la chanteuse connie constance prône le girl et l'afro-power

En collaboration avec Clarks Original, i-D a rencontré la jeune chanteuse londonienne à la voix de velours dont le nouveau single ne manquera pas de vous faire perdre la tête.

par Francesca Dunn
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12 Août 2016, 12:15pm

"Les gens en attendent beaucoup de toi quand tu t'appelles Constance Power", plaisante, du haut de ses 21 ans, la talentueuse chanteuse Connie Constance dont la sortie du single Lose My Mind vous fera irrémédiablement chavirer. Née en 1995, la jeune femme au nom taillé pour un super héros préfère qu'on l'appelle Connie. La magie de sa voix, elle, est restée intacte. Connie s'exprime avec une sincérité désarmante et un irrésistible accent anglais qui ajoutent à sa musique, centrée sur l'amour, l'introspection et la quête d'un ailleurs ainsi qu'une profondeur inégalable.
La douce Anglaise-Nigériane a grandi à Watford, aux côtés de sa mère qu'elle considère comme étant la femme la plus importante à ses yeux. C'est elle qui lui enseigne très tôt l'indépendance, lui apprend à rêver grand et voir toujours plus loin. Alors qu'elle suit, dès l'enfance, des cours de danse, son premier grand rêve est d'intégrer la prestigieuse Urdang Academy. Elle y restera un an avant de tout lâcher pour la musique, réalisant qu'elle veut en faire sa vie. Malgré tout, Connie n'a rien perdu de la grâce ni des techniques qu'elle devait à la danse qu'elle a abandonnée, comme en témoigne son tout premier clip, produit par Blue Daisy, Stars. C'est d'ailleurs son aura de danseuse qui a séduit Clarks Original. Alors qu'elle fait quelques pas aux côtés de ses amis au milieu de la rue, Connie publie la vidéo sur son compte Instagram - coïncidence, elle porte des chaussures Clarks. C'est comme ça qu'est née la collaboration entre la marque et Connie : par le biais d'une vidéo de danse que la jeune artiste a elle-même chorégraphiée et dont elle a composé la musique. C'est elle, aussi, qu'on entend dans la dernière campagne Clarks. Connie voulait absolument que le projet intègre son processus créatif. C'est pourquoi on la voit écrire frénétiquement sa musique sur un carnet, "pour mettre à plat mes idées, arracher les pages avant de composer un beat. C'est cool parce que nous partageons la même éthique," dit-elle.

Connie tient un journal au sein duquel elle se sent libre de rassembler ses pensées, même les plus folles et les plus abstraites. L'écriture de la musique est pour elle une échappatoire à l'air étouffant, chargé et pollué des rues de la ville. Quand elle feuillette les pages, chacune d'entre elle s'ouvre sur des sketchs, des listes, des paroles, des gribouillis et même quelques traces de brûlures, qu'elle ne se rappelle plus avoir faites, ni pour quelle raison. "Pour être tout à fait honnête, je suis égoïste en musique", s'esclaffe-t-elle, pleine de dérision. "J'écris quand je me sens stressée ou quand quelque chose ne va pas. J'écris aussi beaucoup sur l'amour - et ça n'arrange en rien mes relations amoureuses : si tu me stresses ou que tu me cherches, tu as toutes les chances de te retrouver dans ma prochaine chanson !" À l'image de son franc-parler, le style musical de Connie puise son inspiration dans le quotidien et la conversation. Ses paroles sont, à ce titre, très souvent tirées de son journal intime. Elle se reconnait dans l'univers d'un King Krule, d'un Gil Scott-Heron ou d'un Mike Skinner, trois musiciens dont elle admire la capacité à se confier à travers la musique. "Je ne suis pas très forte pour raconter des histoires, je suis plutôt du genre à dire les choses sans détour. Je ne sais écrire qu'avec sincérité." 

J'ai tout de suite pensé aux Spice Girls, quand j'ai regardé autour de moi, explique-t-elle. Je me suis dit 'hey, c'est une journée girl power aujourd'hui ! On est toutes là, ensemble, on est les meilleures dans ce qu'on fait et on va tout déchirer'. 

Le nouveau single de Connie, Lose My Mind, est un écrin de douceur a capella, au souffle soul et aux arrangements jazz, tout en étant extrêmement moderne. Ce morceau épuré, brut, rend hommage à travers ses paroles, aux hommes qui savent soutenir comme aimer les femmes. Un thème qu'elle juge en voie de disparition dans la musique actuelle, qui s'attache plus souvent à dénoncer la misogynie, la frivolité et le côté "bad boy" du sexe masculin. Dans son clip, Connie est étendue dans une baignoire cuivrée, son partenaire lui caresse et lui lave délicatement les cheveux. C'est elle qui a tout orchestré, pensé, conçu. L'équipe de tournage, elle, ne comptait que des femmes. "J'ai tout de suite pensé aux Spice Girls, quand j'ai regardé autour de moi, explique-t-elle. Je me suis dit 'hey, c'est une journée girl power aujourd'hui ! On est toutes là, ensemble, on est les meilleures dans ce qu'on fait et on va tout déchirer'."
Pour Connie, les Spice Girls c'était plus que de la musique. "Quand tu es métisse et que tu grandis dans une famille où tout le monde est blanc, ce n'est pas toujours simple, évoque-t-elle. J'ai vu très peu de célébrités porter les mêmes cheveux que moi, enfant. Quand j'ai vu Scary Spice pour la première fois, je me suis dit que j'avais le droit d'être une Spice Girl moi aussi," enchaîne-t-elle, avec un joli sourire aux lèvres. "Toutes les photos de moi me montrent avec mon afro naturelle et mes lunettes de soleil rétro... L'enfant que j'étais lui doit beaucoup." En ce moment, Connie s'inspire de Beyoncé, Solange, Billie Holiday, Nina Simone et de "toutes les jazz-girls. Les voix féminines ont beaucoup apporté à ce genre musical. On l'a bien apprivoisé !" Connie a beaucoup de respect pour ses contemporaines, Jorja Smith et Little Simz et pour les valeurs qu'elles transmettent. "Les filles qui se soutiennent financièrement, elles peuvent tout faire, le monde leur appartient. Ça, c'est vraiment cool.

Credits


Texte : Francesca Dunn
Photographie : Olivia Rose
Coiffure : Jose Quijano at The Wall Group, Revlon Professional
Maquillage : Kaz Fernando
Assistants photographe : Alia Wilhelm
Assistant styliste : Ryan Peterson
Connie porte un top vintage Rokit. Robe Zimmerman. Chaussures Clarks Originals. 

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