les 22 films qui feront notre cannes

Tour d'horizon (subjectif) du plus excitant des jours à venir.

Bousculée par des annonces de dernière minute et une lumière (bienvenue) sur de nouveaux regards, cette édition du festival de Cannes s’annonce stimulante, portée par des noms encore peu connus du grand public et sous-tendue par un effort - il reste encore du boulot - vers plus de parité. Parmi les sélections parallèles, on relèvera l'ambition de la Quinzaine des Réalisateurs, qui se présente sous un jour particulièrement excitant et dont i-D est très fier d'être partenaire.

Les Misérables de Ladj Ly, Sélection officielle

Ladj Ly

En 2016, Ladj Ly – membre du collectif Kourtrajmé au sein duquel on compte notamment Romain Gavras et Kim Chapiron – livrait un court-métrage puissant et névrotique intitulé Les Misérables. Un film autour des premiers jours d’un policier muté à la BAC (le génial Damien Bonnard) et d’une interpellation qui dérape, dramatiquement. Cette année, c’est en sélection officielle qu’il viendra présenter la déclinaison, longue durée, de son premier uppercut. Quelques semaines après la réouverture de l’enquête sur la mort d’Adamé Traoré et dans un contexte de violences policières particulièrement critique, Les Misérables semble bien parti pour être le moment politique fort de cette compétition.

Zombi Child de Bertrand Bonello, Quinzaine des Réalisateurs

Zombi Child Bonello

« Il y a quelque chose de fascinant dans la jeunesse, de l'ordre de l'apparition : voir apparaître ce qu’on n’a jamais vu, » nous confiait Bertrand Bonello il y a tout juste un an, alors qu’il présidait le jury des courts-métrages et de la Cinéfondation. Sans rien révéler de son projet en cours, il annonçait qu’il s’agirait d’un mélange entre vieilles obsessions et « désir d’aller ailleurs ». Tourné entre la France et Haïti, le film en question s’appelle Zombi child et devrait lorgner du côté des secrets de famille d’une adolescente haïtienne admise dans un pensionnat prestigieux.

Port Authority de Danielle Lessovitz, Un certain regard

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Présenté dans la catégorie Un certain regard, Port Authority met en lumière le parcours d'une femme transgenre pour se faire accepter telle qu'elle est au début d'une relation amoureuse. Interprété par Leyna Bloom, première femme ouvertement transgenre à avoir fait la couverture du Vogue India, le personnage de Wye évolue au coeur de la scène ballroom new-yorkaise avant d'y faire la rencontre de Paul, dans le rôle duquel on retrouvera l'acteur Fionn Whitehead – récemment remarqué dans le film Dunkerque et l'épisode « Bandersnatch » de la série Black Mirror. Produit par Martin Scorsese, Port Authority est le premier film présenté à Cannes accordant un rôle principal à une personne transgenre. Mieux vaut tard que jamais.

Une fille facile de Rebecca Zlotowski, Quinzaine des Réalisateurs

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Rebecca Zlotowski à la réalisation, Zahia Dehar dans le rôle titre et la côte d’Azur pour décor : c’est encore peu pour se faire une idée de ce que nous réserve la cinéaste de Planétarium, mais bien assez pour nous rendre très impatients. Benoit Magimel, Clotilde Courau, Loubna Abidar figurent au générique de ce conte d'été rohmerien, tourné tout près de Cannes l'été dernier.

Les particules de Blaise Harrison, Quinzaine des Réalisateurs

Parmi les pitchs les plus intrigants de la Quinzaine, on retiendra celui des Particules, long-métrage de Blaise Harrison dont l'histoire se déroule à la frontière franco-suisse, auprès d'une bande de lycéens qui vivent à proximité d'un accélérateur de particules. Sombres et inquiétantes, les premières images laissent présager d'un film à la lisière du fantastique et de la métaphysique, porté par un casting de nouveaux visages particulièrement troublants.

Matthias & Maxime de Xavier Dolan, Sélection officielle

Matthias & Maxime, Xavier Dolan

Après une escale française avec Juste la fin du monde et une balade américaine (Ma vie avec John F. Donovan), Xavier Dolan revient à ses premiers amours. Au Québec, en tout cas, avec Matthias & Maxime, qui raconte l’histoire d’un groupe d’amis d’enfance qui se délite quand deux garçons tombent amoureux après un baiser anodin. Le film met en scène de vrais amis du jeune réalisateur, et sa mère et muse au cinéma, Anne Dorval. Xavier Dolan endossera lui-même l’un des rôles principaux du film, celui de Max, et a décrit son film comme « un mélange de Tom à la ferme et de Mommy. » On prend.

Ceniza Negra de Sofía Quirós Ubeda, Semaine de la critique

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On sait peu de choses de Ceniza Negra - « Cendre noire » en français - si ce n'est qu'il devrait s'agir d'un conte autour des mystères de la réincarnation, porté par le regard d'une jeune fille de 13 ans. Réalisatrice d’origine costaricaine basée en Argentine, Sofía Quirós Ubeda livre son premier long-métrage à la Semaine de la critique après y avoir présenté Selva en 2016 : un court en forme d'introduction à Ceniza Negra avec la même actrice, Smashleen Gutiérrez.

