l'avenir de la radio leur appartient

Avec eux, le(s) corps, le(s) son(s) et l’esprit des webradios parisiennes sont plus libres, éclectiques, interactifs et passionnés que jamais. i-D les fait sortir de l'ombre.

par Antoine Mbemba
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21 Juin 2016, 1:25pm

"Enjoy music from Reblochonland". Un slogan farfelu qui résonne sans doute aux tympans des mélomanes et radioamateurs aguerris. C'est l'antienne de Radio Meuh, antenne savoyarde qui inonde l'Internet de savoureuses nappes funky et alternatives depuis 2007. D'une station de ski, Meuh émet au monde, sans limite, sans contrainte. Et devient une web-station culte au point de faire des émules. Des enfants de Radio Nova ou de Carbone 14, achevés par un paysage radiophonique peut-être trop répétitif, et ranimés par un amour sans faille de la musique et le désir d'entreprendre.

Il y a peu dans i-D, on discutait des radio pirates avec le grand Gilles Peterson. Il y a bien longtemps que même les anglais ont fini de se les geler sur un cargo au large de la mer du Nord ou sur un toit londonien pour lâcher des pépites underground à un public lassé du réseau FM traditionnel. La méthode et le matos ont changé, mais la logique des webradios reste la même. L'alternative, l'émergent. L'Internet donne à écouter de tout. Plus de barrières à la programmation, ou presque. Une liberté retrouvée dans les champs binaires du web qui font de la radio sur le net le nouvel espace d'expérimentation et d'incubation de talents. 

La webradio, c'est aussi un modèle financier parfois tangent qui force les stations à la pluridisciplinarité. À s'extraire des studios pour faire bouger la cité et faire danser leur ville. Passer du micro au trottoir. Ce soir à Paris, les différentes bloc parties organisées par les webradios locales pour la fête de la musique en seront encore la preuve. L'occasion de comprendre ce qu'est une radio sur le net, pour le coup parisienne, mais accessible aux oreilles de tous. Le Mellotron, Hotel Radio Paris, Piiaf, Make It Deep, Radiomarais et Rinse France… Structures solides et organisées, projets naissant ou à l'arrache, on est allés à la rencontre de ceux qui font rire, danser, réfléchir et discuter Paris. 

Jean-Charles, Hotel Radio 

Est-ce que tu peux te présenter, me parler du parcours qui t'as mené à la radio ?
E
n gros je suis de Reims, et j'ai eu une émission de radio pendant 3 ans la bas. Puis j'ai bougé à Londres, puis Barcelone et là je viens de rentrer à Paris pour créer Hotel Radio.

Hotel Radio, tu y fais quoi ?
Presque tout. Je gère les playlists, la programmation, le booking, les soirées, les partenariats. Tout sauf la musique - enfin si, j'ai un show de rap avec un bon poto.

Si tu devais résumer l'esprit d'Hotel Radio, en une phrase…
Je crois que tout est dans le nom de la radio.

C'est quoi la différence entre une radio traditionnelle et une webradio ?
La différence c'est que moi j'ai pas 1 euro ! Eux ils reçoivent de l'argent de l'état et de la pub. Et je crois qu'on a un peu plus de liberté. Le CSA m'embête pas trop pour l'instant.

La différence entre ta webradio et les autres ?
Je ne sais pas trop. Honnêtement, je ne connais pas trop les autres. Je sais qu'il y a d'autres webradios mais j'ai préféré pas trop me renseigner et faire ce que j'avais envie de faire. Hotel Radio c'est un peu spécial, y a de tout ici, j'aime bien ce principe.

Ton cœur de cible, c'est qui ?
Les gens avec un accès internet.

Quel rôle ont à jouer les webradios dans l'émulation et la vie parisienne selon toi ?
En fait moi ça fait que 6 mois que je vis à Paris. Vendredi je suis allé à la Bellevilloise pour la 1ere fois donc je sais pas trop, mais le but d'Hotel c'est de promouvoir les artistes de la scène parisienne. On essaie de participer a la vie culturelle de notre ville.

