Massimo sont en partie attribuables à ses origines, son enfance à Rimini, sur la doucereuse côte adriatique italienne. « Là d'où je viens, la positivité est dans l'air. À chaque fois que je retourne à Rimini et Riccione - je vis à Milan maintenant - l'ambiance est vraiment différente. Les gens sont heureux, positifs, ils profitent de la vie. Je suis très fier de mes origines, parce que là-bas, la joie est simple, l'aisance est accessible - les gens sont bon vivants, ils aiment passer du bon temps, s'amuser, manger, boire. On aime tout ! »

Et de ses souvenirs de nuits égaillées passées dans les bars et clubs de sa ville natale, Massimo a aussi tiré la bande-son de sa collection capsule. La musique a toujours été centrale dans son processus créatif et particulièrement ici, pour MSGM p.m. « Bien sûr, la musique est un des aspects les plus importants de mon processus créatif, ça m'aide à me détendre et à me libérer l'esprit. Pour cette collection je me suis remémoré beaucoup de mes sorties nocturnes, quand j'avais 20 ans et que j'habitais à Rimini. Je me souviens de soirées folles là-bas, passées à écouter Basement Jaxx, Chemical Brothers - et en particulier le son Hey Boy Hey Girl, qui est totalement dans l'esprit. »

Sur les six années de collections passées, la femme MSGM a clairement évolué, mais cette nouvelle capsule a été l'occasion pour Massimo de revenir aux sources de sa marque. « Les premières collections s'articulaient autour de robes très courtes, de jupes, et à ce genre de pièces s'impose une attitude particulière, très authentique. Les dernières collections ont été plus masculines, et je ne voulais pas modifier la progression de MSGM, parce que j'aime beaucoup cette évolution. Donc j'ai décidé de revenir à ce genre d'attitude dans une capsule qui se recentre plus sur l'après-midi et le soir - sans tomber dans le tapis rouge. »

Alors, que fait la femme MSGM p.m. de son temps ? « Elle est au théâtre, au restaurant, en club, à siroter un bon cocktail. J'adore le Duke Hotel - elle pourrait très bien y être. Mais de la même manière elle peut très bien traîner chez une amie. Elle est confiante, insouciante. » Amen. 

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Texte Clementine de Pressigny

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