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le guide i-D d'art basel miami

Plongez dans une piscine de céréales, saluez Julio Le Parc et redécouvrez votre chambre d'ado avec Maggie Lee.

par Emily Manning
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30 Novembre 2016, 10:05am

Jeffrey Deitch et Larry Gagosian, Desire : L'année dernière, les titans du monde de l'art s'associaient pour présenter Unrealism, une exposition de peintures figuratives des années 1980 et 90. Cette année, ils reviennent avec Desire, une exposition inédite répartie sur les quatre étages du Moore Building, fraîchement rénové pour l'occasion. Autour de cette thématique follement désirable, on retrouvera les œuvres de Nan Goldin, Jordan Wolfson, Marilyn Minter et l'irrévérencieux Harmony Korine. "L'érotisme crée une tension entre l'artiste, le sujet et le spectateur," explique Diana Widmaier-Picasso, la curatrice de cette exposition collective et petite fille du peintre iconique. D'ailleurs, une peinture de l'artiste peintre espagnol datée de 1956 trouve sa place au sein de Desire, non loin des Polaroids de Balthus. Le casting complet de l'exposition (Keith Haring, Vanessa Beecroft, Nobuyoshi Araki, Eddie Peake et Juergen Teller) est disponible ici.

La performance radiophonique de Public School : Les directeurs créatifs de DKNY - Dao-Yi Chow et Maxwell Osborne - n'ont jamais caché leur amour pour l'art, le grand. Le duo s'est fait connaître en créant les costumes de la série Future Relic de Daniel Arsham, en organisant une vente à Sotheby et en s'associant au prestigieux New Museum pour soutenir la plateforme d'incubation à destination des artistes femmes. Sinon, ils ont distribué des tickets pour leur défilé à l'occasion de la Fashion Week homme à New York. Osborne et Chow s'emparent désormais de Basel pour la résidence de créateurs de Miami. Pour l'occasion, le duo a imaginé un week-end de « programmation radiophonique » qui prendra ses quartiers au sein de l'hôtel The Confidante. Daniel Arsham, Heron Preston et Stretch Armstrong sont déjà sur la guest-list de l'émission WNL ("We Need Leaders"). "On n'avait pas envie de créer une pseudo-œuvre d'art fashion et conceptuelle. Au contraire, on voulait juste réunir nos amis, des talents, tous milieux et disciplines confondus : dans la mode mais aussi l'art, la musique, la littérature et la cuisine pour parvenir à concevoir un univers dynamique où les gens échangent," confiait Chow. WNL Radio balancera de bonnes ondes dès le 1er décembre. Stay tuned !

L'épique soirée fish fry de l'artiste Kehinde Wiley : L'hôtel EDITION n'est jamais à court de bonne surprise en cette fin d'année. À l'occasion de Basel, il organise une batterie d'événements, conçus comme des échappatoires à la frénésie des acheteurs, collectionneurs et autres aficionados de Jeff Koons en tout genre. Cette année, le peintre américain Kehinde Wiley revient pour sa soirée annuelle baptisée Fish Fry, en partenariat avec le maitre des lieux, Jeremy Ford. Aux côtés de Mickalene Thomas, Alex Becerra et Olivia Steele, l'artiste a créé une salle de bowling/club/patinoire de rêve. Steele, connue pour ses installations luminaires, présentera des œuvres inédites, tandis que Dj Harvey, Thugfucker et Doc Martin se chargeront des platines toute la semaine. Mais EDITION organise aussi quelques événements très sérieux, notamment une signature de Kim Gordon, représentée par les galeries Half et 303.

Maggie Lee, The Pool, 2016. Courtesy of the artist and Real Fine Arts

La chambre d'ado de Maggie Lee : L'été dernier, l'artiste Maggie Lee présentait sa première exposition personnelle à New York, Fufu's Dreamhouse; d'après Art in America, l'exposition "prolongeait l'exploration de l'adolescence féminine, des contre-cultures des Millenials et du style chère à l'artiste" à travers une série de sculptures et de dioramas. Lee est aujourd'hui l'invitée d'honneur de la section Positions d'Art Basel, pour laquelle curateurs, critiques et collectionneurs invitent chaque année les talents émergents à exposer un de leurs projets artistiques. On a cru comprendre que celui de Maggie prendrait la forme d'une installation reprenant l'esthétique et la scénographie d'une chambre d'adolescente. Pour en savoir plus sur ce projet prometteur et immersif, rendez-vous ici.