Aujourd'hui, tu penses qu'une radio en tant que média se suffit à elle-même, ou bien qu'il y a une obligation d'interactif, d'organisation d'events en marge ?
La réponse est simple : faire du streaming ça rapporte pas d'argent à moins que tu retire ta culotte contre des bitcoins. Du coup, en plus de la présence sur les internet il faut faire des events, des partenariats, faire jouer les gens qui viennent - le public veut les voir en vrai aussi. Avec Hotel j'aimerais dans le futur faire des events un peu corporate, avec des musées, écoles, galeries, ...

Ton meilleur souvenir sur Hotel Radio ?
Il y en a un pas mal. Des rencontres super comme avec le Luv Gang, infinite bisous, lelex1000 mais aussi tout les potos qui viennent on se marre bien. On a même fait l'anniversaire de Boe Strummer dans les locaux. Mais je pense ça va être la fête de la musique, je sors les enceintes sur le trottoir et ça va être le bordel jusqu'à minuit. Avec une vingtaine de DJs, je le sens bien.

Tu donnerais quoi comme conseil à quelqu'un qui veut monter sa webradio ou venir vous prêter sa voix ?
Monter sa webradio, je lui dirais de s'associer avec des gens. Et pour venir me prêter sa voix, c'est simple moi je suis ouvert à tout, envoyez moi un mail, hotelradioparis@gmail.com !

La station, tu la vois où dans cinq ans ?
Ça fait même pas 6 mois, franchement j'en sais rien. J'espère que ça existera toujours, normal c'est mon projet, mais après toute bonne chose a une fin. Parfois faut savoir arrêter quelque chose plutôt que faire perdurer un projet qui bat de l'aile. C'est comme pour les clubs, faut que ça tourne, les gens se lassent.

Toi, tu te vois où dans cinq ans ?
J'en sais rien. Les 5 dernières années, j'ai vécu dans 3 pays, j'ai eu pleins taf, j'ai toujours fait 15 000 trucs. J'aime bien ne pas savoir je crois. L'important pour moi c'est les amis, la famille.

Laurianne, Rinse France

Est-ce que tu peux te présenter, me parler du parcours qui t'as mené à la radio ?
J'ai commencé à bosser à 17 ans. J'ai bossé dans la pub avec La Chose, écrit pour les magazines, comme feu Clark magazine, Glamour, l'Obs, Vice et Libé. De manière générale, mes goûts perso m'ont assez naturellement menée vers la musique. Ça s'est concrétisé avec un test micro début 2015 pour Rinse France. L'équipe cherchait la voix qui "porterait" la radio, ferait les interviews, les blagues, la Matinale... Dans mes souvenirs, ce premier micro était énorme, j'étais terrorisée. Depuis, j'aime dire qu'on est "sur les routes" pour couvrir des festivals où j'interviewe des artistes en direct, et j'anime La Matinale, une émission-playlist de 9h à midi tous les matins de la semaine.

C'est quoi Rinse France ?
Rinse est originaire de Londres, où tout a commencé il y a 22 ans avec la culture des radios pirates. Vous avez vu Good Morning England ? Bon. Là, le but était de démocratiser les cultures urbaines. Rinse est devenue "FM" en Angleterre, mais la version française se développe sur le web depuis 2 ans. On fait venir des DJ qui jouent en direct à la radio, on programme un festival (La Calypso, ces 22 et 23 juillet à Canet-en-Rousillon, où nous avons notamment booké A$AP Nast ou Zora Jones), on retransmet des festivals en live, on serre beaucoup de mains et on écoute beaucoup de sons.

Si tu devais résumer l'esprit de Rinse France, en une phrase…
QLF.

Selon toi, c'est quoi la différence entre une radio "traditionnelle" et une webradio ?
Etre sur le web, c'est être plus libre, forcément. Nous ne sommes pas soumis à des quotas.

Aujourd'hui, tu penses qu'une radio en tant que média se suffit à elle-même, ou bien qu'il y a une obligation d'événementiel en marge ?
Tout dépend des objectifs, mais en tant que web-radio associative, la voix seule d'une radio peut se suffire. L'événementiel soutient plus une économie qu'un message. C'est aussi un moyen de toucher plus de gens, différemment.

