Baby Keem porte une veste et pantalon Dickies. T-shirt Margaret Howell. Kendrick porte une veste Y/PROJECT x Canada Goose. Pantalon Wrangler. Hoodie and bonnet Carhartt WIP. T-shirt Ben Davis.

Kendrick Lamar discute avec Baby Keem

Pour le numéro anniversaire des quarante ans de i-D, l’iconique Kendrick Lamar interviewe son protégé de vingt ans, Baby Keem.

par i-D Staff
|
26 Octobre 2020, 11:19am

Baby Keem porte une veste et pantalon Dickies. T-shirt Margaret Howell. Kendrick porte une veste Y/PROJECT x Canada Goose. Pantalon Wrangler. Hoodie and bonnet Carhartt WIP. T-shirt Ben Davis.

L’interview de Baby Keem par Kendrick a été initialement publiée dans le numéro anniversaire des quarante ans de i-D, n°361, Hiver 2020. Commandez votre exemplaire ici.

Le 6 juin 2020, Jour 9 des manifestations qui ont suivies la meurtre de George Floyd, des centaines de personnes se sont rassemblées à Washington, sur la nouvellement renommée Place Black Lives Matter pour protester assez fort et faire en sorte que la maison blanche entende. Très vite, la foule était en train de chanter et leur cri unifié s’est transformé en « Alright » de Kendrick Lamar.

Ce n’est pas la première fois qu’une foule manifestant contre les injustices liées au racisme se rassemble autour des paroles « We gon’ be alright ». L’un des tubes de To Pimp a Butterfly, le troisième album de Kendrick applaudi par la critique, a été chanté à l’unisson pendant une manifestation contre les violences policières à la Cleveland State University quelques mois après sa sortie en 2015. Mais beaucoup de choses ont changé depuis. Avec 2017 et la sortie de son quatrième album, DAMN, qui a gagné le Prix Pulitzer, les États-Unis sont entrés dans une nouvelle sinistre ère. En ce moment, quelques jours avant l’élection cruciale qui semble sceller le destin du pays, sa musique semble plus urgente que jamais, et le monde attend avec impatience un nouvel album de sa part, pour marquer les dernières années de la vie aux États-Unis sous la présidence de Donald Trump.

Mais au-delà de sa propre musique, Kendrick a récemment trouvé un protégé de vingt ans, Baby Keem. Après quelques années passées à travailler dans l’industrie de la musique et deux mix-tapes à succès, Keem émerge discrètement comme l’un des artistes les plus excitants du moment. Orange Soda, à tomber par terre, est entré dans les charts six mois après sa sortie, et a déjà été classé platinium. Dans cette interview, l’un des artistes le plus respecté de sa génération discute avec l’un des nouveaux rappeurs le plus passionnant au monde…

Kendrick : Comment as-tu découvert ton amour pour la musique ?
Keem : J’ai toujours aimé la musique en grandissant mais je ne cherchai pas tellement de musique par moi-même avant mes neuf ou dix ans, quand j’ai eu un ordinateur et que ça commençait à être facile d’avoir accès à internet. Ça c’était en 2009/2010. Kanye, Wayne, Eminem, je souviens que j’aimais bien Rihanna.

Bitch, j’étais déjà connu aussi ! (Rires)
Je ne t’ai pas découvert avant la fin 2010. Je ne savais pas que je voulais faire de la musique avant d’avoir treize ans, mais c’était pas genre « Ah, j’ai compris ». Je savais juste que je voulais essayer parce que tout le monde essayait. Tout mon truc c’était d’attendre que ma voix  devienne un peu plus grave, j’étais encore un gamin.

Alors, c’était quoi le processus ? T’as installé ton propre micro, ton propre set-up ?
Quand j’ai vraiment commencé, j’avais treize ans et j’avais ce truc de studio Apple sur mon ordi. J’avais emprunté 300$ à ma grand-mère et j’avais acheté des trucs sur Craigslist. Je devais avoir quinze ans à ce moment-là. J’ai trouvé un micro pour 50$, c’était de la merde mais ça marchait. Donc j’ai juste commencé à apprendre comme ça. Je me suis débrouillé pour que ça marche.