Une piscine de céréales : Le projet Satellite choisit d'occuper les espaces laissés pour compte et désertés à l'occasion d'Art Basel. L'année dernière, une pharmacie reconvertie en amphithéâtre, une ancienne steakhouse et un hotel Art Deco présentaient des happenings à ciel ouvert. Sam Hillmer, de la galerie transversale et subversive Trans-Pecos était en charge du commissariat l'année dernière. Cette année, l'anti-Basel revient avec (entre autres) : un parloir dédié aux tatouages post-féministes, des statues grecques qui jouent au ping-pong, un strip club exclusivement queer, un bar lounge en réalité virtuelle et une sculpture géante orchestrée par Jen Catron et Paul Outlaw. Le duo présentera une piscine de 25 mètres de long remplie de céréales, dont la fontaine principale fera jaillir du faux lait pour que les curieux puissent nager à loisir dans cette piscine du nouveau monde. Pour tout savoir (et comprendre) sur le programme Satellite, rendez-vous ici.

La performance d'Emma Sulkowicz et Violet Overn : Satellite présentera également une nouvelle collaboration des artistes performeuses new-yorkaises Emma Sulkowicz et Violet Overn. Les deux artistes se sont engagées avec force dans la lutte contre les agressions sexuelles via leurs pratiques multidisciplinaires. La performance longue d'un an de Sulkowicz, Carry That Weight (Mattress Performance) a mis à jour le problème des agressions sur les campus universitaires ; quant à Overn, elle expliquait à i-D que sa série Fraternity House - pour laquelle elle s'étalait sur les pelouses des maisons de fraternités universitaires, entourée de gobelets rouges - avait été accueillie par autant de reproches que d'acclamations. Récemment, Sulkowicz annonçait que l'œuvre du duo au Basel serait « une critique des performances artistique à Miami. »

Brian Eno's work at the Venice Biennale. Photography Paolo Tonon

Les boîtes brillantes de Brian Eno : À la foire CONTEXT, Brian Eno présentera une série de boîtes lumineuses via la galerie londonienne Paul Stolper. Des œuvres qui « passent harmonieusement d'une combinaison de couleurs auto-générées à une autre, » selon le musicien, qui avait présenté une série similaire à la Biennale de Venise l'année dernière. Ces « light boxes » sont accompagnées des sons éclectiques de Brian Eno - des compositions ambient et électroniques pas avares en expérimentations. CONTEXT est ouvert du 29 novembre au 4 décembre ; plus d'informations sur la foire ici.

Young Thug, James Blake et Shlomo au concert III Points : Le concert annuel de l'Art Week revient avec un line-up épique au possible (parmi les artistes passés au III Points, on compte FKA Twigs, Jamie xx, A$AP Rocky, Kaytranada, Kendrick Lamar et Nicolas Jaar). James Blake - qui a fait ses premiers pas en Floride au III Points en 2013 - revient sur scène le 30 novembre aux Magic City Studios avec l'équipe 1-800-Dinosaur. La nuit suivant, Young Thug et Shlomo prennent les reines d'une soirée qui s'annonce folle. Pour le calendrier entier du III Points, c'est par là.

L'ode cinématographique de Mark Anthony Green à la culture noire : L'année dernière, Mark Anthony Green faisait équipe avec A$AP Rocky pour célébrer l'Art Basel. Le rappeur de Harlem ne rejoindra pas l'artiste basé à Brooklyn cette année, mais la nouvelle expo de Green n'en souffre pas pour autant. What Comes After Jay ? présente 20 nouvelles peintures et une vidéo de 30 minutes. « J'ai créé ce visuel pour mettre en avant plusieurs moments-clés de l'histoire noire - nos plus grandes stars et nos plus célèbres traîtres, » précise Green dans un communiqué. « Je suis fier d'être noir, et j'ai voulu que ça se reflète dans mon travail.» L'expo se tient au W South Beach les 3 et 4 décembre.

