la nouvelle muse d'acne est un surfeur cinglé

On vous présente Robin Kegel.

par Stuart Brumfitt
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25 Janvier 2016, 3:40pm

Acne dévoile aujourd'hui sa nouvelle campagne printemps-été 2016 pour homme shootée par David Sims et pensée par M/M Paris. Infusée de culture surf, la campagne tient pour personnage principal le roi de la planche et artiste Robin Kegel. i-D a passé un moment en compagnie du fondateur d'Acne, Jonny Johansson et Robin Kegel pour parler des côtes européennes et de leur amour commun pour le surf.

Pourquoi avoir pris le temps de vous consacrer à une campagne homme de cette envergure ?
Jonny : Pour moi, il s'agit toujours de concrétiser l'idée qui collera le plus à Acne Studios. Cette saison, je voulais vraiment ramener la collection homme printemps/été à ses racines. Je suis obsédé par l'imaginaire du surf et notamment par une figure comme Robin Kegel, le surfeur qui a conçu les imprimés pour la collection. C'était naturel pour moi de shooter Robin dans son Biarritz natal, là où il dessine ses planches. David Sims, surfeur lui aussi, a shooté la campagne et je suis ravi du rendu.

Comment as-tu rencontré Robin et qu'est-ce qui t'a plu en lui ?
Jonny : En découvrant l'univers du surf, j'ai réalisé que la culture européenne me parlait plus que la californienne. Je n'arrêtais pas d'entendre le nom de Robin, partout où j'allais, l'histoire de ce mec qui dessine des planches de surf. Une fois à Biarritz, alors que je surfais, j'ai appris qu'il était là, lui aussi. Et puis de fil en aiguille on a fini par se rencontrer. Je trouve Robin très inspirant. Son travail me rappelle les origines d'Acne Studios en 1996 : ces deux appréhensions du travail se répondent, elles marchent à l'instinct.

En quoi a-t-il influencé la collection et la campagne ?
Jonny : Robin fait de supers croquis pour ses planches de surf et toutes les nuits, je rodais sur des sites japonais à l'affut de ses dernières créations. Je n'avais pas envie de créer une collection uniquement sur le thème du surf mais je voulais que Robin intervienne dans le design. On a conçu ces costumes qui font presque la taille d'une planche de surf et on a repris l'imprimé cachemire pour confectionner nos sweats qu'on a volontairement usés pour qu'ils aient l'air de sortir tout juste de l'eau. Et puis je me suis inspiré de son style à lui et de son attitude très singulière. Lorsqu'on a présenté la collection, on a fait porter des perruques aux mannequins, en hommage à sa coupe de cheveux !

Vous avez fait poser votre fils, Frasse, dans la dernière campagne femme. Quelles ont été les réactions en général ? La campagne a-t-elle été bien reçue ? Le fait qu'un garçon porte des vêtements pour femme n'a pas posé problème ?
Jonny : Je crois que la majorité des réactions ont été positives. Et je suis très fier de Frasse qui a su le vivre intelligemment, avec recul, de manière très naturelle.

Acne fêtera ses 20 années l'année prochaine - qu'est-ce que vous avez prévu à cette occasion ?
Jonny : Je ne suis pas le genre de mec qui fête ce genre de choses. Mais quoiqu'il en soit, je reste très fier de ce que nous avons accompli ces 20 dernières années.

Comment as-tu rencontré Jonny ?
Robin : Je vois Jonny comme quelqu'un de passionné par la culture surf. J'étais loin de mon usine en France lorsqu'il a rendu visite à mes employés, qui m'ont parlé d'un personnage énigmatique venu tout droit de Suède. Il m'a avoué plus tard qu'il avait été fasciné par les énormes taches de peinture qui jonchaient le sol de l'usine ainsi que par les gars qui se trémoussaient sur du jazz abrasif. Et j'ai reçu un message de mon distributeur au Japon qui m'a dit qu'une marque suédoise venait d'acheter la totalité de l'édition limitée des planches que je venais de mettre en vente là-bas.

Quelques mois plus tard, j'ai eu un appel d'Acne Studios. La maison me proposait un voyage à Stockholm et une collaboration. J'ai rencontré Jonny le lendemain de mon arrivée et c'était très agréable. Un peu comme si on s'était toujours connus. Il m'a expliqué ce qu'il aimait dans ma marque et ce qu'il attendait de moi. Je m'étonnais moi-même d'être à Stockholm, loin de la mer et du sud, aux côtés d'un ponte de la mode qui me parlait de tout mon travail et de mes projets passés. La plupart des projets auxquels il faisait allusion avaient été négligés par l'industrie du surf car trop conceptuels pour survivre et toucher un large spectre. Bref, quoiqu'il en soit, Jonny a compris mes intentions et mon esthétique et surtout, ça lui a plu.

Qu'est-ce que ça fait d'être à l'origine d'une collection Acne ?
Robin : La team Acne a créé une atmosphère qui collait parfaitement à mes aspirations. Je suis très flatté que ces éléments, jusque dans les coupes de cheveux et le bordel de mon usine, trouvent une résonnance dans leur collection. Tout s'est fait très naturellement en fait.

Que penses-tu du monde du surf aujourd'hui ?
Robin : L'industrie du surf, le surf comme sport et les voyages auxquels il nous pousse sont des univers et des expériences complètement différents. L'industrie à fait d'un mode de vie libre quelque chose de très commercial. Je trouve une grande satisfaction à réinterpréter les planches et designs iconiques du surf. Celles qui ont marqué son histoire. Et j'adore voyager pour les penser et les confectionner avec mes amis. Nous sommes beaucoup à n'avoir ni chaise, ni bureau, ni espace de travail. Le surf est aujourd'hui un énorme phénomène. C'est un sport très attirant pour tous ceux qui aiment la nature et l'eau.

De quoi t'es tu inspiré pour créer tes planches ?
Robin : Jonny et la bande se sont inspirés de motifs très géométriques, d'un panel de couleurs et de formes abstraites qui sont les éléments principaux de mon travail. Mes créations ont une dimension sensuelle, une inspiration qui m'est venue de la bossa-nova et de l'avant-garde bohémienne. Je veux que mon travail soit une fusion entre amusement et fonctionnalité, entre art et surf.

D'où viens-tu aux États-Unis et pourquoi as-tu déménagé à Biarritz ?
Robin : Je suis venu en France pour revivre l'esprit du surf et amener une touche californienne aux côtes européennes. Cela m'a mené à un échange culturel permanent en explorant les côtes vierges du vieux continent. La culture du surf en Europe est relativement jeune tandis que celle de la Californie vit depuis très longtemps. Beaucoup d'Européens se réfèrent à la Californie comme étant le paradis du surf mais c'est vers Hawaï qu'il faut se diriger - la terre originelle des dieux du surf. 

acnestudios.com

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Texte : Stuart Brumfitt

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