Blondey McCoy porte un manteau Burberry Car photographié par Alasdair McLellan, Courtesy of Burberry Alasdair McLellan

« here we are », la nouvelle expo mode et photo sur l'art de vivre à l'anglaise

Après Londres et Hong Kong, l'exposition itinérante de Burberry s'installe à Paris dans les anciens locaux du journal Libération. À découvrir jusqu'au 5 février.

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janv. 26 2018, 3:41pm

Blondey McCoy porte un manteau Burberry Car photographié par Alasdair McLellan, Courtesy of Burberry Alasdair McLellan

Comment saisir ce qui fait peuple ? À l'heure où les territoires s'éclatent et les identités se recomposent, est-il au moins encore possible de les fixer, de les contenir ? Comment immortaliser l'immense héritage qui fait d'un pays ce qu'il est ? Dans une nouvelle exposition intitulée « Here we are », la maison de mode britannique Burberry met à l'honneur le « savoir vivre à l'anglaise » et propose de (re)découvrir les merveilleux clichés de plus de trente photographes-documentaristes de l'Angleterre d'après-guerre qui ont participé à établir une histoire collective juste et plurielle. L’occasion pour la maison de dévoiler au sein des anciens locaux (sublimes) du journal Libération, les œuvres qui ont inspiré le président et directeur général de la création de la maison, Christopher Bailey pour sa collection automne/hiver 2017. « Lorsque nous avons commencé à penser au développement de Here We Are”, je savais que je voulais célébrer une certaine partie de la photographie britannique que j’ai toujours adorée – celle qui rend hommage aux nombreux clans et classes qui font cette île qui est la nôtre, explique Christopher Bailey . C’est l’esprit de ces photographies – parfois ironiques, parfois tendres, toujours honnêtes – qui ont guidé notre collection de septembre. »

Curatée par Christopher Bailey himself, Lucy Kumara Moore et le photographe britannique Alastair McLellan, l'exposition présente les clichés d'artistes comme Janette Beckman, Jane Bown, Brian Griffin, Dafydd Jones, Karen Knorr, Martin Parr, Charlie Phillips, Andy Sewell ou encore Jo Spence. « Nous sommes partis d'un groupe d'oeuvres rassemblées par Christopher Bailey et l'avons élargi pour rendre compte d'un maximum de perspectives sur l'identité britannique. Nous avons mis un point d'honneur à intégrer des photographes afro-américains tels que Armet Francis or Charlie Phillips » explique Lucy Moore sur place. Car s'il est question de collectif et d'expériences communes, le trio de curateurs entend bien souligner la pluralité de ce que signifie « être anglais ». Une essence qui se trouve autant dans les cérémonies militaires, les grandes célébrations nationales ou les mouvements punks et Ted capturés par les photographes exposés. Un esprit complexe et sulfureux que l'on retrouve également dans la collaboration menée avec le créateur Gosha Rubchinskiy, présentée dans l'exposition et accompagnée de projections photographiques réalisés par ses soins.

Ce qui frappe, lorsque l’on se perd entre les murs de l’exposition, c’est de constater le pouvoir de la mode. De saisir l’ampleur du travail d’exploration social de l’esthétisme de Bailey. La façon dont il a su s’inspirer des sociotypes anglais pour assoir son style, mais aussi la façon dont la mode s’est imposée comme l'élément liant ou déliant de toutes ces appartenances multiples, culturelles, contre-culturelles, ces variantes de classes qui fondent la société anglaise. Entre les ensembles aux lignes militaires, les trenchs en plastique et les tartans déclinés à l’infini qui composent la dernière collection Burberry, on lit une histoire anglaise plurielle mais entière. « Le sujet, finalement, ce sont les expériences partagées par tous ceux qui vivent en Angleterre. Pendant que je travaillais sur la mise en scène de l’exposition, j’avais en tête un grand livre de Dan Fox, Pretentiousness : Why It Matters. Il parle du fait de s’habiller, se déguiser. Il a souvent été jugé prétentieux, mais ce dont il parlait, c’était bel et bien de se fondre dans d’autres identités. Il a pensé sa relation à la classe, et comment en s’habillant on peut distinguer ou incarner des identités, » commente Lucy Moore. Alors si l’envie vous en prend de vous fondre dans l’identité anglaise, ou simplement d’en comprendre les couleurs et les images, vous savez ce qu’il vous reste à faire.

Charlie Phillips, Notting Hill Couple, 1967
Ken Russell, In Your Dreams, January 1955
Portrait by Alasdair McLellan for Burberry, September 2017

« Here we are » Paris Ouvert à tous et gratuit de 11h-20h tous les jours du 26 janvier au 4 février 11 rue Béranger – 75003 Paris.