La toute première « Basel party » de Resident Advisor : l'incontournable site de musique électronique s'est construit une base de fan plus que solide grâce à sa couverture plus qu'exhaustive de tout ce que le monde de la nuit peut offrir. RA fait ses premiers pas au Basel avec un line-up qui envoie. Floating Points, Dâm-Funk et The Black Madonna seront sur la scène du Magic City Warehouse le 30 novembre. Un mélange éclectique de soul, synth et funk qui est assuré de faire danser le public jusqu'au bout de la nuit. Des précisions par ici.

Les belles archives de McQueen : A Queen Within est une exposition de mode présentée par Barrett Barrera Projects, et qui promet de dévoiler une sélection de pièces rares extraites d'une des collections les plus privées d'Alexander McQueen. Les pièces d'archives seront accompagnées de vêtements, de photos et de films de Gucci, Hussein Chalayan, Margiela, Iris Van Herpen, Jean Paul Gaultier et tout ce que le mode a fait de têtes brûlées non-conventionnelles et génialement créatives. L'expo se tient du 1er au 5 décembre à Wynwood. Plus d'informations par là.

Les nouveautés de la Rubell Family : « Les artistes nous aident à comprendre et à avoir une prise sur les problématiques qui régissent nos vies, » explique Mera Rubell de la nouvelle exposition de la Rubell Familly Collection, High Anxiety. Une expo qui présente des travaux collectés depuis 2014, et dont le line-up laisse à penser que les Rubell n'ont pas chômé en deux ans. Parmi les 32 artistes participants, on compte Isa Genzken, Torey Thornton, Ryan Trecartin, Lizzie Fitch, Frank benson, Bunny Rogers et John Waters. L'expo commence le 30 novembre. Plus d'informations ici.

Les Barbies et Boombox de Tom Sachs : Le secteur Kabinett est l'un des plus anticipé du Basel, pour lequel les galeries préparent avec soin leurs expositions. Cette année, elles sont 30 à participer à Kabinett, et les projets vont de l'installation recréant un magasin de bonbons traditionnel des Balkans à la présentation Paintings in Time de Mike Kelley, une série que l'artiste décédé entama entre noël et le nouvel an 1994. La galerie Sperone Westwater a opté pour une collection de sculptures de Tom Sachs. Cet amoureux de la NASA basé à New York a tout représenté, du bloc de béton à la bouteille de javel en passant par les poupées Barbies, le tout dans un style toujours reconnaissable. Alors est-ce que le boombox du Basel sera le même utilisé dans le clip d'Endless de Frank Ocean ? D'après Sachs, sa collaboration avec la star du R&B n'en est qu'à ses débuts, donc tout est possible. Pour plus d'infos sur Kabinett, c'est par là.

L'artisanat fêté par Loewe : Le designer irlandais Jonathan Anderson n'a jamais caché son amour pour les arts visuels. Son espace Workshop - qui à ouvert cette année dans l'East End londonien - a accueilli plusieurs collaborations, présentations et conversations avec des artistes que le créateur trouve inspirants - les photographes Jamie Hawkesworth et Ian David Baker ou les céramistes Giles Round et Joanna Wason. En mars prochain, Anderson se fera curateur d'une exposition à la galerie Hepworth de Wakefield. Et ce 30 novembre, dans l'avant-poste de Loewe à Miami s'ouvrira une expo rassemblant le travail de William McKeown et de John Ward. L'artiste irlandais et le potier britannique évoluent dans des médiums totalement différents, mais tous deux mettent au centre de leur œuvre la célébration de l'artisanat - qu'il passe par l'aquarelle, la peinture à l'huile, les textiles ou la céramique. L'exposition se tiendra jusqu'en mars 2017.