Kendrick Lamar and Baby Keem sitting in a stairwell – shot by Glen Luchford for i-D magazine 2020
Baby Keem porte une veste et pantalon Dickies. T-shirt Margaret Howell. Chaussettes Falke. Boots Timberland. Kendrick porte une veste et un pantalon Wrangler. Hoodie and bonnet Carhartt WIP. T-shirt Ben Davis. Chaussures Converse.

Ce qui me marque c’est que tu as commencé à treize ans, tu vois ce que je veux dire ? Moi j’ai commencé à enregistrer à seize. Tu as fait encore mieux. Mais le fait que tu te sois débrouillé à cet âge là, c’est déjà un avantage que certains des mecs plus âgés n’ont pas, la première fois qu’ils se retrouvent en studio ils ont la vingtaine. Et ils doivent rattraper le retard.
J’étais dans ma chambre pendant tellement longtemps avec un set up à l’arrache. J’apprenais ce que c’étaient les micros que j’aimais bien et maintenant je dois apprendre à ne plus être têtu sur cette question. Si je l’ai essayé quand ma voix était différente il y a un an, je dois l’essayer maintenant. Je suis clairement en évolution. Des projets comme Die for my Bitch ont officiellement solidifié ma chambre selon moi, parce que évidemment ma chambre c’est ma chambre, mais pour quelque d’autre ça ressemble à un studio, tu vois ?

C’est ça qui lui a donné ce son quoi. Je vais te dire maintenant, ça va être dur de retrouver ce feeling. Tu peux t’en rapprocher autant que possible, mais ce feeling d’être dans ta propre chambre, dans ton tiéquar, il fait putain de chaud, 40 degré dehors. C’est ta mission de faire que ça marche. Donc quand tu avais treize ans, quatorze ans, ça a connecté.
J’apprenais encore ce que j’aimais à l’époque, j’essayais de comprendre. Même si les gens ont eu l’impression que ça c’est fait en une nuit.

Je vois comment de l’extérieur, on a l’impression que ça s’est passé en une nuit. Je me souviens quand j’ai sorti mon premier album, les gens pensaient que ça c'était passé en une nuit, mais c’était des années de travail à fond pour y arriver. Et ce dévouement compte mec, c’est ça qui est feu. Quand j’ai d’abord entendu ta musique et quand je l’entend maintenant, j’entends un jeune nigga qui veut pas s’excuser, la faim d’un jeune nigga qui cherche à s’amuser, la même manière dont on cherchait à s’amuser quand on avait dix-neuf ans. Comment parlerais-tu de ta croissance entre Die for my Bitch et maintenant ?
Die for my Bitch c’était une percée, ça m’a vraiment donné une chance de jouer avec mes sons et ouvrir la voie pour gagner en confiance.

Je comprends, c’est ça qui fait que je prends beaucoup de temps à faire des albums (rires). J’ai passé l’année entière à réfléchir, comment faire un nouveau son, je peux pas faire la même chose à l’infini. J’ai besoin de quelque chose qui m’excite. Je vois que tu es frustré parfois parce que tu veux des nouveaux trucs.
Parce que les gens ne savent pas que tu fais des nouveaux trucs jusqu’à ce que tu sortes les nouveaux trucs. Et si tu peux pas faire les nouveaux trucs, ils ne vont pas savoir que tu bosses à ces nouveaux trucs, et ils vont continuer de demander les vieux trucs, mais maintenant je pense que tout le monde sait que je bosse à des nouveaux trucs.

Kendrick Lamar and Baby Keem on a bike – shot by Glen Luchford for i-D magazine 2020
Baby Keem porte une chemise Rick Owens. Pantalon Carharrt WIP. Chaussettes et chaussures Converse. Kendrick porte une veste vintage. Pantalon Carhartt WIP. Bonnet personnel. Chaussures Converse.

