les 6 plus beaux décors de films d'horreur, de shining à suspiria

Alors que Suspiria fête ses 40 ans, i-D a sélectionné ses décors de l'horreur favoris.

par Emily Manning
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06 Février 2017, 1:05pm

Il y a quarante ans Dario Argento, le maestro italien de l'horreur, sortait l'un de ses films les plus adorés, le glaçant Suspiria. Le film suit Suzy, une étudiante américaine en danse classique qui s'inscrit à la prestigieuse Tanz Dance Academy de Fribourg en Allemagne. Elle réalise rapidement que l'école n'est pas ce qu'elle semblait être et elle se retrouve plongée dans un monde cruel peuplé de phénomènes surnaturels. Un remake du film - dans lequel joueront Dakota Johnson, Tilda Swinton et la Suzy d'origine, Jessica Harper - doit sortir cette année. Signé Luca Guadagnino (de A Bigger Splash et Amore) on espère qu'il sera à la hauteur du plus que mythique film d'horreur (et de sa bande-son phénoménale).

Rouges profonds, roses vifs et bleus froids viennent s'insinuer dans les formes géométriques du mobilier 1970 - on est bien loin du réalisme. Les personnages tombent dans un monde cauchemardesque aussi gore que brillant (pas étonnant quand on sait que l'inspiration principale d'Argento était Blanche-Neige). Les couleurs du film semblent encore plus vives grâce au processus d'impression technicolor de Dario Argento, une technique utilisée dans Le Magicien d'Oz et Autant En Emporte Le Vent. Suspiria est l'un des derniers films à avoir été tourné avec ces techniques chronophages et chères (le réalisateur Luciano Tovoli aurait d'ailleurs « supplié » pour pouvoir se servir des dernières machines à Rome). L'immense influence de Suspiria, si elle est évidente dans le monde de l'horreur, est aussi clairement décelable dans le reste du cinéma contemporain. Pour célébrer le 40ème anniversaire du film, nous avons choisi cinq autres films d'horreurs au moins aussi effrayants que sublimes.ts.

Le Cabinet du docteur Caligari (1920) : « Cette liste ne serait pas complète sans la présence de ce chef-d'œuvre de surréalisme » affirme sur son compte Instagram le mannequin Reid Rohling, un vétéran des podiums pour Gucci et un adorateur du genre. Dans ce film muet - allégorie de l'autoritarisme durant la première Guerre Mondiale - un hypnotiseur fou parvient à faire commettre des meurtres à un agent somnambule. « Chaque plan est inspiré par l'expressionisme allemand » détaille Reid sur le mythique set-design du film. Des structures sinueuses et des paysages ombragés se forment de manière distincte - représentant physiquement les thèmes principaux du film, la folie, la psychose et l'irréalité.

Jigoku (1960) : Comme un trip sous acide qui aurait très mal tourné, le classique japonais de Nobuo Nakagawa contient l'une des plus belles et des plus terrifiantes représentations de l'enfer au cinéma. Intitulé The Sinners of Hell en anglais(les pécheurs de l'enfer) Jigoku parle de meurtre, d'accidents de voiture, de secret, de sexe, de culpabilité et de mondes sous terrains. Le film est bourré d'effets visuels psychédéliques comme des lits de roses flottants et des champs de verre cassés.

Personne ne s'attendait à ce que le film soit bien reçu, le studio de production Shintoho était alors juste une usine de films gore à petit budget. Dans le making-of de l'édition collector du film, on comprend même qu'il a été bâclé. Des figurants ont participé à la construction des décors des scènes se déroulant en enfer, salissant au passage toute la salle d'enregistrement. Mais bon, ils ont fini par s'en sortir.

The Shining (1980 ) : Le documentaire Room 237 passe en revue les différentes théories du complot sur le plus culte des classiques de Stanley Kubrick. De l'analyse fanatique des formes géométriques du tapis à l'examen minutieux de la scène du tricycle, tout l'intérieur de l'hôtel Overlook est passé en revue. Même si la plupart des scènes extérieures ont été tournées à l'Oregon Timberline Lodge (qui accueillera en avril un festival du film d'horreur dont le nom rend hommage à Shining), une grande partie des scènes d'intérieures, elles, ont été tournées dans des décors construits pour l'occasion - alors les plus grands jamais construits. « L'hôtel imaginé par Kubrick est spacieux et moderne. Il est à des années-lumière des habituels décors poussiéreux et décrépis des films d'horreurs, commente Den of Geek. Le décor génère une tension qui ne repose pas sur la claustrophobie et les espaces sombres, mais plutôt sur des hauts plafonds et de grands espaces. »

Les Innocents (1961) : Selon Martin Scorsese, c'est le film le plus effrayant de tous les temps. Ce thriller psychologique réalisé par le britannique Jack Clayton est basé sur la troublante nouvelle de Henry James, Le Tour d'Écrou. Le scénario a été adapté par Truman Capote et lui a permis de remporter le prix Edgar en 1962. Dans un luxueux manoir de la campagne anglaise, une gouvernante qui s'occupe de deux enfants est anxieuse à l'idée qu'ils soient possédés par des forces maléfiques, et que la magnifique maison le soit aussi. L'obscurité des grands halls ajoute à l'atmosphère étrange de ce classique gothique, les plans extérieurs du manoir sont tout aussi effrayants - les terres et les jardins, aussi majestueux soient-ils, sont parsemés de statues ébréchées.

Kwaïdan (1964) : On trouve dans les films du réalisateur japonais oscarisé Masaki Kobayashi les plus belles histoires de fantômes du cinéma. Kwaidan est une anthologie détaillée de quatre mythes aucunement liés mais tous plus terrifiants les uns que les autres. Même si les scénarios divergent, c'est le même monde onirique que l'on retrouve dans chaque conte macabre. Les images les plus fortes se trouvent certainement dans le second segment, The Woman of the Snow, qui se déroule dans une forêt couverte de neige et immaculée, illuminée simplement par un ciel nocturne d'un bleu profond.

Credits


Texte Emily Manning
Capture de Suspiria

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