il y a encore des cow-boys en amérique

i-D a rencontré le directeur créatif de True, dont les pages dévoilent aujourd'hui une série jamais publiée du photographe Ben Weller, parti en road-trip aux États-Unis. Il nous a parlé de son projet, à contre-courant, et de l'indépendance des...

par Lula Ososki
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23 Juin 2016, 8:10am

Avec plus de 200 pages de tirages inédits et personnels des photographes d'hier et demain, True est un journal photo qui détonne. Dans un monde saturé par l'imagerie commerciale et publicitaire, cette publication indépendante offre un espace au sein duquel les photographes sont libres de s'exprimer librement, sans jugement ni comptes à rendre. Le second numéro de ce journal comporte des images inédites de Corrine Day, la photographe britannique iconique et contributrice d'i-D dont le travail a retranscrit au plus prêt les idéaux d'une génération. Ses photographies, ainsi que celles de Mark Szaszy capturent l'essence de leur relation à tous les deux dans les années 1980. À leurs côtés, le journal a choisi de publier une série de photographies de Cheryl Dunn, Greta Ilieva, Arnaud Lajeunie, Suffo Moncloa, Marton Perlaki et Ben Weller. Chaque page révèle une facette significative du travail de chacun de ces photographes. Pour cette occasion, plus que méritée, nous avons discuté avec le directeur de True, Peter Hughes, qui partage avec nous une série d'images de Ben Weller, jamais publiées. 

Qu'est-ce qui vous a poussé à lancer ce magazine, True?
On voulait engager les photographes à se sentir libres de publier les images qu'ils souhaitent, sans se soucier des contraintes qu'ils rencontrent habituellement.

Comment avez-vous choisi les photographes qui figurent dans votre magazine ?
On passe notre temps à chercher des images inédites des photographes dont on admire le travail. C'est une vraie collaboration, rien n'est jamais publié sans leur accord.

Est-ce que vous pouvez nous parler des photos de Ben Weller ?Ben est parti plusieurs fois en road-trip au Montana en 2015. Cette série vient compléter toute une partie de son projet réalisé en Europe et aux Etats-Unis. On a passé beaucoup de temps ensemble à sélectionner les plus belles images pour le magazine. Évidemment, il y a des tonnes d'images qu'on adorait mais nous voulions faire un edit très serré pour refléter au mieux l'essence de son travail. 

Pourquoi avoir appelé ce magazine 'True'?
C'est le mot qui explicite le mieux notre démarche envers les photographes. Dans un paysage éditorial toujours plus contraignant pour eux, aux multiples restrictions d'ordre commercial, notre magazine s'inscrit à contre-courant.

Vous pensez qu'il est plus difficile pour les photographes, d'être créatifs aujourd'hui ?
Ce qui est sûr, c'est qu'ils doivent se battre pour conserver leur individualité. Pourtant, c'est leur plus grande force. Je pense honnêtement que la presse et tout ce qui gravite autour d'elle, la publicité, la mode, ont besoin de prendre plus de risques, de faire confiance aux photographes à qui ils font appel plutôt que de les forcer à entrer dans un moule.

Quelle est l'image qui vous a le plus touchée, dans vos découvertes ?
Impossible d'en choisir une seule ! offrir une plateforme aux gens pour qu'ils découvrent des images inédites des années 1980, 90 et 2000, ça n'a pas de prix.

Si vous deviez choisir une série, parmi celles que vous avez sélectionnées ?
La scène arty de New York dans les sixties et les seventies, par Gerard Malanga.

Quel rôle jouent les livres photos, d'après vous, en 2016 ?Le papier ne mourra jamais, il a en lui la possibilité d'interagir avec la personne qui le touche et en découvre les pages. C'est assez transcendantal en 2016. Et on espère qu'il nous enterrera !

Comment voyez-vous le futur de True ? Comment va-t-il grandir ?
Notre ambition est de continuer notre collaboration avec les photographes qu'on admire, qu'ils soient établis ou émergents. J'aimerais que True contribue à changer la perception qu'on a de la photographie de mode, à faire évoluer les consciences pour permettre aux photographes d'avoir la liberté d'être et faire ce qu'ils sont. Qu'ils puissent raconter leurs histoires à eux. 

True Photo Journal est aussi sur Instagram.

Credits


Texte : Lula Ososki
Photographie : Ben Weller

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