Toute la question est de trouver l’équilibre. Je me souviens du sophomore jinx de Good Kid M.A.A.D City, c’était pour cette année, et pour cette époque. Je savais dès le début que je pouvais pas faire Good Kid M.A.A.D City Part Two. Le moment où je vais faire ça, c’est too much bro. Ça enlèverait le feeling du premier. J’ai besoin que ce muthfucka existe dans son propre monde. Et puis bam, To Pimp a Butterfly. Il y a des gens qui aiment cet album à mourir, et d’autres qui le détestent.
Est-ce que tu veux te surprendre avec chaque nouveau projet ?

Je crois que c’est ça. To Pimp a Butterfly, ça a fait ça pour moi. J’avais une vague idée du son que je voulais, du jazz, du blues, du hip-hop. Mais la question c’était plus, « comment je vais exécuter ça » ? Tu penses que tu vas arriver à un point ou tu voudras plus creuser ta propre histoire ?
Ouais, mais de ma propre manière. Je veux rien faire de commun. Si c’est organique et que je veux en faire un album, je le ferai, mais pas pour ce disque. Je peux pas le forcer. Parce que les fans savent quand on force. J’ai appris ça il y a longtemps déjà.

Mais tu as une histoire intéressante. Je pense que beaucoup de gens peuvent s’identifier. Il n’y a pas de pression quand tu arrives à ce moment, mais quand tu y es, ça va te faire comme une thérapie parce que tu sauras combien de personnes tu touches. Parce qu’avec tout ce qui se passe, tu n’as pas encore eu l’expérience d’un fan qui marche vers toi pour te dire « tu m’as empêché de me tuer ». Ça peut être épuisant émotionnellement, mais c’est aussi une récompense, ça fait partie du jeu. Tu représente une voix pour beaucoup de jeunes gens, et des moins jeunes aussi.
Je pense que de faire cette mini tournée, ça m’a beaucoup aidé l’année dernière. On est parti en tournée avant que tout ne commence, et on s’est rendu compte de tous les gens pour qui la musique c’était vraiment important. C’était ouf de voir ça et de le ramener à la maison. Je suis tellement reconnaissant d’avoir eu cette expérience, parce que sans ça, je ne sais pas où je serai maintenant. Tu étais censé être dehors, j'étais censé être dehors. Maintenant, j’ai eu un an pour m’assoir et juste réfléchir à la prochaine expérience. Je trouve que mon truc maintenant, c’est d’être détaché de toutes les choses négatives, et de m’attacher qu’au positif, m’attacher seulement à ce que je devrai ressentir. Genre, parfois je me détache de beaucoup de choses qui m’ennuient parce que je sens que j’ai pas envie de dealer avec ça.

C’est une question de prise de conscience. Notre ego nous travaille comme il l’entend, tu dois laisser ce muthfucka être sa propre personne. C’est l’ego, tu dois en avoir conscience, et savoir comment l’utiliser de manière positive. Si on revient sur ton déménagement à Los Angeles, je t’ai vu passé de maison en maison. Sans argent. Maintenant tu peux t’occuper de toi-même financièrement, tu es indépendant. Qu’est ce que c’était de passer de Las Vegas à Los Angeles et comment tu voyais l’argent à ce moment là ? Comment tu vois l’argent maintenant ?
Je connais beaucoup de gens à Vegas qui disent qui se passe rien. Je l’ai surement déjà dit. J’ai grandi principalement avec ma grand-mère. C’était juste elle et moi. Il n’y a aucun filtre dans ma famille, alors on grandit vite. Tu sais des choses que tu es pas censé savoir, tu vois des choses que tu es pas censé voir. J’ai grandi avec elle, et j’étais un peu son meilleur ami. J’étais un gamin, donc tout le stress financier qu’elle avait je le ressentais aussi, même si c’était pas intentionnel. J’étais protecteur envers ma grand-mère. Quand je suis venu à L.A., je suis venu pour travailler. J’ai quitté Vegas pour L.A. et j’y reviendrai pas. L’argent c’est un confort, une stabilité.

