comment devenir une icône gay en 6 leçons

Non, votre exubérance capillaire ne fait pas tout.

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27 septembre 2018, 2:13pm

Quel est le point commun entre Cher et Mylène Farmer ? Au-delà du fait que leurs sorties d’albums coïncident parfaitement, elles sont toutes les deux des icônes gays respectées – ces stars proches de la canonisation, à qui une foule de fans voue un culte sacré. « I don't need you anymore » lance Cher sur « Believe », dans un mélange autotuné de courage et d'émotion. « Je te rends ton amour / Au moins pour toujours » susurre Mylène sur l'album Innamoramento. Deux styles, un même message : forte et libérées, les icônes gays n'attendent personne pour exister. Vous rêvez d'en être une ? Sachez que d'après Lady Gaga, « We are all born superstars ». Si cela ne vous suffit pas, suivez notre guide et surtout, laissez-vous aller.

Accepter le drama

De Dalida à Whitney Houston en passant par George Michael, Cher ou Britney Spears, les icônes gays ont en commun une vie sinon dramatique, au moins ponctuée de passages à vide, séjours en désintox ou en hôpital psychiatrique. Leur force ? Se relever presque à chaque fois, retomber souvent mais ne jamais renoncer à croire en de meilleurs lendemains. Attention, il ne s’agit pas là d’un passage obligé. Grâce à sa maîtrise des réseaux sociaux, votre ami Jonathan peut aussi vous aider à monter un plan communication béton. Une fois la dépression simulée et relayée sous le hashtag #jevaismal, il ne vous restera plus qu’à entamer une formation scénique pour changer le trauma une expérience cathartique.

Célébrer l'exubérance

Qu’il pleuve, qu’il grêle ou qu’il vente, que vous descendiez acheter le pain, retrouviez un date Tinder ou votre conseiller Pôle Emploi, lâchez la bride du style. Que votre envie vous porte vers la viande, le cuir, les plumes, ou le jean, écoutez-là. Si votre surmoi vous enjoint à vous dévêtir, n’hésitez pas non plus. Oubliez ce qu’on vous a répété toute votre enfance : non, vous n’êtes pas too much, ce sont les autres qui n’en font pas assez. « Less is moooore » vous répète votre ex-meilleure amie Sophie depuis qu'elle a décroché un CDD chez A.P.C. Oui mais non. À ceux qui se sentiront offusqués, vous n'aurez qu'à dire que par votre sophistication, vous ne faites que révéler la dimension construite de la féminité.

Aimer son public

Il n’y a qu’à voir l’amour sincère qui lie Lady Gaga à ses monsters (comprendre ses fans) pour saisir l’importance d’une relation fusionnelle avec son public*. Avant d’en avoir un, n’hésitez pas à renouer avec toutes les personnes que vous méprisiez au collège : tout le monde a droit à une deuxième chance, vous en avez la conviction depuis votre dernier séjour en rehab. Alors laissez-vous remplir d'amour, vos ex-camarades de classes sont autant de spectateurs susceptibles de remplir un zénith – pardon, un stade. *On précisera ici que malgré l'énergie mobilisée par Cyril Hanouna pour se faire aimer de ses "beautés", ce dernier se verra refuser pour toujours l'accès au statut d'icône gay.

Assumer son homosexualité

Cela peut sembler une évidence mais la meilleure manière d’être une icône gay est encore d’assumer son homosexualité. Vos parents l’ont peut-être compris avant vous, mais pour en avoir le cœur net, le meilleur moyen est encore de proposer un karaoké en famille le jour de Noël. Une fois que votre beau-frère aura terminé son passage sur Patrick Sébastien, lancez « I’m coming out », regardez votre public dans les yeux et laissez-vous submerger par l'émotion. Vous doutez que le message soit passé ? Continuez avec « I will survive » – évidemment déconseillé en période de coupe du monde si vous craignez que votre queerness ne soit prise pour une fièvre de supporter. Si vous échouez, réessayez le Noël d'après et pensez que même Ricky Martin y est arrivé alors que son cas semblait désespéré - il se disait encore hétérosexuel dans sa période « Livin La vida Loca » alors que franchement, même un gaydar non homologué ne pouvait pas l'ignorer.

(Faire semblant d'en être)

Vous avez essayé les hommes, les femmes, mais rien n’y fait : l’hétérosexualité ne vous pose aucun problème, c’est même là que vous vous sentez le mieux. Le bon côté , c’est que vous avez statistiquement plus de chances de rencontrer l’âme sœur, qu’aucun inconnu ne viendra vous demander si vous préférez « faire l’homme ou la femme » et que vous n’aurez pas à changer le prénom de votre copine Juliette en Jules devant votre grand-tante. La mauvaise, c’est que votre vie s’annonce plus chiante. Heureusement, grâce à Britney et Madonna, de nombreuses stars (coucou Katy Perry) ont compris que mettre en scène leurs pulsions saphiques pouvait être un moyen efficace de contenter leur public (masculin). Le problème, c’est que ça marche moyen, même quand Riri et Laetitia Casta se donnent à fond. À éviter donc.

Changer le monde

Si vous ne rentrez dans aucune catégorie précédemment énoncée, que vous ne souhaitez pas vous habiller en bavette, mourir dans un accident de voiture, devenir accro aux barbituriques et que vous tenez toujours à devenir une icône gay, il vous reste encore une option : vous engager pour la communauté. Lutter contre le SIDA, les discriminations, le sort des réfugiés, la précarité sociale ou les tests sur les animaux... la liste est longue, non-exhaustive et ne vous laisse que l’embarras du choix. On vous conseille en revanche de vous abstenir de toute entrée en politique et de laisser Florian Philippot solo squatter le créneau des gays de droite. À l’exception notable de Christiane Taubira (99 leçons ne suffiraient pas à se hisser à son niveau), cette voie ne vous réserve qu'une carrière très douteuse.

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