Ton meilleur souvenir sur Rinse ?
J'hésite entre cette fois où nous sommes partis aux 2 Alpes pour le Rise Festival, un festival très british qui se passait en haut des pistes. On s'est retrouvés dans un appartement immense avec la team Rinse UK. Pour leur premier soir, on les a emmenés dans un restaurant de spécialités savoyardes. On a commandé toutes les raclettes et toutes les fondues. Je pense qu'ils ne s'en sont toujours pas remis. Déjà, pour moi, faire fondre du fromage relève d'un plaisir mystique. Alors pour des Anglais... Il y a aussi eu cette fois où j'ai commandé par surprise des poulets rôtis frottés à l'ail, au miel et à l'estragon à la radio. Avec, j'avais pris du gratin Dauphinois, des pommes grenailles, de la sauce aux morilles et tout. J'ai des photos folles de ce buffet. J'ai proposé de poster le tout sur l'Instagram de la radio mais on m'a encore rétorqué que j'allais trop loin. Allez savoir.

Tu donnerais quoi comme conseil à quelqu'un qui veut monter sa webradio, où venir vous prêter sa voix ?
Pour monter une web-radio, soyez prêts à dormi peu ! Pour le reste, je sais qu'on adore recevoir des sex tapes, mais une bonne dose de motivation et de dabs marche aussi.

La station, tu la vois où dans cinq ans ?
Dans un environnement dans lequel les cultures alternatives ont pris plus de place, sont imbriquées plus naturellement dans le paysage actuel. Ça voudrait dire qu'on y est peut-être pour quelque chose.

David, Lancelot et Pierre, Radio Piiaf

C'est quoi Radio Piiaf ?
C'est un site et une radio sur laquelle on diffuse de la musique et des programmes. La musique sur PiiAF n'est soumise à aucun critère de genre, elle n'est pas choisie en fonction de sa popularité ni de son impopularité, même si on essaye de donner de l'espace à de jeunes artistes qui n'en ont pas suffisamment. Chaque émission est très différente, chacune a sa valeur, mais ce qui compte avant tout c'est l'ensemble de la grille, ce qu'elle raconte sur nous. 

Si vous deviez résumer l'esprit Piiaf, en une phrase…
Le monde ou rien.

Selon vous, c'est quoi la différence entre une radio "tradi" et une webradio ?
La différence c'est que les gens ne les consomment pas de la même manière, que ce ne sont pas exactement les mêmes gens, et ça implique pour nous une manière différente de travailler et produire des contenus. Ce qui change c'est aussi que pour la première fois depuis les années 80, le média radio voit apparaître de nouvelles radios comme nous qui apportent une manière de faire qui leur est propre, souvent autodidacte et libre, différente de celle des grandes radios que l'on connaît.

La différence entre votre webradio et les autres ?
On est peut-être moins attachés à la radio en tant que telle. Notre intention est vraiment d'amener la radio dans le digital à la fois d'une manière structurelle et fonctionnelle et dans la création de contenus très originaux en attachant beaucoup d'importance à la production. On a un côté start up/collectif que nous voyons un peu moins chez les autres.

Votre cœur de cible, c'est qui ?
Les jeunes d'une manière large, pas forcément en âge. Ceux qui ont envie de connaître autre chose.

Quel rôle ont à jouer les webradios dans l'émulation et la vie parisienne selon vous ?
La culture à paris devient de plus en plus intéressante, on est fiers d'y participer. On diffuse énormément de jeunes groupes parisiens, on les fait jouer en concert, on est partenaires d'un tas d'événements qui nous paraissent changer Paris, le rendre plus vivant, plus fier, plus transgressif aussi. L'histoire de la radio est celle d'antennes locales très proches de leurs auditeurs et de leurs communautés, et c'est un héritage qu'on perpétue à notre niveau. Simplement, nous, on peut nous écouter dans le monde entier.

Votre meilleur souvenir avec Piiaf ?
Chaque 21 juin, c'est la fête de la musique mais c'est surtout notre anniversaire. Tous les ans on met des platines aux fenêtres et on fait une grosse block party en bas du studio, et l'année dernière était probablement un des meilleurs souvenirs de notre petite histoire, il y avait des centaines de personnes c'était génial. On espère que cette année sera encore mieux. 

