6 grands classiques à (re)voir en ce moment à la cinémathèque française

Dans le cadre d'une retrospective, la Cinémathèque Française nous fait réviser nos classiques jusqu'au 29 juillet. i-D a dressé sa liste des films à ne manquer sous aucun prétexte.

par Marion Raynaud Lacroix
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05 Juin 2017, 8:35am

Si À Bout de Souffle vous rappelle votre dernier running, Les Enfants du Paradis une vague secte évangéliste et que Le Charme Discret de la Bourgeoisie n'évoque que le brushing de votre belle-mère, c'est que vous êtes sûrement passés à côté de quelques-uns de vos classiques. En ce moment, la Cinémathèque Française propose une petite remise à niveau avec la projection, jusqu'au 29 juillet, de 44 grands classiques de l'histoire du cinéma. Pour fêter ça, i-D a dressé sa liste - tout à fait subjective - des chef-d'oeuvres à (re)voir dans l'illustre institution. 

Nanouk l'esquimau de Robert Flaherty

Première enquête ethnographique filmée, jalon décisif de l'écriture documentaire, Nanouk l'esquimau a inspiré Jean Rouch et jeté les bases du "cinéma du réel". Mais quand il rencontre les habitants de la baie d'Hudson, Flaherty n'a alors qu'une idée en tête : « Montrer les Inuits, non pas du point de vue de l'homme civilisé, mais comme ils se voient eux-mêmes ». Soucieux de restituer leur mode de vie, il devient témoin du quotidien d'une famille. Si sa démarche se revendique objective, elle n'empêche pas l'empathie du réalisateur pour son sujet. En interrogeant le regard même de l'auteur, Nanouk continue de questionner : est-il possible de s'effacer face au réel ?

Le mariage de Maria Braun de Rainer Werner Fassbinder

Théâtre, cinéma, télévision : en seulement 37 ans d'existence, Fassbinder a laissé une oeuvre aussi intense que prolifique, dont le cinéma n'a pas fini de se disputer l'héritage. En RDA dans les années 1950, Maria Braun s'éprend d'un GI, croyant son mari mort à la guerre. Lorsqu'il réapparaît, elle tue son amant et laisse son époux s'accuser du meurtre. Au-delà de l'hommage à Douglas Sirk (le film s'inspire de Le temps d'aimer et le temps de mourir), l'histoire de Maria est celle d'une Allemagne prête à tout pour oublier la guerre. Disposé à toutes les compromissions, fasciné par l'Amérique, ce rêve de puissance et de gloire est filmé par Fassbinder dans un élan baroque dénué de tout jugement. 

Le magicien d'Oz de Victor Fleming et King Vidor 

« Somewhere over the rainbow » : on connaît la chanson, mais avons-nous vu le film ? Creuset de la mythologie pop, l'adaptation de Victor Fleming et King Vidor raconte l'histoire d'une orpheline propulsée dans un monde magique par la force du rêve. Dans un Technicolor flamboyant, Le magicien d'Oz célèbre le kitsch, la bigarrure et l'excès. Plus grand carton du cinéma américain, c'est aussi un récit initiatique finissant d'opposer les joies de l'innocence au pragmatisme de l'âge adulte.

Ecrit sur du vent de Douglas Sirk

Parce qu'il est grand temps de voir chez Sirk autre chose que du kitsch et que Les Feux de l'Amour valent mieux qu'un feuilleton télé. En rouge, rose et bleu, Ecrit sur du vent n'échappe pas à l'embrasement du mélodrame : le chassé-croisé amoureux qu'il met en scène lorgne plus du côté de la tragédie que de celui du vaudeville. Pour incarner ces êtres en quête d'impossible, Sirk oppose le regard de Gena Rowlands à la tranquillité virile de Rock Hudson qui, des années après, rend le film encore plus déchirant.

Loulou de Georg Wilhem Pabst

Qui dit Louise Brooks dit carré brun, porte-cigarettes et longs gants de velours. Mais il serait grand temps de dire aussi Loulou, héroïne malheureuse car danseuse de cabaret vouée à un destin tragique. Rattrapée par sa condition, accusée de tous les maux, Loulou marque l'avènement de la slapper, promiscuous girl des années 20, pas assez prude pour être respectée et surtout bien trop libre pour être heureuse.

Les Cousins de Claude Chabrol

Si la noirceur côtoie l'ingénuité depuis si longtemps chez Chabrol, c'est qu'elle provoque immanquablement d'intéressants dégâts. Dans le deuxième film qu'il réalise, Charles débarque de sa province pour étudier le droit à Paris. L'arrivée chez son cousin Paul marque la découverte d'un autre monde, pétri d'un cynisme sonnant la fin des illusions. Nihiliste et immoral, Chabrol signe une acerbe critique de l'hypocrisie bourgeoise et creuse l'impertinent sillon de la Nouvelle Vague. 

Credits


Texte : Marion Raynaud
Image principale : Extraite du film Écrit sur du Vent de Douglas Sirk

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