In we french we say : Ne pas y aller avec le dos de la cuillère

i-D invite Love French Movies à lui livrer des pépites du Septième Art. L’osmose gourmande qui unie la cuisine et ses adeptes relèvent de la passion. Retour sur 7 scènes iconiques qui subliment la complicité entre le plan de travail et ses fins gourmets.

par Camille Laurens
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03 Décembre 2020, 10:03am

Avis aux amoureux des fourneaux ! Pétrir. Mouler. Farcir. Déguster. Partager. Dorer. Le champ lexical de la cuisine est empli de rondeur, de douceur et de partage. Comme un langage commun, la cuisine unie, réunie, et permet de sublimer l’instant présent pour celui d’après : la dégustation ! Mélange des sens, extase des papilles mais aussi convivialité et discussion, la cuisine symbolise une réalité singulière pour les réalisateurs qui lui accordent une attention toute particulière ! A la fois intime, et conviviale, la cuisine cristallise les émotions ! Et prend parfois des allures charnelles… L’occasion de revenir sur 7 scènes qui mettent les mets à l’honneur et ouvrent à l’occasion vos -différents-appétits ! A table !

1. La cuisine amoureuse 

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Peau d’âne/ Jacques Demy / 1970

Référence ultime et absolue, et l’on pèse nos mots, cette scène de Peau d'âne est un délice pour les yeux. Catherine Deneuve, enivre nos sens avec cette préparation d’un gâteau pour son amant, un cake d’Amour, ou elle glisse avec passion, un tendre cadeau. No spoiler mais juste quelques notes en guise d’apéritif, “Préparez votre, Préparez votre pâte, Dans une jatte, Dans une jatte plate”.  Magique !

Peau d’âne/ Jacques Demy / 1970

2. La cuisine abondante

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La grande bouffe / Marco Ferreri / 1972

Marcello Mastroianni, Ugo Tognazzi, Michel Piccoli et Philippe Noiret, un quatuor de choc pour un film à scandale. Peut-on manger à en mourir ? Tout le film se nourrit de cette ambivalence. Un week-end orgiaque, ou le plaisir des corps, charnel et gustatif remplit nos personnages en quête de sens. Une décadence excessive mais délicieusement jouissive sur fond de “Mangez, Mangez !” A vos ordres. 

La grande bouffe / Marco Ferreri / 1972

3. La cuisine qui se languit

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L’amour l’après-midi / Eric Rohmer / 1972

La cuisine c’est aussi l’attente. L’attente et l’ennui de celle qui attend son mari, le soir ou le midi tandis qu’il s’attarde. Préparer avec inquiétude le repas de celui qui partage sa vie, présentant le pourquoi d’une absence. Dans nombre de films, la cuisine permet de mettre en exergue la solitude d’un personnage. Comme dans L’Amour l’après-midi ou la passion qui unit peu à peu Chloé et Frédéric. Isabelle, alors muré dans son quotidien incarne ici la femme trompée. 

L’amour l’après-midi / Eric Rohmer / 1972

4. La cuisine indécise

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César et Rosalie / Claude Sautet / 1972

“César aime Rosalie, David aime Rosalie, Rosalie aime David et César.”. C’est ainsi que ce ménage à trois nous embarque dans ce tourbillon émotionnel ou les limites de l'amour et de l'amitié sont souvent poreuses. La cuisine peut aussi être un lieu de perdition ou de réconfort lors de moments de doute. Ici, une Romy Schneider qui se console au milieu des provisions d’alcool prévues pour ces hommes. Les femmes doivent toujours se tenir prêtes à apporter des bières à leurs hommes pendant qu’ils bossent ou jouent au poker. Un tel constat vaut bien un shot d’alcool. 

César et Rosalie / Claude Sautet / 1972

5. La cuisine machiavélique

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Merci pour le chocolat / Claude Chabrol / 2000

Le titre est fort. Surtout pour un Polar signé Chabrol. Une Isabelle Huppert au sommet, qui, chaque soir, lorsqu’elle apporte sa tasse à son mari, nous fait frémir. La cuisine comme nerf de la guerre, ou se déroule à l’insu de certains protagonistes, toute l’intrigue. Toute la tension dramatique s’y cristallise tandis que pourtant rien ne laisse présager le drame qui s’y joue. Le rituel du thé/café/chocolat prend un tout autre aspect. Du génie … dose par dose !

Merci pour le chocolat / Claude Chabrol / 2000

6. La cuisine bavarde

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Une histoire simple / Claude Sautet / 1978

La tablée, où chacun s’attèle à la préparation du repas, est un moment clé de la journée. Propice aux débats, aux débats, aux indiscrétions, aux confessions, la cuisine est un moment de retrouvailles avec ses amies lorsque l’on a besoin de conseils. Dans Une histoire simple, Marie est une femme parmi d’autres femmes, ses amies font partie de sa vie. Ici, elles se retrouvent dans la cuisine à la campagne, et dévoilent chacune un pan de leur personnalité qui les font exister encore un peu plus dans l’intrigue. La cuisine est un confessionnal universel. 

Une histoire simple / Claude Sautet / 1978

7. La cuisine orgiaque

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Que la fête commence / Bertrand Tavernier / 1975

Ou quand le repas prend des allures de banquets dionysiaques ! Les repas d’époque  peuvent vite s’assimiler à des boudoirs. “Lorsque l’on soupe, on fait l’amour, on jouit, c’est un foutu bordel”. Le duc Philippe d'Orléans, chargé d’assurer la régence jusqu'à la majorité de Louis XV, est un homme des plus débauchés qui se laisse influencer par les mauvais conseils de l'abbé Dubois. Les scènes de cuisine sont donc des profusions de plaisirs, de tous genres, typique du libertinage ! 

Que la fête commence / Bertrand Tavernier / 1975

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