l'été, les cheveux longs et la mélancolie : c'était oxford en 1970

Le nouveau photobook de Paddy Summerfield, "The Oxford Pictures 1968-1978" capture les lendemains aigre-doux de la débauche étudiante, les baisers à l'aube et la solitude du passage à l'âge adulte.

par Alice Newell-Hanson
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28 Juillet 2016, 2:40pm

Oxford est un endroit magique, surtout lors des moments magiques. L'été, notamment. Mais entre la fin des années 1960 et le début des années 1970 - l'époque exacte des images de Paddy Summerfield - on atteint des sommets de romantisme. Fin de la classe, roulés boulés dans l'herbe et pilosité frivole : c'est le bonheur à l'état pur. 

Le projet de Summerfield n'était à l'origine absolument pas documentaire. The Oxford Pictures 1968 - 1978 n'est finalement constitué que d'une succession de clichés personnels.

Si Summerfield a grandi à Oxford, et qu'il y habite encore, il n'a jamais étudié à l'université. En 1968, il a 20 ans et vient d'être diplômé de la Guildford School of Art. "Je pense qu'on peut sentir que j'avais du chagrin à exprimer, raconte-t-il. Je pensais pouvoir réaliser une histoire assez personnelle de la vie étudiante - sans en faire vraiment partie. Dans la ville, les pubs et les cafés, c'était plein de fumée de cigarette, de conversations, de vie, mais j'ai choisi de photographier la tristesse et les étudiants mélancoliques, allongés dans l'herbe."

Il s'intéressait toujours aux étudiants à la limite du cadre - enlacés après le lever du soleil près d'un chapiteau, les derniers debout après un bal, subjugués par un livre, seul sur une pelouse, encore déguisés après une performance. Il fallait toujours saisir ce moment où ils n'étaient plus tout à fait eux-mêmes. Si le cadre est idyllique, les images restent traversées d'une certaine incertitude.

"Je voulais photographier le présent avec l'oeil du passé" raconte Summerfield alors tout juste exposé, comme jeune étudiant en art, aux travaux de Jacques Henri Lartigue ou d'Henri Cartier-Bresson. "Je voulais que mes images aient l'air de documenter leur monde, alors que je voyais les choses différemment.

Today, he says, Oxford has changed. "Undergraduates no longer wear gowns to lectures, so they become invisible. It's a different world now — the streets are full of tourists taking selfies." But, he adds, "maybe I just have a romantic idea of the past."

paddysummerfield.com

Credits


Texte : Alice Newell-Hanson
Photographie : Paddy Summerfield

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