Mickey and the bear de Annabelle Attanasio, ACID

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Comptabilisant plus de victimes que les armes à feu, la crise des opiacés cause chaque année la mort de nombreux Américains, devenus accros à l’héroïne après s’être fait légalement prescrire des médicaments. Réalisé par Annabelle Attanasio, actrice et réalisatrice américaine âgée de 26 ans, Mickey and the bear fait de ce sujet la toile de fond de son histoire. On y retrouve Anna, une jeune femme qui s’occupe de son père vétéran accro aux opioïdes et se retrouve face à une décision impossible : peut-elle réellement l'abandonner pour saisir l'opportunité qui se présente à elle ?


Mektoub my love : intermezzo
d’Abdellatif Kechiche, Sélection officielle

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La bonne nouvelle est arrivée tard, comme une surprise à laquelle on préférait ne pas trop croire de peur d’être déçus : encore en post-production à l’heure qu’il est, la suite de Mektoub my love fera bien partie de la sélection officielle du festival. Un an après un merveilleux canto uno dans lequel Amine (Shaïn Boumedine) retrouvait son amour d’enfance Ophélie (Ophélie Bau), la bande fiévreuse filmée par Abdellatif Kechiche se retrouvera à l’écran pour 4 heures de film – et en bas des marches pour fouler le tapis rouge. On a hâte.

And then we danced de Levan Akin, Quinzaine des Réalisateurs

Régulièrement traversé par des questions d'identité - on pense notamment à Girl, le film sur la danseuse transgenre qui avait valu à Lukas Dhont la Caméra d'or l'an dernier - le monde de la danse revient cette année avec Then we danced, film réalisé par Levan Akin, suédois d'origine géorgienne. On y retrouve Merab, danseur au sein de l’Ensemble National Géorgien, bouleversé par l'arrivée d'Irakli, un nouveau danseur qui suscite chez lui un sentiment de rivalité et de désir mélangé.

Lux Æterna de Gaspar Noé, Séance de Minuit

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L’an dernier, Gaspar Noé jetait sur la Quinzaine des réalisateurs un cocktail de voguing et de sangria intitulé Climax. Moins controversé qu’à son habitude, il avait gagné les faveurs de la critique et du public – ce qui ne lui plaisait pas forcément. Pour cette édition, il renoue avec la Séance de Minuit au cours de laquelle il était venu présenter Love en 2016. Cette fois-ci, place à un moyen métrage de 50 minutes dans lequel Charlotte Gainsbourg et Béatrice Dalle se raconteront « des histoires de sorcières ».

Take me somewhere nice de Ena Sendijarević, ACID

Road trip pastel sur fond d’histoire d’amour, Take me somewhere nice est le premier long métrage d’Ena Sendijarević, jeune réalisatrice hollandaise d’origine bosnienne. Présenté à l’ACID – sélection parallèle défricheuse qui avait notamment permis de découvrir le génial Cassandro the exotico l’an passé – le film raconte le retour d’une jeune fille en Bosnie, sur les traces d’un père qu’elle n’a jamais connu.

Share de Pippa Bianco, Sélection officielle

Share, Pippa Bianco

En 2015 à Cannes, la new-yorkaise Pippa Bianco remportait le Premier Prix de la Cinéfondation pour son court-métrage, Share. L’histoire d’une jeune adolescente qui découvre un matin une vidéo d’elle, agressée sexuellement, explicite et virale, dont elle ne se souvient pas. Quatre ans plus tard, la réalisatrice revient en sélection officielle, avec un long-métrage du même nom, adapté du format court. Le film, dont le pitch a tout ce qu’il faut d’anxiogène, a été présenté en avant-première mondiale à Sundance en janvier, et acheté par HBO Films dans la foulée.


Atlantique de Mati Diop, Sélection officielle

Mati Diop

Premier long-métrage de la franco-sénégalaise Mati Diop, Atlantique raconte une histoire de départ – celle d’ouvriers d’une banlieue populaire de Dakar vers l'océan. Une histoire d'amour contrariée aussi, puisque les premiers indices présentent une intrigue dans laquelle les femmes restent sur la terre ferme. Inoubliable actrice révélée par 35 rhums de Claire Denis, Mati Diop fait partie des quatre réalisatrices présentes en sélection officielle. Quant à son film, il est de ceux que l’on attend avec le plus d’impatience.


Tu mérites un amou
r de Hafsia Herzi, Semaine de la critique

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La dernière fois qu’on retrouvait Hafsia Herzi, c’était au beau milieu du dernier film de Kechiche – Mektoub my love – pour y camper la tata qu’on rêve tous d’avoir. Drôle et gouailleuse, généreuse et libre, il faisait bon la revoir dans les yeux de celui qui l’avait révélée, il y a plus de dix ans, avec La Graine et le mulet. Si on croise fort les doigts pour la retrouver dans la suite de Mektoub, on peut se raccrocher avec certitude à une très bonne nouvelle : Hafsia passe à la réalisation et son premier film, une histoire d’amour entièrement auto-produite, est en lice pour la Caméra d’or.

