les 12 moments mode qui ont fait 2018

Des influenceurs virtuels aux chamans de luxe, la mode a fait le plein d’événements en 2018. i-D revient sur ceux qui ont marqué l’année.

par Sophie Abriat
|
10 Décembre 2018, 6:34pm

Chaque année apporte sa nouvelle sémantique mode. Avatar, influenceur, inclusivité, écologie, dystopie, conscience, spiritualité, robotique… Ces mots ont tous marqué 2018, une année chahutée qui signe la fusion entre le monde virtuel et le monde réel. L’angoisse environnante induit une quête de sens démultipliée à laquelle doit répondre la mode, challengée, parfois critiquée. En jeu son rôle moteur de progrès et d’émancipation. Incarner le rêve et la réalité de nos vies, un oxymore qui continuera certainement de prospérer en 2019.

Janvier : les mannequins prennent (enfin) la parole

Dans le sillage de l’affaire Weinstein, l’industrie de la mode fait son examen de conscience. Le New York Times a mené l’enquête : trois journalistes, dont Vanessa Friedman ont révélé des accusations de harcèlement sexuel visant deux figures de la photographie, Mario Testino et Bruce Weber. Ce sont des hommes qui ont subi ces abus. Avant eux, d’autres grands noms de la mode (notamment le photographe David Hamilton, accusé de viol par plusieurs femmes) avaient été mis en cause. Jusqu’ici, les allégations de cet ordre n’étaient pas suivies d’effet… ou si peu. Pour la première fois en France, deux mannequins lancent à Paris l’association « Model Law » pour défendre et protéger les droits des mannequins. La première en France dans son genre - signe que les temps ont changé. « Les acteurs de la mode doivent adopter un comportement éthique et agir de manière responsable. Malgré les signaux d’alarme la mode semble incapable de s’auto-réguler. L’industrie elle-même choisit d’ignorer les réalités de ce métier. (…) La peur règne, les mannequins sont déshumanisés, le harcèlement normalisé », peut-on lire dans le Manifeste. L’heure est à la prise de parole, comme en témoigne la publication de l’ouvrage de l’anthropologue Giulia Mensitieri Le plus beau métier du monde. Dans les coulisses de l'industrie de la mode (La Découverte, 2018) dans lequel l’auteur s’attache à coups de révélations choc à « déglamouriser » une industrie puissante bâtie sur le rêve et… la tyrannie. De telles prises de parole sont très rares dans la mode, elles signalent l’épuisement d’un système fondé sur des hiérarchies statiques. Comme si en 2018 on ne pouvait plus se taire.

Février : les têtes coupées de Gucci font le tour du Web

1544462596097-1519231117399-gucciheads

2018 a été l’année Gucci. N°1 de Kering la marque portée par Alessandro Michele ne cesse de grandir. Elle se fixe même pour objectif de croître à un rythme deux fois plus rapide que celui du marché du luxe et d'atteindre la barre des 10 milliards d'euros de chiffre d'affaires. En février, la marque fait défiler des mannequins portant dans leur bras leur tête coupée, l’image fait le tour du web. « Le Cyborg Gucci est post-humain : il a des yeux sur les mains, des cornes de faune, des doubles têtes et des bébés de dragon. C’est une créature biologiquement indéfinie et socialement consciente. Le signe ultime et extrême d’une identité métisse en constante transformation » indique le communiqué de presse de la marque citant Michel Foucault, Donna Harraway mais aussi Mary Shelley et son Docteur Frankenstein. La dystopie, reflet de nos angoisses contemporaines, signe son grand retour dans la mode cette année. Raf Simons pour Calvin Klein s’inspire du film Safe de Todd Haynes, John Galliano pour Maison Martin Margiela imagine des looks de survivalistes, iPhones chevillés au corps, Demna Gvasalia pour Balenciaga fait défiler des silhouettes à l’allure robotique dans un set anxiogène rempli d’écrans. Pour reprendre l’interrogation de Nicolas Nova, reste-t-il encore de la place pour de nouveaux imaginaires futuristes ET positifs ?

