vous pensez qu'être styliste est un métier facile ? allez faire un tour sur @stressedstylist

Le compte Instagram qui revient sur les difficultés du métier avec des mèmes savoureux.

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12 Janvier 2018, 10:41am

Image via Instagram

À en croire la rumeur, il n’y aurait rien de plus simple que d’être styliste. Le travail se résumerait à – alternativement – acquiescer d’un air inspiré, émettre des grognements, griffonner sur son bloc-notes, côtoyer des mannequins et boire des matcha latte. Un métier aussi glamour qu’une paire de lunettes de soleil un jour de grisaille, aussi fantastique que l’oversize pour se remettre des fêtes de fin d’année : de la fashion avec un grand F. La réalité est pourtant tout autre. Elle se mesure en courriers perdus, en pièces manquantes, en centaines de milliers d’euros envoyés à des centaines de milliers de kilomètres, en dizaines de valises à monter au 5 ème étage d’un immeuble sans ascenseur, en taches de déodorant diverses et variées (mais est-ce bien du déodorant ?), en grands moments de solitude où l’on finit par s’enfermer dans un placard jusqu’à une heure du matin pour ne retourner son shopping que le lendemain. Bien sûr, une fois le sommet atteint, une armée de followers Instagram hurlera au génie, un Kilimandjaro de cadeaux de presse s’entassera dans votre bureau et une myriade d’assistants silencieusement dévoués se chargeront de toutes les tâches les plus ingrates. Mais la route est longue, compétitive, sous-payée et semée d’embûches pour y arriver. Alors quand c’est dur, que reste-t-il ? Il reste les mèmes.

Tapez donc @stressedstylist, notre compte mode préféré car 100% d'histoires vraies. « J’adore les mèmes (qui n’aime pas ça), affirme la créatrice anonyme du compte, mais j’ai remarqué qu’il y avait peu de comptes Instagram spécifiquement dédiés au monde de la mode ou au stylisme dans lesquels je me retrouvais vraiment. » Donc – comme tout bon entrepreneur et/ou créateur de mèmes – après avoir constaté ce vide, elle s’est attelée à le remplir. « Je reçois beaucoup de messages de stylistes me disant que mes mèmes décrivent parfaitement leurs vies, explique-t-elle. Ils partagent beaucoup mes posts en taguant les personnes avec lesquelles ils travaillent. Je suis même suivie par des fashion editors dont j’admire le travail, comme Jane How ou Julia Sarr-Jamois ! »

Alors, que contient la vie d’un stagiaire mode, d’un assistant, d’un editor et de tous ceux qui s’en rapprochent ? Pour une fois, la vérité ne sort pas de la bouche des enfants mais de celle de @stressedstylist.

« Parfois, j’ai l’impression que le rôle du styliste est totalement méconnu en dehors de l’industrie. Même quand tu prends le temps d’expliquer ton boulot, il n’y a que très peu de gens qui le comprennent réellement. La plupart confondent le styliste avec le designer ou le photographe. Je pense que mes parents ne savent toujours pas ce que je fais. »

« Les marques nous demandent de plus en plus des total looks, et c’est très frustrant. Ça tue dans l’œuf notre créativité. Littéralement, le job d’un styliste est de créer un look inspiré d’un certain thème, voire d’une humeur. Mais un total look a déjà été pensé et créé par quelqu’un, et très souvent, il est impossible de l’adapter à quoi que ce soit… alors on finit par leur tourner le dos, à contrecœur. »

« Sérieusement, on pose beaucoup trop cette question aux stylistes. Vous attendez quoi, comme réponse ? Si j’ai bien appris quelque chose dans la mode, c’est qu’il n’existe pas de « bon goût » universel. Ce qui te semble génial et super beau peut très bien me paraître horrible, et vice versa. Porte ce que tu veux. Si tu es heureux, je le suis aussi ! »

« On bosse toujours sur des collections environ 6 mois avant qu’elles ne soient disponibles en magasins. Du coup, on shoot le printemps pendant l’hiver. La plupart des marques et boutiques n’ont pas suffisamment de budget pour envoyer une équipe entière dans un coin chaud de la planète. Alors il faut se débrouiller avec le froid (parfois glacial) de ta ville. »

« Il n’y a pas d’horaires fixes pour les shoots de mode… on finit quand on finit, et peu importe qu’il soit 23 heures. »