Sem seu sangue d’Alice Furtado, Quinzaine des Réalisateurs

Sem seu sangue

Timide, lasse de sa vie de lycéenne encore coincée chez ses parents, Silvia tombe sous le charme du nouveau qui débarque dans son établissement. Il s'appelle Artur, souffre d'hémophilie et rejoint sa classe après avoir été expulsé de plusieurs lycées. C'est le début d'une histoire d'amour dramatique, marquée par un deuil impossible. Premier long-métrage de la franco-brésilienne Alice Furtado, le film est en lice pour la Caméra d'or.

The orphanage de Shahrbanoo Sadat, Quinzaine des Réalisateurs

Réalisatrice et scénariste afghane déjà remarquée en 2016 par la Quinzaine des Réalisateurs avec son premier long-métrage Wolf and Sheep, Shahrbanoo Sadat revient avec une histoire de jeunesse et de cinéma. Celle de Qodrat, un adolescent de Kaboul rêvant de Bollywood en vendant au marché noir des tickets de cinéma. Un jour, il se fait arrêter et intègre un orphelinat soviétique, où le bizutage et la camaraderie tentent de s'acclimater aux changements politiques que le pays est en train de traverser.

Portrait de la jeune fille en feu de Céline Sciamma, Sélection officielle

Céline Sciamma

L’an dernier, Céline Sciamma était présente à Cannes pour y défendre le collectif 50/50 et inciter, aux côtés de Rebecca Zlotowski, le festival à s'engager en matière de parité. Elle fait cette année son entrée dans la sélection officielle après avoir présenté son dernier film, Bande de filles en ouverture de la Quinzaine des Réalisateurs. Fresque intime opposant deux femmes dans la France de la fin du XVIIème siècle, Portrait de la jeune fille en feu scelle les retrouvailles de Céline Sciamma avec Adèle Haenel, révélée par l'inoubliable Naissance des pieuvres, premier long-métrage de la cinéaste française, aquatique et incandescent.

Sibyl de Justine Triet, Sélection officielle

En deux longs-métrages, Justine Triet a imposé un cinéma enlevé, souvent très drôle, toujours très juste. Un cinéma d'obsessions et surtout de femmes. La journaliste (Laetitia Dosch), qui couvre les présidentielles de 2012 dans La Bataille de Solférino. L’avocate qui gère ses cataclysmes amoureux dans Victoria, jouée par l’excellente Virginie Efira. On la retrouve dans le 3ème film de la réalisatrice. Elle y joue une psychanalyste, ancienne romancière, qui retrouve l’envie d’écrire en écoutant (et enregistrant à son insu) la détresse d’une cliente, actrice, jouée par Adèle Exarchopoulos, enceinte de son partenaire de tournage (Gaspard Ulliel), mari de la réalisatrice.

Des hommes de Alice Odiot et Jean-Robert Viallet, ACID

« Trente mille mètres carrés et 2 000 détenus dont la moitié n'a pas 30 ans » : le résumé du documentaire Des hommes réalisé par Alice Odiot et Jean-Robert Viallet tient en quelques mots et de belles promesses : capter des bribes du quotidien de la prison des Beaumettes, à Marseille, pour regarder de près, des hommes que la société préfère ignorer.

Once Upon a Time in Hollywood de Quentin Tarantino, Sélection officielle

C’est la surprise de dernière minute. Le film de Tarantino n’avait pas été annoncé lors de la présentation de la sélection du festival, l’organisation craignant que le montage ne soit pas finalisé à temps. Once Upon a Time semble être une fresque, celle d’Hollywood en 1969 - entre mouvement hippie, guerre du Vietnam, Stonewall, Richard Nixon et Manson Family - au milieu duquel on suit une star sur le déclin (Di Caprio) et sa doublure (Brad Pitt), tous deux à la traîne d’une industrie en plein bouleversements. Vu le casting (qui compte également Margot Robbie, Al Pacino, Kurt Russel, Michael Madsen, Tim Roth, Dakota Fanning…), le tapis rouge s’annonce salé. D’autant plus que Tarantino y croisera son vieux pote Robert Rodriguez, qui présente son film d’horreur Red 11 en séance spéciale.

Les héros ne meurent jamais de Aude Léa Rapin, Semaine de la critique

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Entre fantômes et réincarnation, cette édition du festival de Cannes semble bien partie pour interroger, plus que jamais, les fantômes du passé que l’on préférerait enterrer. Les héros ne meurent jamais appartient à cette catégorie de films, puisqu’il s’attarde sur la quête d’un homme, Joachim, troublé par la possibilité d’être la réincarnation d’un soldat mort durant la guerre de Bosnie. Réalisé par Aude Léa Rapin, dont c’est le premier long-métrage, le film réunit Adèle Haenel et Joanthan Couzinié.

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