Mars : Lil Miquela prend le contrôle du compte Prada

Pendant la Fashion Week de Milan, l’influenceuse virtuelle Lil Miquela (aujourd’hui aux 1,5 millions d’abonnés) prend le contrôle du compte Prada qu’elle alimente en stories. Cette créature imaginaire possède une page Wikipedia, donne des interviews et a déjà sorti des morceaux de R'n'B sur Spotify. Elle est égérie de Pat McGrath (c’est une #McGrathMuse au même titre que Naomi Campbell), elle tague pléthore de griffes dans ses posts, de Proenza Schouler à Maison Margiela en passant par Off-White et pose avec son ami Blawko – tout aussi virtuel… Et si elle apparaissait comme plus réelle que les influenceurs (en chair et en os) qui utilisent filtres et maquillage pour se transformer ? La fusion entre le monde réel et le monde virtuel est consommée : dématérialisée, digitalisée, avatarisée, la mode n’a jamais été autant fictive qu’en 2018. Balenciaga collabore avec l’artiste Yilmaz Sen pour créer des mannequins-avatars dont le corps se tord sur Instagram ; Balmain constitue son armée de mannequins digitaux ; les tendances « s’algorithment » et Carlings invente des vêtements virtuels à poster sur Instagram… Si la mode s’est instagram-isée et qu’on est (soi-disant) tous devenus des influenceurs, jamais autant d’études nous ont alertés sur les effets néfastes des réseaux sociaux. Dépression, solitude, convoitise forcée, les risques pour notre santé mentale seraient nombreux.

Avril : Botter remporte le Grand Prix du jury mode du Festival d’Hyères avec sa collection « Fish of fight »

1544463134225-festival-dhyeres-lisi-herrebrugh-et-rushemy-botter

En avril, à la villa Noailles, sur les hauteurs de Hyères, la mode célèbre la jeune création depuis 1985. Un rituel imaginé par Jean-Pierre Blanc qui met traditionnellement en lumière des propositions radicales, engagées et prometteuses. Jamais la question de la protection de la planète n’avait été aussi présente dans les collections des dix finalistes que cette année. Le jury présidé par Haider Ackermann a récompensé la marque masculine Botter, fondée par les néerlandais Rushemy Botter et Lisi Herrebrugh. Baptisée « Fish or fight » leur collection upcyclée est engagée en faveur de la protection des océans. Touché par les ravages de la pollution sur l’île des Caraïbes Curaçao, d’où est originaire la famille de Rushemy, le duo plisse, fronce et anoblit sacs plastiques et filets de pêche ramassés sur la plage, transforme le logo « Shell » en « hell « et accessoirise ses silhouettes avec des dauphins gonflables – critique ou appel à l’insouciance ? Fin août, le duo est nommé à la tête de la direction artistique de Nina Ricci. A l’heure où la prise de risques semble minimale, nommer ainsi des jeunes créateurs – impertinents et ancrés dans le réel – est une nouvelle positive pour l’industrie de la mode. Rendez-vous en janvier, pour découvrir leur première pré-collection.

Mai : Louis Vuitton a-t-il fait appel à un chaman pour éviter la pluie pendant son défilé croisière ?

En cette fin de printemps, des pluies diluviennes s’abattent sur la France. Le 28 mai, sur les hauteurs de Saint-Paul-de-Vence, dans les jardins de fondation Maeght, lieu choisi par Louis Vuitton pour présenter sa collection croisière, la pluie tombe drue et froide. L’heure du défilé approche pour Nicolas Ghesquière, directeur artistique de Louis Vuitton, mais pas la trace d’une éclaircie. Les 600 invités du show prennent place sous les pins, parmi les sculptures du jardin, des œuvres signées Joan Miró, Alexander Calder, Anthony Caro ou encore Barbara Hepworth. Et, miracle ! L’averse s’arrête. La rumeur court : la Maison aurait fait appel à un chaman amérindien pour conjurer la pluie. Ce dernier aurait déjà repoussé les nuages lors de la croisière Vuitton 2017 à Rio, ainsi que pour le mariage royal du prince Harry et Meghan Markle… Le père d’Alessandro Michele était lui-même chaman. Alertes climatiques, montée des conservatismes, promotions de la collapsologie : l’angoisse est partout. Astrologie, numérologie, quête de spiritualité, chamanisme, tarot, géomancie, retour des sorcières : l’année 2018 fut ésotérique, spirituelle. Nombreux sont les créateurs de mode à se passionner pour l’occultisme, comme mus par un désir de magie (Givenchy et les signes du zodiac, Paco Rabanne et les ashrams, Chloé et ses amulettes, Victoria Beckham et la lithotéraphie etc.). Faut-il s’en remettre aux forces surnaturelles pour trouver de l’apaisement ?