Je me souviens quand tout a changé, quand ma grand-mère est décédée. J’avais treize ans, c’était difficile d’organiser l’enterrement et tout ça. Prendre des choses d’ici, prendre des choses de là, et heureusement Compton Mortuary nous a fait un deal pour emmener son corps de Vegas à Compton. J’entendais ma mère pleurer, elle essayait de gérer toute cette merde toute seule, et je me souviens je me disais « Man, je ne veux jamais qu’elle vive ça à nouveau ». Je vois l’argent comme une ressource, pour que ma famille ait les ressources nécessaires et pour m’éduquer aussi. Mais si on revient sur ton déménagement, venir ici, tu t’es toujours dit « Yo, je suis né à L.A., j’en partirai jamais » ?
Ouais, comme si j’allais partir. Mais je savais pas encore avant de venir. Je pensais que j’allais aller à l’école, mais j’avais pas les notes. J’avais déjà abandonné mentalement.

Kendrick Lamar and Baby Keem in the street – shot by Glen Luchford for i-D magazine 2020
Baby Keem porte une chemise Rick Owens. Pantalon Carharrt WIP. Chaussettes et chaussures Converse. Kendrick porte une veste vintage. Pantalon Carhartt WIP. Bonnet personnel. Chaussures Converse.

Mais ça c’est toute une autre histoire. Ta tante m’appelait pour me demander ce qui se passait. Ce nigga manque pleins de jours d’école ! Des lettres arrivaient à la maison. Et J’étais genre « Ah merde, ce nigga est venu ici ». Nigga, j’avais l’impression d’être responsable ! Tu avais tellement de talent, mais il fallait que tu aies ton diplôme. Il fallait donc trouver le bon entre-deux, mais tout s’est arrangé. Je pense que c’est l’une des choses que moi et Dave Free on respecte vraiment à ton sujet, ta détermination, ton drive. Tu me rappelles comment j’étais à l’époque… Je veux parler du genre de trucs que tu aimes faire. T’es pas très social, t’aimes pas trop Instagram. Et j’imagine que tes fans veulent savoir ce qui te plait, à quoi ressemble une journée pour Keem ?
Twitter c’est juste des niggas qui hate sans aucune raison, et c’est trop chiant cette merde. Oh ouais, une journée pour Keem. Alors je me lève, je vais au studio, et si j’ai encore du temps après avoir terminé, je vais me faire un game avec quelqu’un. Et le lendemain la même sauf si je suis spontané et que je me pointe quelque part pour un petit moment. Mais j’aime pas sortir tout le temps, tu peux pas me voir tout le temps.

Je m’en rend bien compte, tu passes beaucoup de temps au studio. Je dirai, de ce que je vois, tu passes la majorité de ton temps à créer. En fait, remontons le temps. Ce nigga… Attends laisse moi le dire d’abord. T’as une chanson, qui va surement faire partie de ton prochain projet, et c’est probablement l’une de mes chansons préférées que tu as faite. Je suis tout le temps en train de la jouer et je me dis « Putain, c’est de la bonne ! Qui a fait la production sur ce motherfucker ? Et ce nigga qui me dit ‘bro, c’est ton beat’. Je vais sur mon drive, et je check la liste de mes beats pour DJ Dahi et il y en a un avec une marque. Et donc je check parce que j’ai pas l’habitude de faire des marques et c’était rouge.
Mais c’était rouge putain, je m’en souviens tellement bien, c’est moi qui l’ai marqué rouge. (Rires)

Et je check, et c’est exactement le beat que j’aime. Mais pendant un instant, j’ai vraiment cru que tu avais l’oreille.
Ouais, moi j’ai checké tous les beats.

