Photography Tseng Kwong Chi

8 choses que vous ne saviez (peut-être) pas sur jean-michel basquiat

Alors que les carnets de notes de l’artiste sont exposés au Brooklyn Museum, nous avons chiné huit anecdotes que vous ne connaissiez probablement pas à son propos.

par Emily Manning
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02 Janvier 2017, 12:00pm

Photography Tseng Kwong Chi

Depuis ses débuts en tant que moitié de SAMO jusqu'à ses travaux en collaboration avec Andy Warhol, Basquiat a conservé des carnets de notes remplis de poèmes, de couronnes, de croquis squelettiques et d'observations teintées d'humour noir sur les problématiques raciales et sociétales. Le Brooklyn Museum a inauguré l'exposition Basquiat: The Unknown Notebooks, la première exposition majeure mettant en lumière plus de 160 pages des journaux personnels de l'artiste.

Jean-Michel Basquiat, Untitled Notebook Page, circa 1987. Wax crayon on ruled notebook paper, 95⁄8 x 75⁄8 in. (24.5 x 19.4 cm). Collection of Larry Warsh. Copyright © Estate of Jean-Michel Basquiat, all rights reserved. Licensed by Artestar, New York. Photo: Sarah DeSantis, Brooklyn Museum

Le Brooklyn Museum était l'un de ses lieux préférés : Depuis son plus jeune âge, Basquiat dessine sur des feuilles de papiers que son père comptable ramène de son bureau. Remarquant l'aptitude créative extraordinaire de son jeune fils, la mère de Basquiat, Matilde, emmene son fils aux différents musées de Manhattan et lui offre une carte de membre au Brooklyn Museum. Quelques années plus tard, quand Interview lui demande s'il est toujours attiré par ce type d'institutions, Basquiat répond, « Je pense que le Brooklyn Museum est mon préféré. »

Un accident survenu lors de son enfance a influencé tous ses travaux : A tout juste 8 ans, Basquiat s'est fait renverser par une voiture et a subi une ablation de la rate. Alors qu'il récupère de ses blessures, notamment un bras cassé, Matilde l'occupe non pas avec des histoires pour enfants ou des livres de coloriages, mais avec des livres d'anatomie. Le diagramme anatomique s'avèrera plus tard très important dans la production de certaines de ses œuvres d'art, tout particulièrement la série des Dutch Settlers.

Jean-Michel Basquiat, Untitled, 1986. Acrylic, collage, and oilstick on paper on canvas, 941⁄8 x 1362⁄5 in. (239 x 346.5 cm). Collection of Larry Warsh. Copyright © Estate of Jean-Michel Basquiat, all rights reserved. Licensed by Artestar, New York. Photo: Gavin Ashworth, Brooklyn Museum

Il a abandonné la scolarité classique au lycée : Entre son père Haïtien et sa mère Porto Ricaine, la maison de Basquiat était un foyer multiculturel. A l'âge de 11 ans, il parlait, lisait et écrivait l'anglais, l'espagnol et le français sans aucunes difficultés. Mais un désaccord entre ses parents et l'internement de sa mère ont eu raison de la scolarité du jeune artiste. En seconde, il abandonne le lycée Edward R. Murrow pour rejoindre la City As School, un lycée alternatif pour les marginaux créatifs (qui a notamment compté dans ses rangs Ad-Rock des Beastie Boys, Mekhi Phifer ou encore Ryder Ripps).

Il graffait dans le métro : Quand son père le vire de chez lui, Basquiat survit en vendant à la sauvette des sweatshirts et des cartes postales à l'effigie de ses travaux sur West Broadway. Mais le jeune artiste se fait remarquer lorsque les graffitis qu'il griffonne sous le nom de SAMO attirent l'attention des créateurs du centre-ville. Alors que beaucoup de ces « tags poétiques » étaient concentrés autour de la galerie de SoHo, Basquiat gribouillait de temps à autre sur les wagons du métro de New York en rentrant à Brooklyn. On ne serait pas surpris que certains trains de 1978 soient toujours en circulation, alors gardez bien les yeux ouverts si vous allez un jour à Prospect Park.

Il a eu quelques errances capillaires : Avant d'arborer ses fameuses dreads, Basquiat a eu des looks particuliers. Lors de sa première apparition chez Glenn O'Brien dans l'émission TV Party en 79, le jeune homme, alors âgé de 18 ans et encore méconnu, s'est présenté avec une coiffe vraiment étrange : décoloré, rasé sur le haut et presque jusqu'à la nuque - comme s'il avait une piste d'atterrissage au milieu du crâne. Basquiat et O'brien sont rapidement devenus amis, et l'artiste apparaissait régulièrement dans TV Party (heureusement avec des coupes bien plus maîtrisées)

Sa première expo a eu lieu dans un salon de massage : Alors que Basquiat a vraisemblablement commencé à peindre sur les trains du métro New-Yorkais, sa première exposition (légitime) était l'une des expo les plus révolutionnaires de la ville. Inaugurée en Juin 1980, le « DIY Times Square Show » avait lieu dans un salon de massage abandonné sur la « 41st Street » et la « Seventh Ave ». L'expo présentait entre autre Keith Haring, Jenny Holzer, Kenny Scharf et Kiki Smith.

Vous ne l'auriez probablement jamais croisé avec un iphone : Même si le téléphone n'était pas vraiment une nouvelle technologie au début des années 80, l'artiste n'était pas vraiment sensible à la pratique. En 83, il confiait à Interview préférait les télégrammes : « C'est cool. Tu ne sais jamais ce que ça peut-être. "Tu es engagé", "J'ai 2000 dollars pour toi", ça peut être n'importe quoi. Et vu que les gens dépensent plus d'argent avec les télégrammes, ils vont droit au but. » Mais il y avait selon lui un petit inconvénient à vouloir ne rien faire comme les autres : « Maintenant ça sonne à toutes les heures de la nuit. Alors je fais comme si je n'étais pas chez moi… »

Il aurait pu faire carrière dans la musique : Le lien de Basquiat avec le monde de la musique était bien plus fort que le simple fait de sortir avec Madonna. En 1979, il forme un groupe de rock « noise », Grey, avec les réalisateurs Shannon Dawson et Michael Holman, ainsi que l'acteur Vincent Gallo. Grey performe fréquemment dans certains des spots légendaires de la ville comme Max's Kansas City, le CBGC et le Mudd Club. En 1983, il a aussi produit un single de rap, Beat Bop, en featuring avec Rammellzee et K-Rob. Ah, il a aussi travaillé avec Bowie et est apparu sur le video clip de Blondie, Rapture.

Credits


Texte : Emily Manning
Photographie : Tseng Kwong Chi. Jean-Michel Basquiat in his Great Jones Street studio, New York, 1987. Chromogenic print, 50 x 50 in. (127 x 127 cm). Muna Tseng Dance Projects, New York & Eric Firestone Gallery, East Hampton, New York. © 1987 Muna Tseng Dance Projects, Inc. New York. www.tsengkwongchi.com