Vous donneriez quoi comme conseil à quelqu'un qui veut monter sa webradio ?
De le faire, il y a une place de ouf à prendre.

La station, vous voyez où dans cinq ans ?
Sur un yacht ! Pour ça, on a commencé à travailler sur le développement d'une partie podcasts il y a quelques mois. C'est un type de contenu dans lequel on croit beaucoup et qui mêle tout ce qui nous intéresse dans la radio : des contenus soignés, narratifs, souvent en série limitée. Il n'est donc pas impossible que progressivement on libère le flux radiophonique, musical, des émissions pour ne diffuser que des podcasts sur le site. Séparer la radio des programmes (sans pour autant abandonner le direct) nous permettrait d'accorder encore plus d'attention à chacun des deux domaines. 

Leo, Make It Deep

Est-ce que tu peux te présenter, me parler du parcours qui t'as mené là...
Je m'appelle Leo, j'ai 24 ans. Je viens de terminer une école de journalisme et je suis rédactrice-stagiaire chez Tsugi. En 2012, j'étais à la fac et j'écrivais pour un blog musical, Delighted. C'est là que j'ai rencontré Simon, avec qui j'ai monté Make It Deep en 2013.

Et me présenter ta radio, ce que tu y fais ?
Je suis co-fondatrice, animatrice, rédactrice en chef web et chargée de partenariats de Make It Deep, une émission hébergée sur une webradio parisienne. Tous les lundis, on est à l'antenne en direct pendant deux heures. La première partie de l'émission est consacrée aux sorties, à nos coups de cœur et une revue de presse… un tour d'horizon de ce qu'il s'est passé dans la semaine. La seconde partie est dédiée à un artiste/collectif/label, avec une interview suivie d'un set d'une heure. On a fêté nos trois ans en mars dernier et on vient de terminer la saison 2015-2016. On prépare plein de choses pour la reprise en septembre, il va falloir se tenir au courant !

Si tu devais résumer l'esprit de Make it Deep, en une phrase...
Un micro pour la scène émergente de la musique électronique française.

Selon toi, c'est quoi la différence entre une radio et une webradio ?
La seule différence est l'accessibilité. Aujourd'hui les FM et les webradios ont toutes des sites internet et tentent de les mettre à profit autant que possible. Alors la différence vient surtout du fait qu'il est plus compliqué d'écouter une webradio dans sa voiture.

La différence entre ta webradio et les autres ?
On laisse les morceaux qu'on passe à l'antenne en entier, de la première minute à la dernière.

Votre cœur de cible, c'est qui ?
Les passionnés de musique électronique pointue et recherchée, de l'école primaire au service de gériatrie.

Quel rôle ont à jouer les webradio dans l'émulation et la vie parisienne selon toi ?
Les webradios, comme les FM, sont des médias. On a pour but de promouvoir ce qu'on aime, ce qui marche, ce qui émerge. Alors forcément quand on est une émission plutôt axée house, deep, funk ou disco, on privilégie certaines scènes. Mais quelque soit l'objectif, on participe à la nuit de la capitale. Si en plus on est promoteurs, alors plus que d'y participer, on en fait partie.

C'est quoi le son que tu écoute en boucle en ce moment ?
Sunny Side Up de Junktion, sur son prochain EP, Wide Awake qui sort sur Outplay. Un peu de soleil et de groove pendant ces dernières semaines maussades.

Ton meilleur souvenir avec Make it Deep ?
Mon meilleur souvenir se renouvelle chaque lundi. Quand on se retrouve au studio, on prépare l'émission, on rencontre de nouvelles personnes, de nouveaux artistes chaque semaine, et c'est ce qui rend ce qu'on fait extrêmement enrichissant.

Tu donnerais quoi comme conseil à quelqu'un qui veut monter sa webradio ou venir vous prêter sa voix ?
Je dirai juste qu'il faut être passionné. Si on n'a pas la musique dans la peau, jusqu'au bout des ongles, c'est trop difficile.

