greta thunberg n'est pas la seule ado à se battre pour la planète

En Ouganda, en Thaïlande ou au Canada, de jeunes voix s'élèvent dans la lutte pour le climat.

par Erica Euse
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01 Octobre 2019, 9:51am

L’année passée, Greta Thunberg a transformé sa grève solitaire en mouvement international, devenant le nouveau visage d’une génération qui se bat contre le changement climatique. Il y a quelques jours, l’adolescente de 16 ans donnait un discours passionné au Sommet sur le Climat des Nations Unies, et alertait une énième fois les dirigeants du monde de l’état désastreux de la planète, rappelant l’extinction de masse que nous commencions à vivre.

Mais Greta n’est pas la seule à militer pour la justice écologique. Aux quatre coins du monde, d'autres voix se lèvent pour dire aux adultes que le monde dans lequel ils s'apprêtent à mourir n'est pas celui où les jeunes générations souhaitent vivre. Parmi elles, en voilà cinq. Ce sont toutes des filles - ne nous demandez pas pourquoi.

Autumn Peltier

La canadienne Autumn Peltier est internationalement reconnue comme une militante pour le droit à l’eau. Membre de la Première Nation de Wikwemikong, elle s’est engagée dans le combat écologiste à seulement huit ans. L’adolescente, aujourd’hui âgée de 15 ans, a été inspirée par sa grand tante Josephine Mandamin, qui s’est battue corps et âme pour la protection des Grands Lacs jusqu’à sa mort, il y a quelques mois. Autumn a pris sa relève, en tant que commissaire à l’eau, et représente désormais 40 Premières Nations au Canada.

« Personne ne devrait avoir à se soucier d’avoir une eau propre, ou d’avoir de l’eau, tout simplement, » déplorait Autumn durant son discours à l’Assemblée Générale des Nations Unies en 2018. « Aucun enfant ne devrait grandir sans savoir ce qu’est l’eau potable ou l’eau courante. »

Mari Copeny

Mari Copeny est plus connue sous son surnom, Little Miss Flint, qui fait référence à son engagement très fort dans la crise de l’eau que traverse sa ville, Flint, dans le Michigan. À huit ans, elle écrivait déjà à Barack Obama pour lui demander de la rencontrer, elle et d’autres membres de sa communauté, touchés par cette crise de l’eau contaminée. Le résultat de cette rencontre ? Une aide de 100 millions de dollars pour réparer le système hydraulique.

Aujourd’hui, à 12 ans, Little Miss Flint continue de se battre pour sa communauté et pour l’environnement. Depuis 2016, elle travaille avec l’organisme à but non lucratif Pack Your Back, pour venir en aide à plus de 25 000 enfants en leur procurant des fournitures scolaires ou en leur donnant accès à l’eau potable.

« Non, notre combat pour la planète n’a pas commencé aujourd’hui avec la grève pour le climat, et il ne finira pas aujourd’hui non plus, tweetait-elle après la grève générale la semaine dernière. Nous sommes nombreux à la mener depuis des années. Ne portez pas nos voix qu’aujourd’hui, faites le tous les jours, soutenez nos solutions. »


Xiye Bastida

Xiye Bastida est une activiste écolo de 17 ans basée à New York. Élevée au Mexique, Xiye a vécu de très près les effets du changement climatique : sa ville de naissance a été touchée par des sécheresses et des inondations extrêmes. Après son déménagement à New York il y a quatre ans, et à la suite des dégâts causés par l’ouragan Sandy, elle a su qu’elle devait faire quelque chose. En faisant parler ses racines indigènes, Xiye espère engager d'autres citoyens dans le combat pour la planète.

« Les gens affirment que le mouvement pour le climat a débuté il y a plusieurs décennies, mais les indigènes protègent la Terre depuis des milliers d’années, disait-elle à PBS. Nous devons réveiller cette philosophie, la remettre en pratique dans la société actuelle. Les gens ne sont pas là pour s’approprier la vie, mais pour en prendre soin. On ne devrait pas dire ‘nous, le peuple’, mais ‘nous, la planète’. »

Xiye fait partie des leaders du mouvement Fridays for Future, elle a travaillé aux côtés de Greta Thunberg pour mobiliser ses pairs. Elle prend régulièrement la parole au sein d’institutions et durant des manifestations pour pousser sa génération, et au-delà, à changer le monde avant qu’il ne soit trop tard.

Leah Namugerwa, 15 ans

En août dernier, pour ses 15 ans, Leah Namugerwa n’a pas fait de goûter d’anniversaire. Elle a plutôt décidé d’aller planter 200 arbres pour alerter son pays – l’Ouganda – et le monde sur les dangers du réchauffement climatique. Elle fait partie, comme beaucoup d’autres, du mouvement Friday for The Future ; de cette jeunesse portée par Greta Thunberg. La voix de Leah est forte et primordiale en ce qu’elle vient du Sud, d’Afrique, où les enjeux de justice écologique sont éminemment plus complexes qu’en Occident.

En février dernier, soutenue par ses parents, elle organisait seule sa première manifestation pour le climat, après, notamment, avoir été témoin de la décimation des forêts de Mukono, région dont elle est originaire. Depuis, elle fait la grève tous les vendredis et se rend régulièrement dans la capitale ougandaise pour donner des discours, appeler à sauver la planète et mobiliser la jeunesse de son pays.

« Si les adultes ne sont pas prêts à prendre l’initiative, moi et d’autres enfants nous leur montrerons la voie. Pourquoi est-ce que je devrais regarder sans rien faire, quand des injustices environnementales se jouent sous mes yeux ? » déclarait la jeune fille ce mois-ci à Kigali.

Leah Namurgewa est également à l’origine d’une campagne incitant la ville de Kampala à interdire les sacs plastiques et alertant sur les risques de la déforestation, des longues sécheresses et des inondations liées au changement climatique.

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Ralyn Satidtanasarn

Ralyn Satidtanasarn, dite Lilly a beau avoir été inspirée par le combat de Greta Thunberg, elle n’a pas défilé à New York à ses côtés le 20 septembre dernier, préférant défendre un ancrage local de la lutte contre le réchauffement climatique. C'est donc à Bangkok que Lilly a manifesté pour œuvrer à la prise de conscience de l’urgence climatique : « Ma place est ici. La lutte doit aussi se faire en Asie du Sud-Est. » a affirmé à l’AFP cette américano thaïlandaise de 12 ans qui doit son déclic à un voyage lors duquel elle a découvert l’existence de plages thaïlandaises recouvertes de plastique.

« Au début, j’ai cru à une lubie d’enfant. Mais elle s’est accrochée », raconte sa mère, elle-même ex-militante écologiste. « Sa force est d’être une petite fille sans intérêt privé à défendre ». Aujourd’hui, elle aide sa fille à écrire les discours qu’elle prononce devant des dirigeants politiques. L’enjeu du plastique est colossal en Thaïlande, classée par Green Peace comme le 6 ème plus gros contributeur à la pollution des océans.

Pourtant faire de l'écologie une priorité reste un défi dans un pays où la plupart des habitants se battent pour survivre. En 2018, une étude du Global Wealth Report faisait de la Thaïlande le plus inégalitaire du monde, rappelant que les 1 % les plus fortunés détiennent 66,9 % de la richesse totale du pays.

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