superpoze a composé un mix sans beat pour i-D

Le jeune compositeur et producteur français signe un mix sans beat et puissant pour i-D. La bande-son d'une époque pré-apocalyptique.

par VICE Staff
|
13 Mars 2017, 3:35pm

For We The Living, le second album atmosphérique que Superpoze révélait il y a quelques semaines, réunit les contraires : la poésie des mélodies pianotées et l'âpreté de la techno. Esthète et cérébral, Gabriel Legeleux, 24 ans, emprunte autant à l'héritage papal d'un Debussy qu'aux mélodies accidentées chères à Jon Hopkins. Aujourd'hui le jeune compositeur français signe en exclusivité un mix sans beats et épuré pour i-D.

Quand as-tu commencé à composer ?
Je fais de la musique depuis tout petit, mais j'ai commencé à composer seul au lycée. Je faisais des instrus de rap à ce moment-là. J'ai fait quelques EPs puis j'ai sorti un premier album, Opening, en 2015. Je compose principalement au piano, avant d'arranger avec des samples et des synthés. Je me suis toujours dit que les meilleurs morceaux étaient ceux que l'on pouvait jouer en piano solo, ou à la guitare. Ceux qui n'ont pas besoin d'arrangements.

Quels étaient tes maîtres à ce moment-là ?
Il y en a eu beaucoup. J'ai eu une formation classique et j'ai toujours écouté les compositeurs de la fin du XIXe, début XXe; Debussy, Bartok, Satie, Schoenberg, etc.. À côté j'avais les disques de Air, Flying Lotus, Jon Hopkins, Four Tet, les Doors. Je fouillais aussi dans les disques de mes parents. J'ai redécouvert récemment l'album Odes de Vangelis et Irene Papas, avec des vrais moments de grâce électronique. Tout ça a bercé mon enfance et adolescence jusqu'à aujourd'hui.

Parle-nous de ton album. Comment le décrirais-tu ?
Comme tous les musiciens, je suis spectateur de ma propre musique. Elle réveille et révèle des émotions au fil des écoutes et il est encore tôt pour bien le décrire. Et comme l'écrit Anselm Kiefer, « je crains que la beauté qui se réalise dans l'art ne devienne cendre une fois remontée au niveau du discours. »

Il semble y avoir un enchaînement ascensionnel, un déroulement calculé. Peux-tu nous de la façon dont tu l'as construit ?
Je n'envisage jamais mes albums comme des compilations de morceaux que je fais, mais toujours comme des ensembles conçus pour être écoutés en entier. Je ne compose jamais un morceau sans penser à sa place dans l'album, ce qu'il raconte, ce qu'il amène ou ce qu'il résout. Pour ce disque, je suis parti dans une maison dans le sud de la France pendant un mois et demi. J'avais un piano d'un côté, et toutes les machines de l'autre. Je faisais des allers-retours entre le piano et les synthétiseurs, en instaurant une forme de dialogue entre les deux. Le morceau For we the living, qui donne son titre à l'album, est bien représentatif de cette discussion fictive entre les deux éléments. L'album lui-même est construit en deux parties. Une première, intense et électronique, et une seconde centrée autour du piano. C'est un jeu de miroir entre la tempête et le calme. Mon premier album était très doux et je voulais confronter cette douceur à quelque chose de plus violent pour voir comment cela l'affecterait. Donc j'ai composé chronologiquement, d'abord les morceaux plus percussifs, puis je me suis mis à écrire les morceaux les plus apaisés en réponse aux journées que j'avais passées sur la production électronique et énergique.

Quel regard portes-tu sur la scène électro française ?Tu penses qu'il se passe quelque chose en ce moment ?
Je pense qu'au moment ou le premier album de Dream Koala sortira, on pourra dire qu'il se passe quelque chose d'important en France.

Tagged:
superpoze
i-d mix
i-dj