Après Benedetta, voici sept autres films français un peu étranges sur le sexe

Le thriller avec Virginie Efira vous a laissé sur votre faim ? Jetez un coup d'œil à ces films underground eux aussi un peu dérangés.

par Steph Green
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28 Avril 2022, 2:52pm

Les Français sont connus pour beaucoup de choses : une nonchalance teintée de nicotine, la gastronomie et si Gal Gadot racontait cette histoire : "assez de vin… pour remplir la Seine !". Les interactions délicates autour du sexisme, du sexe et de la séduction sont ancrées dans la culture française, il n'est donc pas surprenant que le cinéma français n'ait jamais eu peur d’aller un peu loin quand il s'agit de sexe.

L'idée selon laquelle les films français sont prétentieux cache souvent une approche radicale du sexe, qui est souvent très éloignée du puritanisme de nos homologues britanniques ou américains. Il suffit de jeter un coup d'œil à leurs dernières productions, du film d'horreur cyberpunk Titane au dernier film de Paul Verhoeven, Benedetta. Les Français proposent d'innombrables sous-genres cinématographiques qui illustrent bien cet esprit de transgression et de tabou entre body horror, avant-garde, neo-noir, ou erotica.

Pour s’y retrouver au sein de toutes ces options, nous avons réduit l'obscène et le macabre au sein d’une liste de sept classiques français bien choisis.

1. Maîtresse (1975)

Dans Maîtresse, Gérard Depardieu (le daddy incontesté du cinéma français) tient l'un de ses premiers rôles principaux avec Olivier, un cambrioleur costaud qui s'introduit sans le vouloir dans le donjon sexuel de la dominatrice Ariane (Bulle Ogier). Ce sont des choses qui arrivent. Alors que les deux personnages deviennent amants, c'est la masculinité toxique d'Olivier qui est la plus répugnante pour le spectateur (y compris les scènes torrides avec Ariane et ses subordonnés).

Dans des costumes de dominatrice conçus par Karl Lagerfeld, corsets et combinaisons en cuir, satin et paillettes, Bulle nous offre quelques-uns des looks les plus emblématiques du cinéma français. Si, de nos jours, nous sommes moins choqués par le BDSM qu'en 1975, il y a toujours des moments transgressifs pour les spectateurs modernes, qu'il s'agisse de l'abattage d'animaux, de jeux de pisse ou d'une scène (non simulée) où Ariane cloue le scrotum de quelqu'un à un morceau de bois. Sans surprise, les censeurs britanniques pudibonds ont refusé de faire passer la version non coupée pour le public jusqu'en 2003. Heureusement que nous vivons en 2022 !

2. Fascination (1979)

Une secte de vampires avides de sang dans la France de la Belle Époque, attirant des hommes peu chanceux dans un château pour les tourmenter par séduction ? Ne nous menacez pas de passer un bon moment ! Jean Rollin - qui a réalisé de nombreux films pour adultes au cours de sa carrière - était réputé pour ses films d'horreur érotiques du genre fantastique, et celui-ci est l'un des plus appréciés.

Le film a également permis à l'actrice pour adultes Brigitte Lahaie d'obtenir un premier rôle grand public ; son déchaînement meurtrier à l'aide d'une faux est l'une des scènes les plus mémorables de Fascination. Avec son côté low-budget et sa franchise à l'égard du sexe et de la nudité, c'est véritablement un film unique en son genre.


3. Pola X (1999)

Avant que Leos Carax ne rende service au public en sortant Annette et en nous offrant ainsi la scène de cunnilingus en chanson d'Adam Driver, il a écrit et réalisé ce bijou troublant. Il s'agit d'une histoire sur le malaise psychosexuel qui se cache dans les recoins les plus sombres de l'esprit : nous suivons le protagoniste Pierre (Guillaume Depardieu) qui rencontre dans la forêt une silhouette effrayante qui prétend être sa sœur, et qui raconte ensuite leur séjour nomade à Paris, marqué par la pauvreté, l'inceste et un éventuel meurtre.

4. Baise-Moi (2000)

Le public est généralement assez divisé sur le film Baise-Moi. On y voit deux femmes, une actrice pour adultes et une travailleuse du sexe, qui en ont de plus en plus assez des hommes et qui choisissent plutôt de "laisser se déchirer le côté fils de pute de notre âme". Alors qu'elles s'embarquent dans une odyssée de sexe explicite et de meurtres gores, le film se déroule comme si une vieille VHS de Thelma et Louise tombait dans un trou noir et émergeait comme un manifeste de rage féminine pixelisée.

5. Fat Girl (2001)

En tant que cinéaste, Catherine Breillat s'est donné pour mission de normaliser, ou du moins de faire apparaître, des sujets auparavant considérés comme tabous. Fat Girl - qui examine la rivalité sociale et sexuelle entre une jolie fille mince de 15 ans et sa jeune sœur plus ronde - n'est pas différent. Il y a ici des scènes inconfortables, qui déconcertent le spectateur par leur position noueuse sur le désir, la brutalité et la honte. Mais à une époque où les gens sont obsédés par l'idée de juger les mérites d'un film en fonction de la justesse de son message moral, Fat Girl est particulièrement transgressif. The Evening Standard parlait du "point de vue tordu et pervers de cette femme cinéaste […] graphique et répugnant", on vous laissera décider.

6. Irréversible (2002)

Perfection du cinéma d'art et essai pour les uns, provocation pour les autres, Irréversible de Gaspar Noé est considéré comme l'un des films les plus inconfortables qui soient : dans les trente premières minutes, le réalisateur a choisi d'inclure un fond sonore à basse fréquence de 28 Hz, qui provoque des nausées et des vertiges.

Avec Vincent Cassel dans le rôle d'un justicier égaré qui cherche à venger le viol de sa petite amie (Monica Belucci), le film examine comment le sexe, en tant qu'acte, peut aussi bien se diviser en joie vivifiante qu'en terreur nihiliste. La caméra de Noé fait des culbutes et des rotations qui donnent des frissons ; combinée à la lueur rouge cauchemardesque, on a l'impression qu'il vient de lâcher sa caméra dans les cercles concentriques de l'enfer.


7. Demonlover (2002)

Ce thriller international - sur diverses factions qui se battent pour contrôler une nouvelle forme de porno hentai en 3D, avec Chloë Sevigny, la coqueluche du début des années 2000 - reflète parfaitement les inquiétudes de l'an 2000 concernant le dark web, en plus de nous donner ce look intemporel de Gina Gershon. Les choses ne font que s'aggraver pour Diane (Connie Nielsen), qui passe du statut de chef d'entreprise sans scrupules à celui de participante involontaire à un site de torture interactif. Entre les esclaves sexuels, l'espionnage et les séductions cryptées, c'est la fin noire qui vous incitera à brancher votre webcam et à vous déconnecter du réseau.

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