Juin : Virgil Abloh défile pour la première fois pour Louis Vuitton

1544463364188-1529949381772-SS19M-LVuitton-900

En 2018, la mode s’est « ablohisée ». En mars Virgil Abloh est nommé DA de Louis Vuitton Homme : la maison française accueille son premier designer noir - roi de la collaboration et symbole de la fusion luxe/streetwear. En juin, c’est en pleurs, dans les bras de Kanye West, que Virgil Abloh est venu saluer à la fin de son premier défilé, sur un podium aux couleurs du drapeau LGBT. Au premier rang un parterre de célébrités : Rihanna, ASAP Rocky, Kim Kardashian (de retour à Paris pour la première fois après son braquage), Travis Scott, Swae Lee, Kid Cudi… C’est le luxe dans son ensemble qui se rapproche du street : cascades de drops chez Burberry et Moncler, marché des sneakers en plein boom (qui dispose même de sa bourse de cotation sur le site web « StockX »), ventes aux enchères chez Artcurial (la malle Louis Vuitton et Supreme a ainsi atteint le prix de 88 400 euros et la planche de skate de la même série 62 400 euros). James Jebbia fondateur de Supreme a même reçu du CFDA (Conseil des créateurs de mode américains) la statuette de meilleur designer de mode masculine de l’année. « Je ne me suis jamais considéré comme un designer », lançait le fondateur au moment de recevoir le prix… Et si c’était plutôt la définition de designer qui avait évolué ?

Juillet : le documentaire « McQueen » réveille ses fans

Présenté en avril au Festival de Tribeca, le documentaire « McQueen » réalisé par Ian Bonhôte et Peter Ettedgui sort sur les écrans anglais. Avec des images d’archives et des témoignages de proches, il revient sur la carrière du créateur britannique qui a marqué avec férocité l’histoire de la mode et retrace l’histoire d’un génie hanté par des démons. En 1998, avant tout le monde, il installait sur le podium deux robots(-artistes) qui projetaient de la peinture sur la robe blanche du mannequin Shalom Harlow. Mais on se rappelle aussi de sa collection « Highland rape » qui présentait des modèles lacérés à coup de couteau, de sa réinterprétation de la mort du cygne, de son hologramme Kate Moss, de sa dénonciation acerbe de la société de consommation dans son défilé « Horn of plenty »… La « McQueen mania » est relancée. L’année 2018 sera marquée par toute une avalanche de documentaires mode : Cecil Beaton, Bill Cunninghan, Leon Talley, Guo Pei, Vivienne Westwood… Avec un consommateur mode de plus en plus éduqué et informé, les plongées immersives dans la vie de ces personnalités sont en plus en plus recherchées. Ils nourrissent la passion et le désir d’identification du public pour des créateurs perçus comme des personnalités héroïques, des légendes modernes. En 2019, Arte diffusera un documentaire sur Martin Margiela (signé Reiner Holzemer) avec la participation exceptionnelle du créateur. Et « McQueen » sortira enfin sur les écrans français.

