la voix hantée de sydney valette ressuscite la cold-wave française

On pensait le musicien français Sydney Valette disparu. Le voici pourtant de retour avec un clip sous-titré en russe, à découvrir en exclusivité sur i-D.

par Marie-Lou Morin
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14 Novembre 2017, 6:16pm

La solitude des grandes villes… Celles qui font s’entrechoquer les corps dans les transports et parquent les âmes une à une dans des appartements au loyer faramineux. Elles créent l’illusion de la profusion, mais éloignent finalement le concret en nourrissant des rêves perdus. Le musicien français Sydney Vallette a toujours entretenu un rapport ambigu avec Paris. Il y a quelque temps il en faisait un morceau, qui racontait son amour/désamour de la ville. Le clip était tourné sur les tombes du cimetière Montmartre, pour le côté romantisme noir qui collait parfaitement à sa synth-wave désenchantée. Et puis, soudain, on l’a perdu de vue. Sydney n’a plus donné de signe de vie pendant près de deux ans.

Il revient plus blasé que jamais, le cœur brisé. Dans l'album Précipice, il raconte sa solitude, perdu dans les grands ensembles bétonnés. L’histoire classique d’un mec qui s’abandonne dans les relations charnelles pour oublier l’être aimée, la poésie crue et le cynisme en plus. « Ma condition actuelle est précaire. La liberté devient parfois un enfer » sont certainement les vers qui résument le mieux sa prose. Quand on lui a demandé ce qu’était l’amour pour lui, il a répondu « no comment ». Une réponse lapidaire qui en dit long sur son niveau de désespoir.

Le clip plante un décor post-soviétique, effet VHS en plus, qui répond aux synthés glacials de sa cold wave. « C'est le deuxième clip que je fais avec le duo Eté Meurtrier. C'était cet été, on s'est levés à 4h du mat, et on est allés marcher au bord du périph’ à l’aube et la nuit à la Défense.... J’ai ajouté des sous-titres en russe parce que j'aime bien Arte et la culture russe et que j’apprends la langue. » Ne tentez pas de chercher un rapport entre tous ces éléments, Sydney Valette est comme ça, un artiste barré, difficile à ranger dans une catégorie. « Je ne sais pas où je me situe, un “artiste en développement” ? ahah. »

Précipice, par Sydney Valette (Yuk-Fu/SubZone), sortie le 17 novembre.

Sydney Valette sera en concert le 31 janvier au Point Ephémère, Paris-10e

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