A young man and his pregnant wife in Washington Square Park, N.Y.C. 1965, © The Estate of Diane Arbus

les rencontres troublantes de diane arbus dans les parcs de new york

La célèbre photographe Diane Arbus compte parmi ses plus beaux clichés les portraits d'inconnus rencontrés dans des parcs.

par Hannah Ongley
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22 Mai 2017, 9:10am

A young man and his pregnant wife in Washington Square Park, N.Y.C. 1965, © The Estate of Diane Arbus

Peu après avoir arrêté la photographie commerciale en 1956, Diane Arbus a commencé à pratiquer l'une des activités préférées des New Yorkais : flâner dans les parcs de la ville. Une de ses premières photos en tant que photographe professionnelle montrait six inconnus assis sur le banc d'un des plus grands parcs de la ville dans des tenues soignées, à l'ombre d'une montagne de schiste. Tout au long de sa carrière, ces arènes naturelles d'interaction et de réflexion se sont transformées en un studio de fortune pour Diane Arbus. Devant son objectif sont passés des businessmen, des lesbiennes, des junkies sans abris, des adolescents amoureux et Susan Sontag. Une photo présentée en exclusivité dans la nouvelle exposition In the Park de Lévy Gorvy - première exposition rassemblant les photos d'Arbus prises à Central Park et Washington Square - montre Sontag partageant un moment intime avec son fils sur le banc d'un parc en 1965. La plus célèbre de ses photos, mais aussi la plus surréaliste et la plus perturbante qui soit, Child With a Toy Hand Grenade in Central Park, date de la même année. 

Deux amis dans le parc. 1965, © The Estate of Diane Arbus

La façon dont des parcs parviennent à rompre les différences de classes et forment des lieux d'intimité publics a poussé la photographe a en faire ses terrains de jeu. « Le parc était compartimenté, écrivait-elle à propos du Washington Square en 1966. Il avait ses promenades arrangées en rayons, et il y avait ces territoires définis par les communautés qui les occupaient. De jeunes hippie-junkies étaient en bas d'une allée. Des lesbiennes étaient en bas d'une autre - des filles fortes et hyper viriles. Et au milieu se tenaient les poivrots… Ils étaient comme le premier échelon du parc et les filles qui arrivaient du Bronx dans l'espoir de devenir des hippie-junkies devraient coucher avec les poivrots pour accéder à la partie du parc réservée aux hippie-junkiesJ'avais très envie de me rapprocher d'eux, alors j'ai dû leur demander si je pouvais les photographier. »

Un jeune homme et sa petite amie mangeant des hot-dogs. 1971, © The Estate of Diane Arbus

La dernière photo de l'exposition est celle d'un jeune couple, hot-dog à la main, prise l'année de la mort d'Arbus, en 1971. L'exposition In the Park couvre entièrement la courte période d'Arbus après son passage chez Vogue mais n'est pas présentée de manière chronologique. Ce qui lie l'ensemble du travail d'Arbus est sa volonté de révéler l'humanisme des passants et les liens sociaux qui se forment dans les parcs de la ville. Vous risquez d'ailleurs de les voir autrement la prochaine fois que vous vous y baladerez.

"Diane Arbus: In the Parkune exposition visible à la galerie Lévy Gorvy de New York jusqu'au 24 juin 2017.

Jeune fille au béret, Central Park, N.Y.C. 1958, © The Estate of Diane Arbus

Deux dames marchant dans Central Park, N.Y.C. 1963, © The Estate of Diane Arbus

Credits


Texte Hannah Ongley
Photographie Diane Arbus

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