C’était mon beat préféré, je l’avais juste oublié parce que c’était un beat qu’on était censé utiliser sur DAMN, mais on l’a jamais fait. C’était dans mon top 5 des beats de DJ Dahi. Mais le fait que tu te sois accroché à ce beat, et que tu en as fait quelque chose que j’aurai jamais fait, tu as fait une chanson bien mieux que tout ce que j’aurai pu faire. Et c’est pour ça que je me suis dit, ok, ce mec est un vrai.
Quand j’ai piqué ce son, je crois que j’avais plus ou moins terminé Die for my Bitch. Et je travaillais sur le prochain projet qui va bientôt sortir. J’ai piqué un beat qui était tellement en avance sur son temps pour moi, ça m’a ouvert les yeux vers un autre monde. Après ça, j’ai commencé à travailler sur Die for my Bitch à nouveau. Quand j’ai fait la chanson, je me suis dit, ouais ce truc est bon. Je me souviens que des niggas me contactaient en me disant ‘c’est peut-être ton meilleur son’. C’était ouf d’entendre ça. Cette chanson m’a encouragé à essayer des trucs expérimentaux sur Die for me Bitch.

Tu vois, les trucs se passent pour raison. Je suis pas fâché. Du moment que ce muthfucka tombe sur quelque chose. Bon, je vais commencer à poser les dernières questions, quelles sont tes ambitions sonores ?
Je veux refléter mes sentiments plus dans la musique, avec les accords que j’adore, parce que j’ai pas trop de chansons avec des accords que je sens trop, que j’aime. Je sens que les trucs avec lesquels j’ai expérimenté peuvent raconter leur propre histoire maintenant.

Je pense que tu es au meilleur endroit pour construire vers le haut parce que tu as une oreille différente de la majorité des individus qui font de la musique.
C’est sans limite. On peut toujours s’amuser. Essayer des nouveaux trucs, rater, ou au contraire réussir.

C’est une bonne chose d’avoir des gens qui comprennent ton langage créatif. Je reviens toujours à la notion de langage, et c’est comme ça qu’on a carrément fait cette entreprise. Tu dois être capable de partager et d’expérimenter le même langage, d’apprendre un autre langage. Du côté de la musique, tu as été sur les devants du pgLang. Quelle est ton opinion personnelle sur ce que cette entreprise représente maintenant que tu fais partie de l’histoire ?
J’avais vu le pgLang avant, avant même que ce soit une idée qui se réalise. C’est juste croire en quelque chose, et même quand tu sais pas comment ça va être créé, et ça commence juste comme une petite idée. J’y crois, et je m’y suis accroché et maintenant tout se réalise. Donc j’ai vu de l’étape d’idée à maintenant. Pour moi, pgLang représente la loyauté, la confiance.

i_D_361_COVER_01_Kendrick_KEEM_GL_HR_300DPI (1).jpg
Baby Keem porte une veste et un pantalon Dickies. T-shirt Margaret Howell. Chaussettes Falke. Boots Timberland. Kendrick porte une veste Y/PROJECT x Canada Goose. Pantalon Wrangler. Hoodie and bonnet Carhartt WIP. T-shirt Ben Davis.

Crédits


Photography Glen Luchford
Fashion director Carlos Nazario

Styling (Kendrick) Dianne Garcia
Styling (Baby Keem) Taylor McNeil
Grooming (Kendrick Lamar and skin for Baby Keem) Tasha Reiko Brown using Chanel.
Grooming (Baby Keem) Shafic Tayara using GETFBN.
Lighting director Jack Webb.
Photography assistance Alex de la Hidalga and Alekzandra Zagozda.
Digital technician Paul Carter.
Styling assistance Raymond Gee, Kristin Brodsky and Claire Tang.
Tailor Susie Kourinian.
Producer Suzy Kang.
Casting Samuel Ellis Scheinman for DMCASTING.

Tagged:
Magazine
Kendrick Lamar
Musique