anthony vaccarello, designer générationnel

Le créateur installe sa vision entre pop culture MTV et conception "post-Madonna" du sexe.

par Anders Christian Madsen
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30 Septembre 2015, 5:35pm

​Photography Jason Lloyd Evans

Anthony Vaccarello nous suit partout en Europe. Il y a eu son défilé Versus à Londres, un savant mélange entre l'opulence de Versace et sa propre signature très sexy. À Milan, on a bien senti dans la collection de Donatella Versace son empreinte jeune et street. Lors du premier jour des défilés parisiens, Vaccarello a fermé ce triptyque avec sa collection éponyme, dont le stylisme a été réalisé - comme pour le défilé Versus - par le fashion director d'i-D, Alastair McKimm. Si vous devez avoir un espion pour la Fashion Week, Anthony Vaccarello est votre homme. 

Enfant des nineties, il a su séduire la nouvelle génération d'acheteurs, comme lui fans de mode. Son travail détonne dans l'industrie : rarement quelqu'un a su aussi bien capter les aspirations de l'époque. La génération qui a grandi avec MTV, internet, le grunge, les chewing gum, la télé réalité et Kate Moss (sur le moodboard de la collection). "Je me suis inspiré d'une robe qu'elle portait dans les années 1990, période Johnny Depp" explique Vaccarello. Des débardeurs à profusion - l'uniforme emblématique de ces années "heroin chic" - comme fil rouge : "en fait, c'était une collection de débardeurs" avoue Vacarello en souriant.

Evidemment, il n y avait pas que des débardeurs sur le podium. Ils tombaient comme des robes fendues, en filets ou recouverts d'une décoration métallique pour toujours mieux raconter les années 1990 et leur candeur urbaine, comme l'a d'ailleurs mentionné Vaccarello backstage. Son rapport ambigu à la culture pop en fait un designer à part : parce que sa mode s'est construite sur des clips, l'hystérie people et une conception "post-Madonna" du sexe.

On ne peut qu'adorer cette propension à la fascination pour la pop culture; celle là même qui nous a façonné. Madonna, Mariah Carey et Naomi Campbell n'étaient pas seulement des artistes ou des icônes de mode, elles sont avant tout des icônes du pouvoir féminin, de la libération sexuelle, de la culture gay et de toutes ces choses qui ont accompagné notre adolescence. Vaccarello peut imprimer le visage d'Anya Rubik's shooté par Collier Schorr sur une sélection de robes débardeurs. Cela ne semblera jamais stupide ou ringard. Pour lui et ses pairs, les tops d'aujourd'hui sont plus que des mannequins : elle sont ces filles de papier glacé, héroïnes d'une société qui a érigé la culture urbaine et le sexe en religion. Une liberté sans limites. #obsessiontotale. 

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Credits


Photographie Jason Lloyd Evans