perez ressuscite mylène farmer, elle s'appelle mathilde fernandez

Le chanteur, qui nous avait habitué à sa pop romantique un peu barrée, revient avec un morceau minimal (et un clip envoûtant) en exclusivité sur i-D - extrait d'un nouvel EP qui sortira demain.

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oct. 19 2017, 10:01am

On pensait Perez plus pop sensuelle qu'électro énervée. Mais non, le chanteur nous surprend en un tour de main avec une épopée club minimaliste qu'on ne lui reconnaît pas, mais qui lui réussit facile. En même temps, avec un nom comme « Walhalla » - « L'endroit où vont les guerriers défunts dans la mythologie nordique » - la puissance et le primal du morceau étaient de mise. C'est un avant-goût de ce que nous réserve l'ex-Adam Kesher et aventurier en solo sur son EP qui sort ce 20 octobre. « L'album précédent avait quelque chose de très pop, raconte Julien Perez, mais là j'avais envie d'un son plus radical, purement électro. J'ai fait appel à un ami à moi, Théo Pozoga, et on a enregistré ensemble tous les morceaux de l'EP dans son studio à Berlin. »

Mais le lyrisme presque fantastique de l'univers Perez survit à ce savoureux virage. Il vient d'une voix qui rappelle certaines des envolées de Mylène Farme ; celle de Mathilde Fernandez. « Mathilde m'a écrit sur Facebook il y a de ça un an, en me disant qu'elle aimait bien ce que je faisais, qu'elle voyait des correspondances entre nos musiques. Je ne connaissais pas son boulot, j'ai écouté et j'ai trouvé ça vraiment bien. Et puis la consonance hispanique de son prénom a aidé au rapprochement (rires) ! » Le résultat est probant, assez inédit et aussi déroutant qu'envoûtant. Le son se sépare en ce rythme club, cette techno dansante et un épilogue chantant hypnotisant, soulevé par le timbre de Mathilde et l'esthétique du clip. « C'est le frère de Mathilde qui a réalisé le clip, raconte Perez, avec son collectif PolarBear. On leur a fait passer nos références, qu'ils se sont très vite réappropriées. On aimait bien cette idée de deux mondes qui s'affrontent. C'était un tournage à la fois très démerde et très pro, dans un atelier d'artistes à Bruxelles. »

« Dans mon premier maxi et dans l'album Saltos, il y avait une forme d'hétérogénéité à double tranchant. Aujourd'hui je préfère accentuer certaines choses, être plus ramassé sur le texte, revenir à une forme de bizarrerie, d'imaginaire fantastique, de petite nouvelle réunie en une chanson. Et cette électro s'impose de plus en plus. Je trouve ça pertinent, j'ai l'impression qu'il y a peu de gens qui la font cohabiter avec du chant. » La suite, c'est un nouvel album début 2018. « L'EP est très club, mais l'album va beaucoup plus voyager, il y a beaucoup plus de relief, d'autres climats, d'autres atmosphères. Et puis c'est un peu mon premier bébé : que je le sors sur mon propre label, Etoile Distante. » Un voyage avec Perez en chef d'orchestre, on signe.