Courtesy of Lea Signe 

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La DJ parisienne de techno dévoile sur i-D France Neida, film sur la féminité et la rave.

par Alice Pfeiffer
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07 Juin 2021, 12:31pm

Courtesy of Lea Signe 

La DJ résidente chez Rinse France et également à la tête de Nehza Records, est une touche-à-tout et une artiste pluridisciplinaire : elle dévoile aujourd’hui, en avant-première sur Rinse France DSO, un court-métrage réalisé par ses propres soins ?

Avec une bande son signée Neida et un featuring de la top Inès Rau – sans oublier un vestiaire Paco Rabanne—, elle nous emmène dans un monde onirique vintage, pop, traversé par une reflexion sur le genre et la teuf.

Comment es-tu arrivée à là où tu es aujourd’hui ?

J’ai une forte culture club, j’ai commencé à sortir dès 13 ans et à digger des nouveaux styles en tout genre. J’ai d’abord monté une web radio que j’ai broadcasté depuis chez moi, je bidouillais avec de la soul, de la folk, du drum&bass. Manaré m’a proposé de venir le faire sur Rinse France, qu’il dirige, il m’a donné une émission de deux heures par mois qui a été hyper formatrice.

Aujourd’hui, je mélange techno et house, avec des influences acid, jungle, garage ; je trouve mon inspiration dans la scène anglaise et les débuts des raves. J’ai beaucoup de souvenirs de street parties, et puise encore dans la culture club et la dance music.

Qu’est-ce-qui a nourri ta perception des femmes DJ ?

J’ai grandi en allant voir Chloé, Jennifer Cardini, Miss Kittin au Pulp. Pour moi, ces femmes, c’était des survivantes. Elles se sont battues, elle ont vraiment apport é quelque chose de différent, et grâce à elles j’ai grandi en me disant que c’était possible.

Être une femme DJ a été très difficile pendant très longtemps. Je me suis beaucoup construite dans le peur du regard de l’autre, à savoir le regard de l’homme, et cette mentalité du hater. Celui-ci critique, attaque, reproche d’être trop nouvelle, illégitime, que les choses ont été trop faciles. Cela entretient une binarité entre les hommes et les femmes dans le milieu. Les femmes sont cantonnées au cliché de la DJette, une figure rabaissante, frivole, destinée à n’avoir aucune crédibilité.

Peux-tu me parler du processus qui t’a mené à faire ce clip ?

Je me suis intéressée à une narration sous fond de fête, ce qui manquait énormément en plein confinement. J’ai voulu aller vers une esthétique 90s, je suis quelqu’un d’assez nostalgique. J’ai eu envie de créer un monde entre rave, Matrix, et ésotérisme. J’ai commencé à l’écrire, à faire la prod’, et finalement à le réaliser, je savais exactement ce que je voulais transmettre aux gens. Le film est l’histoire d’une fille qui s’ennuie profondément chez elle et qui va sortir chercher la rave.

Celle-ci joue sur le genre : elle est apprêtée, coiffée, mais à un côté revendicateur, un F*** you très masculin. Elle y rencontre un oracle, incarné par Inès Rau. Cette dernière est vêtue de Paco Rabanne, avec qui nous avons collaboré pour le clip. Rau porte des côtes de mailles portées de la tête aux pieds, qui est protectrice mais renvoie la lumière et absorbe l’énergie. Là, le stylisme est central pour porter le message général de ce que je défend.

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