7 titres pour (bad) tripper avec gaspar noé

On a sélectionné pour vous le meilleur de la bande-son de « Climax », le nouveau film de Gaspar Noé en salle aujourd'hui.

par i-D France
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19 Septembre 2018, 3:00pm

Les grands tubes ne meurent jamais, surtout lorsqu'ils ont bercé les années 1990. Mais ils ont encore plus de chance d'accéder à l'immortalité lorsqu'ils viennent se rappeler à nos oreilles trente ans après. Les moins fortunés se retrouvent associés pour toujours à une publicité, d'autres atteignent la postérité par le prisme - plus chic - du 7ème art. C'est probablement ce qui attend les morceaux au cœur de la bande-originale de Climax, le nouveau film de Gaspar Noé en salle aujourd'hui. « Je savais dès le départ que je voulais de la musique pendant toute la durée du film. Donc le tout premier truc, ça a été de négocier les droits pour les musiques, c'était impossible de faire un film sur la danse autrement ! » nous expliquait-il en mai dernier. Parmi ses premiers choix, il aura du faire l'impasse sur « I Feel Love » de Donna Summer, ses ayant-droits ne souhaitant pas que la chanteuse soit « associée à un film dans lequel il est question de drogues ». Dommage - mais le film aurait-il fait revivre aussi fort « Supernature » si « I Feel Love » avait été de la partie ? La réincarnation est un processus complexe et passionnant que personne - pas même Gaspar Noé - ne connaît tout à fait. Alors, avant de mourir, écoutez ces 7 titres tirés de la bande-son de Climax. Ils vous donneront peut-être envie de commencer une nouvelle vie - ou juste de reprendre un verre.

Supernature - Cerrone

Si votre mémoire ne rattachait pas encore « Supernature » à un souvenir hallucinogène, elle l’associera désormais à Climax. Symphonie de synthétiseurs sous acide, le morceau sonnait peut-être comme l’hymne du futur lors de sa sortie en 1977. Aujourd’hui, il a ce quelque chose de mélancolique qui le rend encore plus entêtant. Oscillation entre le bien, le mal, le rêve et la réalité, « Supernature » est la bande-son de cette soirée qu’on attend depuis une semaine et dont on redoute l’arrivée – pas parce qu’on en a peur, mais parce qu’on ne veut surtout pas l’imaginer terminée.

Solidit - Chris Carter

Si le nom de Chris Carter ne vous dit rien, celui de Throbbing Gristle ou de Chris & Cosey vous évoquera peut-être quelque chose. Si ce n’est toujours pas le cas, sachez qu’il s’agit de deux groupes pionniers de la musique industrielle, mélange d’expérimentation électronique et de revendications contestataires, auxquels Chris Carter a appartenu. Laissez-vous ramener en 1980, année de la parution de l’album The Space Between sur lequel figure le morceau « Solidit ». Et ne vous fiez pas à son titre : malgré son apparente solidité, le son de Chris Carter se désagrège pour atteindre tous les interstices auditifs possibles.

Dickmatized - Kiddy Smile

Imaginez votre pire cauchemar : vous vous réveillez un matin et à la place de la tête des gens, vous voyez des phallus – absolument partout, sur le visage de tout le monde, y compris sur celui de votre DRH. À ce mal, une seule explication : vous avez été « dickmatized », néologisme de Kiddy Smile que nous n’essayerons pas de traduire ici. « C’est un morceau sur les relations toxiques, celles auxquelles on devrait mettre fin. Mais le sexe est trop bon. » affirmait Kiddy. Si c’est la situation dans laquelle vous vous trouvez actuellement, soyez prévenus : il y a plus de chances que « Dickmatized » vous donne envie de replonger que de rompre le sort.

Voices - Neon

Cette pépite oubliée des années 1980 refait surface dans la bande-son de Climax, et à l’écouter attentivement, rien de vraiment surprenant à ce que le titre s’insère aussi bien dans l’univers de Noé. Hypnotique, sexy et entêtant, il nous plonge dans un tunnel sans fin, une sorte de voyage en train fantôme où l’excitation se mêle au danger. Bref, l’accompagnement parfait d’une soirée que vous voudriez voir déborder ou de la session lapdance de votre Sims préféré. Bonus culture générale : à en croire les commentaires qui accompagnent le titre YouTube, Voices a vraisemblablement été l'hymne d'une boîte belge prénommée le « Bocaccio ». Toujours bon à savoir.

Angie - The Rolling Stones

On ne saura jamais à qui s’adressait vraiment le cultissime morceau des Stones qu’on retrouve ici avec un étonnement heureux – celui qu'on a en découvrant un morceau d’orange juteuse au fond de sa sangria. S’agissait-il d’une déclaration de Keith Richards à sa compagne Anita Pallenberg ? Ou d’un témoignage d’amour de Bowie à sa femme Angela ? Moins guimauve qu’elle n’y paraît, la chanson a en réalité été écrite par Keith Richards en pleine désintox. Plus fatale qu’une femme, la véritable Angie est donc l’héroïne dont Richards tente désespérément de s’extraire, par tous les moyens.

Window Licker - Aphex Twin

Si on devait assigner un jumeau musical à Gaspar Noé, on choisirait sans doute Aphex Twin. S’il vous en faut un exemple, jetez un oeil au clip de Window Licker. Réalisé par Chris Cunningham, il résume à merveille la dualité du musicien. Soleil couchant, rues désertes, limo rutilante et mini-shorts moulants… Au départ, tout commence plutôt bien. La chorégraphie semble rodée et pourtant, un peu comme dans Climax, la réalité finit par basculer dans une dimension hypertrophiée. De bimbos, les filles deviennent toutes des créatures hyper flippantes, révélant le visage d'Aphex Twin himself. Juste ce qu'il faut pour envoyer le morceau dans des sphères étranges et dissonantes.

French Kiss - Lil Louis

Ça commence par une boucle disco à laquelle tout se superpose d'abord très proprement. Fermez plutôt les yeux : imaginez un dancefloor en damier multicolore, une foule qui se salue en levant son verre avant d'esquisser un timide déhanché. Et puis d'un seul coup, quelque chose déraille. Le Dj ? Les filles ? La sangria ? La chorégraphie bascule dans un enchaînement de fitness façon Véronique et Davina et se poursuit dans des vestiaires déserts, tandis que les vitres s'embuent et que la douche coule, brûlante. La suite ne se raconte pas, elle s’imagine à partir de 5 minutes et 27 secondes.

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