La station, tu la vois où dans cinq ans ?
On est encore une émission alors dans cinq ans, je nous verrai déjà radio à part entière, avec notre propre grille de programmes. On émettrait 24h/24 et on essayerait de proposer une émission particulière au moins une fois par jour. L'événementiel est aussi très important pour nous, on a plusieurs résidences dans des clubs à Paris, notamment au Djoon où on fait de belles choses depuis deux ans. Dans cinq ans, pourquoi pas lancer notre petit festival et mettre les pieds dans les lieux emblématiques dans lesquels on rêvait de voir nos programmations, comme le Rex Club ou La Machine !

Toi, tu te vois où dans cinq ans ?
Question difficile ! Soit à Paris, soit à la campagne mais toujours en quête de son et de partage.  

Damien, Radiomarais

Est-ce que tu peux te présenter, me parler du parcours qui t'as mené à la radio.
Je suis né à Aubervilliers, tombé dans le hip-hop au début des années 90, puis enfant de la rave à partir de 93. J'ai organisé de nombreuses raves pendant des années avant de m'occuper de la techno pour MCM. Je suis passé chez Tracks sur Arte et j'ai fait du journalisme pour Trax, Tsugi, Coda, Keyboards… Pendant un reportage pour Trax en Afrique avec des travellers je décide de tout lâcher pour rester avec eux… Je rentre 6 mois après avec de nombreuses images et j'en fait un film, coréalisé avec Krystof Gillier et aidé par les archives inédites des Spiral Tribe, World Travellers Adventures. Quelques années après je remets le couvert avec les Heretik, et je sors le film We had a dream, rapidement devenu culte dans le milieu. En parallèle je collabore à un projet avec Xavier Faltot : La Chambre à Air, une émission radiophonique nomade faite sur des chambres à air dans Paris. Après plusieurs années, on décide avec Xavier de prendre une galerie d'art pour y installer une radio : RADIOMARAIS. On ne se reconnaissait plus dans les médias parisiens. Nous avions envie d'avoir un média qui parle des gens qui font bouger la ville. On en a eu marre de pousser des portes... Il était temps de pousser les murs.

Et me présenter ta radio, ce que tu y fais ?
C'est une radio qui danse, qui ambiance, qui réunit et qui inspire. C'est un agrégateur de styles parisiens : elle sait ce qu'il se passe en ville et a des amis du monde entier. Entre underground, scène émergente et institutionnelle, c'est un média indépendant, multiple, parisien et ouvert sur le monde. Je suis le gérant de la radio depuis un an, je m'occupe de la programmation musicale, je fais des émissions, des jingles, des événements… 

Si tu devais résumer l'esprit de RADIOMARAIS, en une phrase…
RADIOMARAIS met en voix le cœur de Paris, elle mélange les gens et agite les genres.

Selon toi, c'est quoi la différence entre une radio traditionnelle et une webradio?
La première différence c'est la pub. On n'a pas de pub à l'antenne, tu peux donc écouter RADIOMARAIS dans ton bain sans risquer de te prendre une pub Carrefour dégueulasse trois fois trop forte… L'autre différence importante c'est la liberté d'expression. On peut tout dire, tout faire, tout diffuser, sans obligation envers qui que ce soit. Si on veut continuer un mix ou une émission pendant 5h, on le fait… Et puis on est écoutés dans le monde entier, sans frontières.

La différence entre ta webradio et les autres ?
On a été les premiers à Paris à faire de la voix sur le web. RADIOMARAIS, c'est une galerie située au cœur de Paris, transformée en studio radio : nos portes sont ouvertes, nos émissions publiques. C'est aussi une radio mobile qui anime la rue et les lieux qui rythment la capitale. Tous nos animateurs sont engagés, ils incarnent les cultures qu'ils défendent, les émissions sont éclectiques inspirantes et de caractère.

Aujourd'hui, tu penses qu'une radio en tant que média se suffit à elle-même, ou bien qu'il y a une obligation d'interactif, d'organisation d'events en marge ?
Aujourd'hui une radioweb se doit d'être un portail pluridisciplinaire. C'est pour ça que RADIOMARAIS n'est pas qu'une radio : c'est un créateur de contenu multimédia qui propose des prestations sur-mesure à ses partenaires. On produit des émissions dédiées, mais aussi des événements, que ce soit pour nous ou nos partenaires.

