Dennis Rodman en sept looks iconiques

Comment Rodman a frayé la voie pour Young Thug.

par Danil Boparai
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06 Mai 2020, 6:00am

Imagery Ron Galella, Ltd./Ron Galella Collection via Getty Images (L) et Scott Cunningham/NBAE/Getty Images 

L’idée qu’une célébrité puisse avoir des cheveux multicolores, des tatouages par dizaines et des piercings extrêmement voyants ne choque personne à l’ère des E-Boy/E-Girl. Mais dans les années 1990, la manière dont le joueur de basket Dennis Rodman, cinq fois champion de NBA, poussait les limites de ce qu’on attend du style d’un athlète superstar a établit un modèle à suivre pour les looks gender fluid qui ont proliféré sur les réseaux sociaux et dans la culture populaire en 2020.

Tout ceux qui regardent The Last Dance, une série documentaire Netflix en dix épisodes sur Michael Jordan et ses victoires avec l’équipe des Chicago Bulls, se sont rendus compte en regardant l’épisode 3 où Rodman apparait à quel point les choix mode de l’athlète de deux mètres étaient différents de ceux de ses coéquipiers, à la fois sur le terrain et dans la vie.

Dennis était un enfant timide et introverti. Il a grandi dans le New Jersey, élevé par une mère célibataire. Après avoir travaillé comme homme à tout faire, il se fait renvoyer de la maison par sa mère suite à une arrestation pour un vol présumé. Finalement, après une croissance fulgurante, il commence à se concentrer sérieusement sur le basket et obtient une bourse pour aller à l’université avant de commencer le processus de sélection de la NBA. Dennis signe son premier contrat à l’âge avancé de vingt-cinq ans.

On connait de lui son style de jeu quelque peu agressif envers ses adversaires, mais Dennis est toujours resté une sorte d’énigme pour ses fans. À une époque où ses collègues suivaient le dress code strict de la NBA, on lui a souvent collé l’étiquette de l’excentrique ou du weirdo. Au sein de ce sport macho, il faisait souvent remarquer par sa manière de s’habiller à contre courant avec ses teintures de cheveux toujours d’une nouvelle couleur, son penchant pour les looks en cuir à la limite de l’esthétique BDSM, ou encore car il n’a jamais manqué une occasion de se travestir pour une sortie sur le tapis rouge. En 1997, vers la fin de sa carrière, Rodman résumait son approche de la mode lors d’une interview à USA Today : « J’ai juste saisi ma chance pour être la personne que je voulais être. J’ai simplement dit ‘si ça ne vous plait pas, allez vous faire foutre’. Je suis le mec qui montre à tout le monde que c’est ok d’être différent ». Alors accrochez-vous pour cette revue de sept looks iconiques du plus grand anti-conformiste que le basket des années 1990 n’est connu.

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Scott Cunningham/NBAE/Getty Images

Le look de son époque « Bad Boy », 1991

Avant les looks expérimentaux pour lesquels on le connait, Rodman s’est fait remarquer comme un joueur de défense très intimidant dans l’équipe des Detroit Pistons surnommés les « Bad Boys » dans les années 1980. On l’appelait « The Worm », le ver de terre. Après avoir enchainé les victoires en 1989 et 1990, Rodman pensait dur comme fer que l’équipe gagnerait une troisième fois. Il s’est même fait rasé le mot « TRILOGY » à l’arrière de ses cheveux, une première indication de son amour pour l’expression personnelle. L’équipe a perdu de près face aux Chicago Bulls, mais cette confiance en soi ne l’a jamais quitté.

Sa renaissance avec Madonna, 1993

Malgré un succès rapide en début de carrière, Rodman a connu des difficultés à combattre une dépression, et après une tentative de suicide très médiatisée, il a été transféré dans l’équipe des San Antonio Spurs pour y faire un nouveau départ. C’est à cette époque qu’il s’est teint les cheveux en blond platine pour la première fois, inspiré par Wesley Snipes dans le film Demolition Man. À cette époque, il a rapidement fréquenté la jeune icône pop Madonna. Elle lui aurait appris la valeur d’être honnête avec soi-même autant qu’elle l’a poussé plus loin dans ses choix stylistiques. Dennis a raconté plus tard que Madonna lui aurait proposé 20 millions de dollars pour lui faire un enfant pendant leur relation de deux mois. Madonna sera toujours Madonna.

