en angleterre, les mineurs n'auront bientôt plus accès au porno sur internet

Les internautes seront contraints de prouver leur âge avant d’accéder à des sites pornographiques.

par Andrea Nkom
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19 Avril 2019, 9:02am

Image tirée du film The Girlfriend Experience de Steven Soderbergh 

Au cas où la possibilité d’un Brexit sans accord à Halloween ne serait pas assez effrayante pour les ados britanniques, les voici confrontés à une nouvelle date butoir – bien plus proche, et possiblement plus angoissante encore. Mercredi 17 avril, Margot James, la secrétaire d’État au numérique britannique, a annoncé la mise en place d’un contrôle systématique et « rigoureux » de l’âge avant d’accéder aux sites pornographiques. L’entrée en vigueur de cette mesure est prévue pour le 15 juillet 2019.

La ministre affirme que « différents dispositifs seront mis en place pour vérifier l’âge des utilisateurs, afin de s’assurer qu’ils au moins 18 ans. Il ne s’agira pas seulement d’entrer une date de naissance ou de cocher une case. » Parmi les modes de contrôles possibles, on trouve la vérification basée sur des documents d'identité, l’achat d’un pass donnant accès aux sites en question en magasin, permettant ainsi au vendeur de contrôler l’âge de l’acheteur, ou l’entrée de données personnelles sur un site de vérification. C’est ce dernier mode de contrôle en particulier qui a alarmé les militants pour les droits numériques au Royaume-Uni tel que l’Open Rights Group. « Une fuite de données pourrait être désastreuse », s’inquiète Jim Killock, directeur de l’association.

Officiellement, l’intention d’une telle loi est de protéger les mineurs d’images choquantes, mais on peut en réalité l’inscrire dans un contexte plus large de répression du contenu à caractère sexuel sur internet ces dernières années. À ce titre, le gouvernement britannique n’en n’est d’ailleurs pas à son coup d’essai. En 2014, il a cru bon de légiférer sur les pratiques autorisées dans les productions pornographiques nationales, interdisant ainsi des actes aussi « extrêmes » que l’éjaculation féminine ou la fessée. On peut également citer les politiques d’utilisation extrêmement décriées d’Instagram ou de Tumblr, qui bannissent le contexte jugé « not safe for work », portant ainsi directement atteinte à la liberté d’expression sur internet.

L’un des grands défis qu’internet rencontre actuellement réside dans le fait de concilier la protection des publics influençables, le respect de la vie privée, mais aussi la liberté et la liberté d’expression dans l’espace virtuel. Or, jusqu’ici, on peut aussi constater que la répression se limite principalement au contenu à caractère sexuel et protège, en soi, assez peu les mineurs des images de violence. Deux poids, deux mesures ?

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