Ton meilleur souvenir à RADIOMARAIS ?
Il y en a trop. Le festival radiophonique "2015 commence le 15" (pendant 15 jours, 15 concerts, 15 dj's, 15 lieux), le lancement de nos croisières électroniques l'année dernière - j'ai hâte de recommencer cette année ! Et aussi de la venue de Matthew Herbert pour un mix à la radio : on était une petite dizaine et pour la première fois depuis la création de la radio, les plombs ont sauté ! On a aucune archive de ce mix fabuleux…

Tu donnerais quoi comme conseil à quelqu'un qui veut monter sa webradio ou venir vous prêter sa voix ?
Ecoute-nous, viens nous voir !!! Tu n'es pas seul, nous sommes la radio des gens.

La station, tu la vois où dans cinq ans ?
Un lieu pluridisciplinaire sur plusieurs étages, dédié à différentes formes de cultures avec des antennes dans toutes les capitales du monde !

Anders, Le Mellotron

Est-ce que tu peux te présenter, me parler du parcours qui t'as mené là…
Ce qui m'a mené vers Le Mellotron ? C'est avant tout la passion de la musique et l'amour des disques vinyles, mais surtout la rencontre en 2008 des deux fondateurs de la marque, Bertrand Niquel et Guillaume Biau, sur le terrain, dans un bar à passer des disques. Depuis on forme une famille musicale et on a développé le projet tous ensemble avec nos deux autres associés Xavier Roth et Jean Viril. On a chacun des parcours différents mais complémentaires, et c'est ce qui fait l'identité plurielle et éclectique de notre web radio.

Le Mellotron, tu y fais quoi ?
Je suis le président de la SAS Le Mellotron donc au développement de différents projets, affaires, évènements et partenariats. Je collabore également avec mon associé Guillaume à la direction artistique et la programmation de la radio.

Si tu devais résumer l'esprit Mellotron, en une phrase…
Beats & Melodies Radio Station

Y a des voix de radio, des émissions qui t'ont marqué ?
Le Worldwide de Gilles Peterson sur la BBC à Londres rediffusé sur Radio Nova.

Selon toi, c'est quoi la différence entre une radio traditionnelle et une webradio ?
La liberté !

La différence entre ta webradio et les autres ?
Peut-être le fait de ne pas avoir d'étiquettes, de travailler sur le métissage, sur un éclectisme à la fois pointu, universel et de réunir pour ça des curateurs de talents et de bon goût. Créer une famille autour de cette pluralité. Et puis on est installés dans notre propre bar, au 6 rue Beaurepaire dans le 10ème arrondissement de Paris.  Ça nous permet d'être proche de nos auditeurs et de dématérialiser notre site internet. On est également en direct via notre streaming vidéo online.

Votre cœur de cible, c'est qui ?
Justement tout le monde ! Du collectionneur extrêmement pointu et exigeant aux auditeurs novices mais curieux et amateurs de belles mélodies.

Quel rôle ont à jouer les webradios dans l'émulation et la vie parisienne selon toi ?
Nous devons, tous ensemble, être les nouveaux créateurs de tendances, à la manière des radios libres dans les années 80. On est une tribune, une vitrine pour tous les talents qui ne trouvent pas leur place dans les médias traditionnels. Toutes les web-radios sont les incubateurs des nouveaux mouvements underground parisiens.

Aujourd'hui, tu penses qu'une radio en tant que média se suffit à elle-même, ou bien qu'il y a une obligation d'interactif, d'organisation d'events en marge ?
On ne peut pas se passer du terrain c'est là que se crée l'énergie et la magie de la musique. Et il faut se réunir pour partager tout ça physiquement. D'ailleurs l'offre de concerts, festivals et de soirées est très grande en ce moment.

Ton meilleur souvenir sur le Mellotron ?
La soirée avec Madlib & Egon sur notre péniche à Paris et notre collaboration avec le Worldwide Festival à Sète.

Tu donnerais quoi comme conseil à quelqu'un qui veut monter sa webradio ou venir vous prêter sa voix ?
Générosité, sincérité, passion ...

La station, tu la vois où dans cinq ans ?
Peut-être avec une nouvelle antenne à Londres.

Toi, tu te vois où dans cinq ans ?
Toujours libre et en voyage.

Credits


Texte : Antoine Mbemba
Photographie : Christoph Wohlfahrt

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