1 an et 365 matins avec la mannequin lindsey wixson

Photographe, Dylan Forsberg a capturé la beauté naturelle et sans fard de la mannequin Lindsey Wixson, entre New York et le Kansas. Il en tire un très beau livre intimiste, "A Year in a Day". Rencontre.

par Felix Petty
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16 Décembre 2016, 11:05am

La beauté de Lindsey Wixson a soufflé tout le monde et celui de la mode en premier. Mannequin depuis ses 15 ans et aujourd'hui âgée de 22, est une icône de l'industrie.

On aimerait tous savoir ce qu'il se passe dans l'intimité d'une des plus belles femmes du monde, et Dylan Forsberg, photographe, l'a bien compris. Son nouveau zine photo, A Year in a Day, documente au quotidien la relation d'amour et d'amitié qu'il partage avec Lindsay. Entre New York, leur ville d'adoption, et le Kansas, d'où Lindsay est originaire, le zine capture Lindsey sans fard, éblouissante et naturelle - du matin au soir.

À l'occasion de la sortie du livre, i-D a rencontré Lindsey et Dylan pour en savoir plus sur l'année qu'ils ont passés ensemble et leur désir commun d'immortaliser leur belle amitié.

Comment vous vous êtes rencontrés tous les deux ?
Dylan :
On s'est rencontrés via un ami commun à New York. Elle m'a demandé de l'accompagner au musée. Sur le retour, elle n'arrêtait pas de louper les taxis et les bus qui se présentaient à elle. C'était juste pour me garder à ses côtés plus longtemps. Nous avons marché jusqu'au pont de Williamsburg et arrivés là, elle m'a suivi jusque chez moi. On a discuté jusqu'à deux heures du matin, moi, affalé sur mon lit, elle sur une chaise. Elle a fini par rentrer chez elle. Le lendemain, elle me rappelait pour qu'on se voie.

Quelles ont été vos premières impressions ? Vous vous êtes tout de suite entendus ?
Lindsey : 
J'ai été attirée vers lui comme un aimant. Je ne savais plus trop si c'était le début d'une amitié ou d'une histoire d'amour. 
Dylan : La première chose qui m'a frappé, c'est son sourire immense. Tellement grand et spontané. C'est une forte tête mais elle est aussi douce et naïve. Ces petites contradictions m'ont toujours fait sourire. Notre amitié est née quand elle a dû bouger de son grand appartement et qu'elle avait besoin d'un endroit ou crécher. Je ne sais plus comment mais elle a fini par avoir mes clés. 

Dylan, qu'est-ce qui t'a poussé à créer ce projet ? Qu'avais-tu envie de documenter ?
Dylan : Au départ, il n'était pas prévu que réalise un magazine entier sur elle mais on a tellement trainé ensemble que j'ai pris une quantité d'images dont je ne savais pas quoi faire. L'idée du magazine m'est venue comme ça. En étant tout le temps ensemble, il était plus facile de la prendre au dépourvu : le matin, bouffie et fatiguée, dans le métro, sous la lumière crue et dans le vent, où ses cheveux sont si beaux, en nageant dans le lac près de sa maison dans le Kansas, dans son ancien appartement, à essayer sa lingerie en rigolant… Je ne sais pas trop pourquoi mais j'adore la photographier quand elle se fait un masque. Vu que je suis un mec, il y a un petit côté intriguant dans ce rituel. Quoi qu'il en soit, ce sont des photos prises à l'imprévu, au naturel. Et j'espère retranscrire cette spontanéité à l'image.

Lindsey, quelle a été ta réaction quand il t'a parlé de son projet ? En tant que mannequin, tu as l'habitude d'être photographiée mais cette série te présente sous un jour très différent, sans fard…
Lindsey : 
On prenait des photos, de toute façon. Dylan se plaignait tout le temps de ses modèles, qu'il trouvait trop maniérés, conscients d'être photographiés. Dylan capture l'essence de ses modèles, il lit en eux comme dans un livre ouvert. C'est un vrai magicien et j'appréhendais de me sentir vulnérable devant son objectif. Mais j'ai grandi, apprivoisé cette part de moi et tout fait pour que la magie opère à l'image, malgré tout.  

Quels souvenirs gardez-vous tous les deux de ce projet ?
Dylan : 
Je retiens le temps qu'on a passé ensemble et l'impression d'être dans une bulle. Le magazine est né de cette fusion et je lui dois beaucoup. Nous sommes comme deux aimants. Elle me sort de ma zone de confort et mes réactions face à elles, sont bouleversées. Je ne peux pas me l'expliquer. Tout est allé si vite, toutes ces années m'apparaissent comme un seul et même jour, avec du recul. La photographie, comme témoignage de cette amitié, m'est apparue comme une évidence.
Lindsey : La sincérité est là, en tout cas.

Qu'espérez-vous que les gens en retiennent ?
Dylan :
J'ai toujours voulu partager ma vision de la beauté, naturelle et sans fard. La beauté du quotidien, de l'anodin. Je considère qu'une fille sans maquillage, légèrement enrouée et fatiguée, est plus belle qu'une femme apprêtée. La vulnérabilité m'apparaît plus honnête. Et je souhaite que ceux qui voient mes images, voient cette femme, si lisse et parfaite en couverture des magazines, sous un autre jour. Belle, mais différente.
Lindsey : J'espère que ce livre touchera les gens et participera à brouiller les frontières qui subsistent entre mode et art.

Quels sont vos espoirs ou bonnes résolutions pour 2017 ?
Dylan :
Honnêtement, j'espère vivre passionnément. Jusqu'à présent, je n'ai rien fait dans ma vie qui ne soit pas profondément intègre. Je me suis battu pour que mon travail soit reconnu et j'ai perdu beaucoup dans cette bataille. Aujourd'hui et alors que les gens me font de plus en plus confiance et respectent mon travail, je peine à y trouver de l'intérêt. Ce pour quoi je me suis battu est enfin digne d'intérêt et la mode va dans ce sens : les photographes reviennent à quelque chose de plus naturel, analogue, moins parfait. J'ai besoin de retrouver la flamme.

Lindsey : Continuer de croire en ce que je fais loin de la mode. 

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Credits


Texte : Felix Petty
Photographie : Dylan Forsberg

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