de barbès à kinshasa, tshegue foudroie tout sur son passage

Propulsé en 2017 par le festival We Love Green et un premier EP qui mettait tout le monde d’accord, le duo français Tshegue revient incendier les dancefloors avec son nouveau maxi Telema. Deux ans plus tard, on fait le point.

par Sylvain di Cristo
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24 Mai 2019, 10:58am

Les racines de l'un vont jusqu’au Congo, celles de l’autre s'enfoncent à Cuba. Rien d’étonnant à ce qu’on se retrouve vite en transe sur la musique de Faty et Dakou. C'est sans doute ce qui définit le mieux Tshegue : la transe, les percussions, la spontanéité et le rassemblement à travers la danse. Le projet a commencé il y a environ deux ans par un « alignement des planètes » : une rencontre suivie d’une révélation artistique entre deux feux ardents. Puis un premier EP, SURVIVOR, qui leur offre une scène au festival We Love Green. Nouvelle révélation, celle du public et des médias cette fois, qui voient en Tshegue un mélange de percussions acoustiques, d’arrangements électroniques et de voix puissante teintée de R’n’B, encapsulé dans un écrin exotique et contemporain. « On essaie de faire une musique qui rassemble », nous confient Faty et Dakou, souriants, en terrasse d'un hôtel parisien. « Elle est inspirée d’un milliard de choses que nos personnalités intègrent, il y a un grand métissage. »

La recette a tout pour plaire et ils la concoctent à deux : « Parfois c’est moi qui commence par un beat, lui va rajouter une mélodie, puis moi une voix, on empile les couches… Et parfois c’est tout l’inverse ». Ils insistent, ils sont « musiciens avant tout ». Des musiciens prédisposés au live, à la jam session, à l’étincelle. C’est bien souvent comme ça que naissent leurs morceaux et la raison pour laquelle sur scène, c’est le feu. Un feu qui a calciné les dancefloors de grands événements musicaux européens ces deux dernières années (Afropunk, Transmusicales…) et les cendres voient aujourd'hui naître un nouvel EP, Telema.

La force, le duo de Tshegue la puise dans sa culture, sa vision et en est bien conscient : « On aime mettre en avant des choses que l’on n’a pas l’habitude de voir. C’est l’avantage d’un artiste, il peut s’exprimer… » « Et casser les clichés » complète Dakou. « Tu vois, le clip de The Wheel montre un club de roller de Kinshasa. La première lecture est de se demander : « Tiens, ça existe le roller en Afrique ? ». Mais nous, on ne se dit pas ça parce qu’on le vit, donc on le sait. » Après la diffusion du clip de M’Benga Bila tourné entre Barbès et la Goutte d’Or, certains soulignent que le superbe travail en 16 mm du réalisateur Sacha Barbin permet de « voir le 18 e autrement », qu’il l’ « embellit » : « Mais nous on n’a rien embelli du tout, s’exclame, amusée, Faty , on n’a pas balayé les trottoirs avant de tourner, tu vois ce que je veux dire ? » « C’est juste notre 18 e tel qu’on le connaît, notre quotidien, notre histoire », conclut Dakou.

En fin de compte, le meilleur compliment que l’on puisse faire à Tshegue, c’est de leur dire qu’il n’y a rien à dire. Leur musique exprime déjà tout : elle est assez franche pour faire rimer simplicité et intelligence. Percussive, spontanée, explicite, elle est immédiatement efficace, immédiatement compréhensible. L’énergie dégagée par Tshegue est si brute qu’il n’y a rien de mieux à faire que danser. Vivement une nouvelle tournée.

La Release party de Tshegue aura lieu le 24.05.19 au Musée de l'Histoire de l'Immigration et l'EP Telema sera disponible à partir du 19 juin sur Ekleroshock.

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