Août : Les « September issues »

1544463965782-september

Les September issues des magazines anglo-saxons n’ont jamais fait poser autant de femmes noires à leur une : Laverne Cox, Tiffany Haddish, Lupita Nyong’o, Slick Woods… Au même moment, Netflix annonce l’embauche d’un « inclusion strategist ». Effet Black Panther ou réelle prise de conscience ? La question de la diversité dans la mode n’a jamais été aussi présente que cette année. Mais, la véritable avancée sera quand on ne se réjouira plus de ces événements mais qu’ils seront devenus la norme... Le fait même d’en parler souligne le retard accumulé… Pourtant, avec des icônes de la pop culture telles que Rihanna et Beyoncé, des mannequins activistes comme Slick Woods et la récente nomination d’Edward Enninful à la tête du Vogue UK, un écosystème s’est ouvert. En France, les avancées restent plus timides. En pleine Fashion Week parisienne, en mars, pour la première fois depuis 1994, Rei Kawakubo, la créatrice de la marque japonaise Comme des Garçons a fait défiler des mannequins à la peau noire. Critiqué pour son manque de diversité sur les podiums, le label a choisi le top Subah Koj, originaire du Soudan, pour ouvrir son show. Autre signal : c’est la Soudanaise Anok Yai qui a ouvert le défilé de Prada en mars dernier, plus de 20 ans après Naomi Campbell en 1997. Lors de son défilé Haute Couture de juillet dernier, Chanel a fait défiler un mannequin noir pour porter sa robe de mariée. « Il y a une demande de la société et des consommateurs pour l'inclusion et la mode doit suivre l’évolution des mœurs, sous peine de perdre sa pertinence. Les consommateurs sont plus conscients socialement que jamais auparavant », souligne Jennifer Davidson, rédactrice-en-chef de The Fashion Spot qui mesure chaque saison l’évolution de la représentativité des mannequins de couleur (mannequins noirs, métisses, asiatiques, indiens et arabes) sur les podiums. Opportunisme ou changement de fond ? 2019 devrait apporter des réponses.

Septembre, le défilé scandale d’Hedi Slimane pour Celine

1544464185280-01_6

Aux pieds des Invalides, Hedi Slimane dévoile sa première collection pour Celine, l’événement le plus attendu de la FW de Paris. Quelques semaines auparavant le retrait de l’accent sur le E de Celine et l’effacement de tous les posts Instagram du compte officiel de la marque cristallisent déjà les passions, les fans de Phoebe Philo montent au créneau. Mais plus encore son défilé provoque un torrent de critiques… en particulier ses micro-robes portées par des corps filiformes qui renverraient « une image rétrograde de la femme » antinomique avec l’esprit Céline porté par Phoebe Philo. La presse anglo-saxonne exulte : « Celine est passée dans la chasse d’eau (…). Hedi Slimane n’a pas été le reflet politique social et culturel du moment pour les femmes » ; Hollywood Reporter s’interroge : « Hedi Slimane est-il le Donald Trump de la mode ? » ; « Le spectacle de Celine célèbre un monde super mince, adolescent et presque exclusivement blanc » signale Jo Ellison du Financial Times… La journaliste Lou Stoppard tweete : « Celine was fucking horrible. A big fuck you to women who just wanted something non-demeaning to wear ». Aux critiques acerbes, Hedi Slimane répond (à Loïc Prigent dans son émission 5 minutes de mode diffusée sur TMC) : « l’esprit du défilé était léger et joyeux, mais la légèreté et l’insouciance en mode sont aujourd’hui remises en question. J’ai déjà vécu cela chez Saint Laurent. Il y a la politique, les conflits d’intérêt et les coteries, une posture prévisible, mais aussi des exagérations stupéfiantes de conservatisme et de puritanisme. La violence, c’est l’époque. L’esprit démagogique des réseaux sociaux qui sont pourtant un outil communautaire formidable. Il n’y a plus aucune limite, la haine est relayée et prend le dessus. (…) Les femmes ne seraient donc plus libres de mettre des minijupes si elles le souhaitent. Les comparaisons au 45ème président américain sont opportunistes, assez audacieuses et plutôt comiques, juste parce que les jeunes femmes de mon défilé sont libres et désinvoltes. Elles sont libres de s’habiller comme elles l’entendent. Pour certains en Amérique, j’ai aussi le mauvais goût d’être un homme qui succède à une femme. »