La nuit de Madonna pour venir en aide au Malawi : Être une reine de la pop depuis les années 1980 n'empêche pas d'avoir un pied bien ancré dans l'art et un goût certain pour l'artistique (d'ailleurs, Madonna était très amie avec Keith Haring, et a fréquenté Basquiat pendant un temps). Le 2 décembre, elle organise une soirée de « musique, d'espièglerie et de perfomance live » dont les bénéfices iront à Raising Malawi, une ONG qui vient en aide aux enfants défavorisés. Une nuit qui promet déjà des guests de haut vol : Chris Rock, Ariana Grande, Sean penn ou James Corden en maître de cérémonie. Plus d'informations sur Raising Malawi ici.

La fête du PAMM avec Le Parc : Le Pérez Art Museum Miami a récemment été le premier musée américain à présenter le travail de Julio Le Parc. L'artiste argentin de 88 ans est considéré comme avant-gardiste dans son utilisation de la lumière et de l'espace. La rétrospective du PAMM contient 100 magnifiques œuvres sculpturales et s'annonce comme la toile de fond parfaite de la fête annuelle du musée qui se tient le 1er décembre et rassemblera Cashmere Cat, Jillionaire et Uncle Luke.

Les cadeaux des hôtels Super 8 : Un peu plus tôt cette année, la grande chaîne américaine d'hôtels annonçait sa décision de changer la décoration de ses intérieurs. À New York, Super 8 a missionné Amy Sedaris pour la curation d'une expo de tous les tableaux kitsch dont l'entreprise se délestait. Et le twist, c'est que les œuvres étaient offertes. L'actrice et artisane dévouée signait des certificats d'authenticité, posait pour des photos avec les heureux récipiendaires, et nommait elle-même les peintures. (La mienne - une délicate aquarelle d'un papillon venant caresser un bouquet de fleurs - vient d'un Super 8 de Fargo, dans le Dakota du Nord ; Amy l'a appelée « Night Dream ») Il reste encore à Super 8 des tas de peintures de chevaux sauvages ou de lacs idylliques à distribuer. Ce 1er décembre à Miami, la chaîne organisera un événement sur le mode « premiers arrivés, premiers servis ». Et même si Sedaris ne sera plus à la curation, on vous assure que ces 100 peintures partiront en un clin d'œil. Si vous n'avez pas prévu d'aller à Miami, consoler vous avec les conseils hot-dogs d'Amy.

Un opéra qui se passe au Kansas, avec Courtney Love : (Oui, vous avez bien lu). L'année dernière, les gros titres nous apprenaient que l'ex-frontwoman de Hole prenait part à un opéra new-yorkais, Kansas City Choir Boy. L'histoire d'un couple d'ado déchiré par La décision d'Athena (Courtney Love) de quitter sa petite ville du Midwest pour New York City. Le spectacle se joue pour la première fois à l'Adrienne Arsht Center for the Performing Arts de Miami ce 30 novembre, jusqu'au 11 décembre. Plus d'informations ici.

La réalité virtuelle collaborative d'Artsy et Soundcloud : Les deux plateformes innovantes font équipe pour présenter Collective Reality, un projet de réalité virtuelle immersive qui floute les frontières entre musique, art et perception. Ça se passe sur la plage, à l'Art Dome du Faena Hotel. Collective Reality incorpore des travaux spécifiques de Rachel Rossin, Jon Rafman et Jacolby Satterwhite, et un invité musical. L'an dernier, Satterwhite - un artiste basé à New York qui créé des univers virtuels via la sculpture, la performance et les dessins de sa mère - participait à la série Waves de PAMM et collaborait à l'occasion avec Trina et Total Freedom. Le guest musical de Collective Reality est encore gardé secret, mais on s'attend à un talent tout aussi captivant. L'événement se tient le 30 novembre.

Credits


Texte Emily Manning
Katharina Grosse, Untitled, 2012. Galerie König, Galerie nächst St. Stephan Rosemarie Schwarzwälder © Art Basel

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