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à milan, la mode réinvente hollywood

Gucci, Roberto Cavalli et Philipp Plein ont aboli toutes les frontières géographiques en cette saison printemps/été 2017 – pour que Milan resplendisse à la hauteur d'Hollywood.

par Anders Christian Madsen
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23 Septembre 2016, 10:50am

"Everybody comes to Hollywood. They want to make it in the neighbourhood," chantait une certaine icône. La capitale du showbiz est au cinéma et au divertissement ce que la monarchie anglaise est aux premiers ministres : le premier finit toujours par nous séduire, quoi qu'on en pense. Alessandro Michele, l'illustre homme qu'on ne vous présente plus, était sous tous les projecteurs la nuit dernière. Pour les beaux yeux de Gucci, le beau monde s'est agglutiné autour du Hillary Clinton de la mode, pour festoyer à l'unisson : Jared Leto, Dakota Johnson, bref, le tout Hollywood était là. Le prétexte ? Sa nouvelle collection printemps/été 2017 et le dernier défilé « femme » avant que Gucci ne fusionne ses collections en février prochain. Pour l'occasion, Michele, jamais avare en jeux de mots, a choisi de placer sa collection sous le signe de la lumière, en la prénommant "Magic Lanterns". "C'est l'idée que je me fais d'Hollywood, l'endroit le plus glamour que j'ai vu de ma vie," confiait-il backstage, à une horde de fans en transe, de journalistes trépignants et de quelques photographes, dont l'objectif peinait à se frayer un chemin - 15 secondes avec la star, pas plus.

Gucci printemps/été 2017

"Lors de mon séjour à Los Angeles, j'ai eu le plaisir de rencontrer Elton" enchainait alors Michele. "Elton John bien sûr," clarifiait-il. C'était dingue. Magique. Il est incroyable. C'est un ponte de la musique, un pionnier du bling-bling, la matrice de tout." Forcément, la référence va de soi. Et si Elton n'était pas directement mis à l'honneur dans la collection, l'opulence, elle, était bien au rendez-vous. Comme pour ses précédents shows - embués de fumée, parsemés de miroirs et éclairés aux néons rouges - la métaphore filée du glamour, du faste et du more-is-more continuait sa croisière.

C'est vrai, la note d'intention du défilé ne mentionnait pas directement Hollywood, contrairement à Michele en backstage. Mais au final, les références, aussi nombreuses soient-elles chez le créateur, ne sont jamais citées. Et peu importe. Michele préfère définir son travail en ces quelques adjectifs : « C'est beau, c'est pop mais sophistiqué à la fois. C'est un autre langage mais c'est notre langage. Je n'ai jamais voulu, à travers la mode, raconter une seule histoire. Tout n'est qu'illusion. Ça m'est arrivé de m'inspirer de la tenue d'une prostituée vénitienne à la Renaissance, de la mixer à des pièces plus actuelles, de LA, de la pop, des costumes traditionnels asiatiques. Comme un musicien en mal de notes, angoissé par le silence et la mélodie qui s'arrête. J'aimerais que la musique ne s'arrête jamais. »

Gucci printemps/été 2017

Un sentiment que Peter Dundas avait l'air de ressentir lui aussi cette saison. Le créateur de Roberto Cavalli s'est très vite épris d'Hollywood, sans détour et sans concession aucune - les plus grandes stars du tapis rouge ont défilé, drapées dans ses collections. Le défilé printemps/été 2017 de la maison était le premier à fusionner homme et femme : "Je passe mon temps à chiner du vintage, pour mon partenaire et moi, avant de le réinjecter dans les collections" révélait Peter. Sans surprise, donc, cette saison était placée sous le signe du melting-pot, de la globalisation, du mix des références. Les motifs indiens, en hommage aux origines américaines de Peter, dialoguaient avec les matières hivernales, tirées de son autre pays natal, la Norvège : "Sabots suédois, kimonos japonais" et plus encore. Dundas parlait d'ailleurs de sa collection comme d'un patchwork d'éléments en allusion aux multiples voyages réalisés dans sa carrière. Ces ersatz de cartes postales formaient à l'unisson une silhouette délibérément opulente, rock'n'roll, chère à la prestigieuse maison italienne et son histoire. L'esthétique ne manque pas de rappeler l'âge d'or hollywoodien, ses paillettes et son glamour inégalable. Une esthétique à laquelle Philipp Plein ne dérogerait pour rien au monde. Son show rocambolesque mercredi soir - et son dernier à Milan, avant que le créateur ne parte pour New York - était à l'image des banlieues américaines, ghettoïsées, comme aime à le rappeler le créateur, plus que jamais décidé à réunir tous les contraires et tous les pays de la carte. Dans ce sillon, Fergie opérait son grand retour sur scène et ouvrait le show avec un concert aussi pop que bling. Jamais Hollywood n'avait été aussi proche de Milan. 

Roberto Cavalli printemps/été 2017

Philipp Plein printemps/été 2017

Credits


Texte : Anders Christian Madsen

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