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      culture Micha Barban-Dangerfield 12 février 2016

      les enfants sauvages des beaux-arts de cergy

      Les étudiants de l'école d'art la plus libre de France ont fêté avec panache le Nouvel an chinois. On y était. Straight-ups.

      i-D est parti à la rencontre des étudiants des Beaux-Arts de Cergy à l'occasion du Nouvel An chinois. Entre des sound-systems fait-maison, des décorations hallucinées et des toiles laissées à l'abandon, nous avons discuté de ce qui fait Cergy, de sa liberté d'enseignement et de la fraternité qui y règne. Une école qui rappelle l'île aux enfants perdus. Ou aux enfants sauvages plutôt. Aussi inspirante qu'attachante.

      Hugo Beheregaray, 21 ans

      Tu viens d'où ?
      Je suis né aux Pays-Bas.

      Tu faisais quoi avant Cergy ?
      Je préparais les écoles d'architecture.

      Selon toi, qu'est ce qui différencie Cergy des Beaux-Arts de Paris ?
      Je me pose pas mal la question. Je pense qu'à Paris il y a un poids de la tradition qu'il n'y a pas ici. Peut-être que je me trompe, mais l'histoire semble plus lourde là-bas. Et puis il y a le poids de Paris aussi.

      C'est bien d'être en banlieue ?
      Oui ! On cherche à s'installer ici à Cergy avec trois potes.

      Quel type de médium t'intéresse le plus ?
      L'espace. Je fais des installations, des interventions vocales, beaucoup de choses.

      Tu as un rêve ?
      J'aimerais rêver au présent et que la réalité devienne un rêve.

      Sarah Desbenoit, 24 ans

      Ton travail se concentre dans quel domaine ?
      Je fais beaucoup d'installations, je travaille le son et l'image. J'explore beaucoup les notions de mémoire et de subjectivité.

      Cergy a une approche très libre et interdisciplinaire de l'art, c'est important pour toi ?
      Oui c'est ce qui fait la singularité de cette école et c'est hyper important. Les professeurs choisissent des élèves autonomes. On doit travailler seuls mais on est quand même très bien encadrés.

      C'est bien d'étudier en banlieue ?
      Oui ! Au début on a tous flippé des temps de trajet mais on s'y fait. Il devient presque attachant ce trajet.

      C'est comme une grande famille Cergy ?
      Oui on rencontre des gens très vite ici et dans nos ateliers respectifs. On vit ensemble à fond.

      Tu as une idée de ce que tu veux faire après Cergy ?
      J'aimerais beaucoup être artiste indépendante. Sinon la scénographie m'attire beaucoup et la vidéo aussi. 

      Wanda Kot, 21 ans 

      Tu viens d'où ?
      De Bourg-en-Bresse près de Lyon.

      Tu fais quoi aux Beaux-Arts ?
      Je suis en troisième année. Ici on peut faire absolument tout, toucher à tous les médiums. Je fais surtout de la vidéo et de la sculpture.

      C'est important pour toi que l'enseignement de l'art reste libre comme ici ?
      Oui bien sûr et je pense que la pédagogie aux Beaux-Arts est super. À mon sens, plus elle est expérimentale plus c'est intéressant pour les étudiants.

      Ça demande beaucoup d'autodiscipline non ?
      Oui au début on se perd un peu. Puis on se recentre et on se trouve des limites et on avance comme ça.

      C'est bien d'être un peu loin de Paris ?
      Oui l'atmosphère est différente et ça permet d'être plus ancré dans la réalité en fait. Si on était dans les beaux quartiers de Paris ce serait vraiment différent. J'aime beaucoup le fait que notre école soit un peu "décalée". 

      Zoé Thonet, 21 ans

      Tu es en quelle année ?
      En première année. J'ai fait deux ans de prépa à l'Atelier de Sèvres puis je suis passée par la Villa Arson.

      Qu'est ce qui distingue les Beaux-Arts de Cergy des autres écoles d'art ?
      C'est une école très actuelle et dynamique notamment par rapport aux appels à projets. Elle l'est grâce aux stages à l'étranger qu'elle propose aussi.

      Tu iras où pour ton échange à l'étranger ?
      J'aimerais aller à Tokyo pour faire un stage en robotique.

      Tu explores quoi comme médium en particulier ?
      Le volume. Donc tout ce qui est sculpture et un peu de vidéos.

      Vous faites souvent la fête ici comme ce soir ?
      Assez régulièrement, oui. C'est une école plutôt festive. Ça fait du bien de se retrouver tous ensemble, on passe toujours de supers moments. 

      Juliet Casella, 23 ans

      Tu viens d'où ?
      Je viens du sud de la France, de Saint-Raphaël.

      Tu es en quelle année ?
      C'est ma troisième année. Je compte faire les cinq ans pour pouvoir partir en échange à Buenos Aires.

      C'est comment les Beaux-Arts de Cergy ?
      C'est hyper stimulant d'être ici. Ici, c'est nous l'école. On est très libres, on peut organiser des teufs, on gère notre espace. On est considérés comme des artistes dès le début. Et puis il y a des profils délurés, hyper intéressants et créatifs.

      Tu bosses à côté de tes études ?
      Oui je fais des collages pour des magazines et pour des marques. Je gagne un peu ma vie avec ça.

      C'est ton truc le collage ?
      Oui essentiellement mais j'explore d'autres choses. Là je me lance dans l'installation, je me fais plaisir et puis je travaille le collage vidéo aussi. Et en ce moment je bosse avec des moteurs et des robots, je fais des installations qui se déplacent dans l'espace. C'est fun. 

      Robin Salomé, 20 ans 

      Tu fais des études à Cergy ?
      Non je suis aux Beaux-Arts de Paris.

      Pourquoi es-tu ici ce soir ?
      Ma copine fait ses études ici. Je connais pas mal de monde ici donc je viens quand il y a des soirées et je viens pour quelques cours aussi.

      Quelle est la différence majeure entre ces deux écoles selon toi ?
      Cergy est très tourné vers l'extérieur. L'école donne une importance considérable à la discussion, à la parole de chacun. Il y a quelque chose de très collectif que l'on retrouve moins à Paris. Ils sont moins ici, ça change les choses. Cergy est une école qui peut changer tout le temps, Paris, c'est plus compliqué de ce point de vue là, plus figé disons.

      Pourquoi Paris est plus figé ?
      Le lieu déjà est presque sacré, tu ne peux pas vraiment le toucher. À Cergy, les étudiants se sont complètement approprié leur école. Physiquement parlant.

      Vous faites des fêtes aussi aux Beaux-Arts de Paris ?
      Non mais ça va venir. Il y en aura une dans deux semaines.

      C'est quoi ton domaine de prédilection ?
      La peinture. 

      Crédits

      Texte : Micha Barban-Dangerfield

      Photographie : Léon Prost

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      Tags:culture, beaux arts de cergy, nouvel ans chinois

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