une balade dans tokyo avec kzm, le dernier né du rap japonais

Le benjamin du crew Yentown, pionnier de la scène Neo Tokyo, se lance dans une carrière solo. À cette occasion, il a offert à i-D le clip de son morceau Deadman walking on the Moon, réalisé par un duo de jeunes réalisatrices françaises : Julia Tarissan...

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juin 19 2017, 11:55am

Quand deux jeunes réalisatrices françaises rencontrent un des rappeurs japonais les plus prometteurs du moment, ça donne forcément quelque chose d'hyper excitant. En l'occurrence un clip qui, par chance, est tombé dans les mains d'i-D : Deadman Walking on the Moon de kZm - Kazuma de son vrai nom. Le benjamin du crew Yentown (à qui l'on doit, entre autres, la prod magistrale de Tokyo Drift en featuring avec Yung Lean) se lance dans une carrière solo. En attendant qu'il révèle son premier maxi prévu pour fin 2017, le jeune rappeur originaire de Shibuya à la veine sombre, aux influences musicales puisées dans la trap et à l'allure de Yakuza nous entraîne dans la vie après la mort, avec Deadman Walking on the Moon. Un morceau qui, si l'on en croit son auteur, reflète ses peurs, ses insécurités, sa colère. « Le côté dark me permet de refléter ces émotions tout en restant optimiste et positif », explique-t-il. Pour illustrer cet état d'esprit paradoxal, il s'est allié à Juliet Casella et Julia Tarrissan, tout juste diplômées des Beaux-Arts de Cergy.

De passage à Tokyo cette année à l'occasion d'une exposition, le duo de réalisatrices s'est épris de l'énergie de la ville et s'est lancé dans la recherche d'un nouveau projet sur place : « On trouvait que c'était une chance d'être à Tokyo et qu'on devait profiter de cette ville si différente de tout ce qu'on pouvait voir habituellement. Juliet écoute beaucoup de hip hop, elle a toujours voulu réaliser un clip de rap et je trouvais que c'était une super idée, explique Julia. On a donc contacté plusieurs rappeurs. On trouvait ça fun de mettre en image du rap japonais, un genre plutôt méconnu en France. C'est là qu'on a eu une réponse de Kazuma, on l'a rencontré sur place, et ça a tout de suite accroché », enchaîne Juliet.

De cette émulation est né un clip à l'esthétique librement inspirée des codes du film d'horreur : « Le trash/gore est très implanté dans la culture japonaise, c'était donc évident pour nous de créer une ambiance un peu dark. Kazuma voulait des zombis, du sang, on était super partantes. On a tourné le clip en une après-midi. » Peu de budget mais une ambiance affirmée, en hommage aux films de Samouraï et une balade dans un Tokyo gangster : si vous vouliez savoir à quoi ressemble le futur du rap japonais, c'est ici que ça se passe.

Credits


Texte : Malou Briand Rautenberg
Photo : Juliet Casella et Julia Tarrissan