en 2016 la jeunesse est toujours aussi romantique

Le nouveau fanzine 4EVA&EVA d'Indigo Lewin est une ode à l'insouciance de nos premiers amours. i-D a rencontré la jeune photographe pour parler du romantisme en 2016.

par Tish Weinstock
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05 Juillet 2016, 9:15am

4EVA&EVA est le dernier projet en date de l'énigmatique photographe et éditeur, Indigo Lewin. Après son très puissant He Loves Me Not, dans lequel elle retranscrivait visuellement le caractère addictif de l'amour et ses déboires, la jeune Indigo a choisi de prendre un tournant plus romantique. Elle a rencontré de jeunes couples et immortalisé des instants d'intimité partagés - une étreinte, un baiser volé. Shootés à la lumière naturelle, ces portraits sont une ode à la jeunesse et aux histoires d'amour modernes. À l'occasion de la sortie de son fanzine et de sa présentation à Londres, nous avons rencontré Indigo pour entendre et comprendre sa définition de l'amour en 2016. 

C'est quoi l'histoire derrière ton nouveau zine, 4EVA&EVA?
4EVA&EVA s'inscrit dans la progression de mon ancien projet, He Loves Me Not. Je voulais capturer quelque chose de vrai, de fort, d'instinctif. Rendre aux couples que j'ai immortalisés, la spontanéité et l'amour de leurs échanges. Je voulais analyser ces sentiments et les retranscrire avec le plus de justesse possible. S'embrasser, c'est un acte universel d'amour et le premier pas qu'on franchit à deux, ensemble. Et c'est, à mes yeux, l'incarnation visuelle de la déclaration d'amour.  Au final, je pense que ce fanzine est une ode à l'amour et aux gens qui s'aiment. 

Quel message essaies-tu de transmettre à travers ces images ?
Je voulais célébrer les émotions qui nous traversent lorsqu'on embrasse quelqu'un qu'on aime, la première comme la centième fois. La photographie est un excellent medium pour retranscrire ce genre de sensations très fortes... J'ai inclu du texte et d'autres images à ces portraits au sein du livre; celles qui m'évoquent l'idée du romantisme. J'ai toujours été très inspirée par le travail de Duane Michals, que je tente de réinterpréter de manière plus personnelle et contemporaine.

Quelle définition donnerais-tu à l'amour ?
Donner de l'amour, pour moi, c'est accepter de renoncer à son égo, un temps, pour apprendre et prendre soin de l'autre. Mais au fond, je ne sais pas si l'amour a pour fin le bonheur dans le sacrifice. Si oui, il me semble qu'il doit être inconditionnel - un mot aussi terrifiant que rassurant pour l'être humain. Mon fanzine 4EVA&EVA est du côté de l'amour adolescent, très fort, soudain, dévastateur. Des sentiments rares et éphémères, en somme.

En quoi la notion idéaliste de l'amour, prônée par nos sociétés, inspire ou conditionne les jeunes générations selon toi ?
J'ai l'impression qu'elle entrave la possibilité d'une progression. Mais je trouve dommage qu'on abandonne l'idée d'écrire des poèmes à celui qu'on aime par exemple... Quand on ne ressemble pas à sa photo Tinder, il se passe quoi ? Je crois que ma génération a eu très tôt et à sa disposition, la possibilité d'avoir des rapports sexuels avec qui veut. Et d'une certaine façon, je ne peux pas m'empêcher de penser que ce genre de rapports tue la romance. Je ne suis pas passéiste mais la notion d'idylle amoureuse est à mon sens en voie de disparition. En réalité, ma génération est assez nostalgique, elle a du mal à se confronter à la réalité. 4EVA&EVA, c'est un magazine pour les romantiques et les rêveurs. 

4EVA & EVA est curaté par Jessica Draper et sera présenté à la galerie The Palm Tree Gallery à Londres du 14 au 28 juillet. 

Credits


Texte : Tish Weinstock

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