moodoïd rend hommage à prince et caresse des lézards

Le groupe psyché s'offre une mue savoureuse avec « Reptile », extrait d'un nouvel EP à sortir qui va trouver son rythme et son érotisme dans la funk des années 1980.

par Antoine Mbemba
|
18 Octobre 2017, 10:49am

Photographie Andrea Montano

La classe. C'est ce qui nous vient à l'esprit quand on pense à Moodoïd ; une élégance un peu extra-terrestre, qui fait écho à ce nom de groupe venu d'un autre système solaire. Un souffle psychédélique qui ne s'est jamais encombré de « Chemins de Traverse » pour asseoir sa « Folie Pure » et nous envoyer sur « La Lune ». Au-delà du psyché, les fabuleux perchés de Moodoïd nous ont offert à chaque étape de leur cheminement cosmique une nouvelle forme de liberté créative, qui justifie pleinement leur récent virage avec « Reptile », vers une funk érotique et sensuelle sauce 1980. Un hommage à la musique vivante, et un virage qui sonne sacrément juste.

En 1987, Prince sortait son plus bel album, Sign o' the Times, et déroulait la tournée qui va avec – une impérissable leçon de style et de musicalité. De génie. Trente ans plus tard, on y retrouve de savoureuses miettes dans le chant langoureux, la basse bondissante et la scénographie orchestrale du clip de « Reptile ». « Prince est une icône pour moi, depuis que je suis très jeune, raconte Pablo Padovani, tête pensante de la troupe. Je me suis nourri des vidéos de ses concerts incroyables des années 1980, avec des dizaines de musiciens, énormément d'improvisation et des morceaux très longs. Ça m'a toujours fasciné. » Et nous, on ne peut que se réjouir que l'identité psyché du groupe vienne visiter ce nouveau monde, ou l'inverse.

Difficile pourtant, en écoutant « Reptile », de s'imaginer que le morceau a été écrit le lendemain des attentats de novembre 2015. Pablo l'a initialement pensé comme un hommage, une mélodie de douleur générée par la barbarie d'alors. « La première version de la chanson parlait directement des attentats raconte-t-il. Mais j'ai ensuite décidé de changer ça. Je ne voulais pas faire de chanson politique, j'ai préféré tenir mon rôle divertissant. » Et continuer de nous offrir un imaginaire, une échappatoire. Transformer sa tristesse en espoir. « Cette chanson, c'est aussi pour dire qu'il ne faut pas se lamenter sur notre sort, mais continuer à aller toujours plus loin dans notre liberté. » Et comme B.O libertaire en ce moment, on fait difficilement mieux que cet hymne d'une féroce douceur, produit par Pablo et Pierre Rousseau, moitié de Paradis. Moodoïd nous prépare un nouvel album, « sans date annoncée, mais avec beaucoup d'érotisme. 90% des chansons parlent d'amour et de sexe, surtout. » Prince se déhanche déjà dans sa tombe.

Tagged:
funk
PRINCE
Premiere
Moodoïd
Clip!
Reptile