Octobre : Le mouvement anti-fur devient global

Le 23 octobre Coach annonce l’abandon total de la fourrure dans ses collections à compter de l’hiver 2019. La marque américaine rejoint ainsi les rangs de nombreuses marques de luxe : Gucci, Givenchy, Versace, Burberry, Armani, toutes ont déjà renoncé à la fourrure. En septembre, la fashion week de Londres fut 100% no fur. En 2018, l’industrie du luxe et de la mode – poussée par un consommateur à qui on ne peut plus mentir – s’est emparée de la question de l’éco-responsabilité, de plus en plus diverse, allant de la fashion tech à l’upcycling en passant par l’économie circulaire. La recherche de nouvelles matières (soie de bambou, fibres d’ananas (effet papier mâché), cuir de pomme, chambres à air recyclées, lyocell (fibres d’eucalyptus)) est une manne créative pour les designers : c’est une page blanche exaltante qui s’ouvre devant eux. Si la communication s’accélère sur ces questions-là, c’est aussi parce que du jour au lendemain, une marque peut être boycottée pour une pratique pointée comme non vertueuse par les consommateurs (et les réseaux sociaux). Ce qui motive les groupes de luxe à être de plus en plus vigilants, c'est aussi le risque de mauvaise réputation qu'ils encourent. À noter que la fausse fourrure est réputée polluante, constituée de matières synthétiques - nylon, polyester et acrylique.

Novembre : Le scandale Dolce Gabbana en Chine

Ce sont des vidéos diffusées sur le compte Instagram de la marque italienne qui ont déclenché les foudres des consommateurs chinois. On y voit un mannequin asiatique essayant de manger des pâtes et une pizza avec des baguettes, ces « petits bâtons servant de couverts », selon une voix off masculine. Sur Weibo, la marque est accusée de « trivialiser la culture millénaire de la Chine et de dépeindre les femmes chinoises de façon stéréotypée, voire raciste ». L’affaire s’enflamme avec la diffusion de copies d’écran d’une conversation entre un interlocuteur inconnu et le styliste Stefanno Gabbana qui utilise notamment des émojis d’excréments pour décrire la Chine, « pays de merde ». La marque fait valoir que son compte a été piraté, les designers finiront par présenter des excuses. Le mal est fait : le défilé prévu quelques heures plus tard à Shanghai est annulé. Sur Weibo, le # « DG Show Cancelled » a reçu près de 500 millions de vues. Des internautes ont posté des photos et des vidéos d’eux-mêmes en train de brûler des articles de la marque. Un événement qui témoigne de la montée en puissance des réseaux sociaux et d’un nouveau rapport de force marque/consommateur. Un « name and shame » appliqué à la mode.

Décembre : Dior fait son show à Tokyo en mode robotique

Dior Homme s’est envolé à Tokyo pour présenter son défilé pré-fall. Pour le set, Kim Jones a fait appel à l’artiste japonais Hajime Sorayama qui a imaginé un robot géant haut de 12 mètres : une femme androïde, pin-up virtuelle et érotique, traversée de jets de néons multicolores. Les robots ne foulent pas seulement les podiums : en janvier, le robot humanoïde Sophia, qui a obtenu la nationalité saoudienne, posait à la une du magazine britannique Stylist pour son 400ème numéro (et donnait en prime une interview !). Autre androïde, Erica, créée par le roboticien japonais Hiroshi Ishiguro, apparaissait dans une série mode du Vogue US en novembre 2017. En début d’année, elle devenait même présentatrice d’un journal télévisé au Japon. Une esthétique mais aussi une tendance qui suscite des craintes. Demain on saura créer et produire à partir d’un modèle de marque totalement automatisé du début à la fin, avec un mélange d’algorithmes, d’intelligence artificielle et de robotique. Le veut-on vraiment ? Il faut anticiper ces réflexions, en faire un vrai débat de société car la question se pose déjà.

Tagged:
Gucci
Virgil Abloh
Dior
festival d'hyeres
lil miquela
année 2018
12 moments
hei slimane