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Photo par Ron Galella, Ltd./Ron Galella Collection via Getty Images

Le tapis rouge des VMA, 1995

L’acceptation ouverte de la communauté LGBTQ par Rodman était du jamais vu dans le système très hétéro-centré de la NBA. On le voyait souvent faire la fête avec des amis dans des bars gays pendant son époque San Antonio, et à cette époque, il commence aussi à expérimenter avec ses looks drag, avant d’expliquer plus tard que c’était quelque chose qu’il faisait déjà plus jeune. Après des attaques selon lesquelles Dennis s’appropriait le lifestyle LGBTQ pour simplement choquer et se mettre en valeur, il a utilisé son apparition au Video Music Awards de MTV pour répondre à ces attaques. Il a accroché un ruban rouge à son top à sequin pour inciter à une prise de conscience du SIDA et ainsi soutenir ses victimes.

Pour le meilleur et pour le pire, 1996

Rodman, qui ne rate jamais une occasion de faire parler de lui, a descendu la Cinquième Avenue remplie de paparazzi dans un carrosse tiré par des chevaux en portant une robe de mariée et un voile (attaché à une perruque blonde) pour faire la promotion de son autobiographie Bad as I Wanna Be. Lorsqu’on l’a interrogé sur sa tenue du jour, il a simplement répondu qu’il s’épousait lui-même. Si ce n’est pas de l’amour propre, alors on se demande bien ce que c’est.

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Photo par Alan Singer/CBS via Getty Images

Invité chez David Letterman, 1996

Au sommet de sa carrière de basketteur, Rodman a donné ses heures de gloire à la teinture en spray lors d’une apparition devenue culte dans l’émission The Late Show With David Letterman en 1996. Ce jour-là, on dirait presque qu’il donne, sans le savoir, naissance à la pop star aujourd’hui connue sous le nom de Billie Eilish avec sa tenue. Cheveux verts ? Check. Tenue enveloppante ? Évidemment. Choker en argent ? Mais bien sur! Retour vers le futur.

Dennis Rodman
Photo par Getty Images

Sport la journée, rave la nuit dans Double Team en 1997

Dans les années 1990, toutes les stars du sport américaines qui se respectaient ont tenté leurs chances à Hollywood. Alors que son coéquipier des Chicago Bulls a cassé la baraque avec le succès de Space Jam, Rodman incarnait le dealer d’armes à la fois raver en tenue néon punk aux côtés de Jean-Claude Van Damme dans Double Team. Le film lui a fait décrocher une nomination aux prix ironiques des Golden Raspberry. Si les critiques ont détesté le film, le public entre deux ages de Burning Man s’inspire toujours de ses looks aujourd’hui.

C’est un imprimé léopard en 1998

Nous avons commencé notre série avec une coiffure à message, et nous allons la terminer par une autre. Pendant son temps chez les Chicago Bulls, Rodman était parfois considéré comme celui qui tenait la chandelle entre Jordan et son partenaire fétiche Scottie Pippen. Mais lorsque Pippen a raté la première moitié de ce qui serait leur dernière saison ensemble à cause d’une blessure, la présence de Rodman a sauvé l’équipe. Au retour de Pippen, Dennis lui a laissé sa place, et pour lui montrer son soutien, il s’est teint le numéro 33 (celui de Pippen) partout sur ses cheveux. Les Bulls ont cette année là remporté leur troisième victoire consécutive, inscrivant dans le marbre leur status de l’une des plus grandes équipes de sport de tous les temps. La boucle est bouclée.

Cet article a été initialement publié par i-D UK.

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