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      musique Antoine Mbemba 11 juillet 2017

      kodäma, le jazz du futur est franco-japonais

      Au croisement du jazz, de la soul et de la house, le duo Kodäma dévoile aujourd'hui son premier clip Asked The Moon, en première sur i-D.

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      On aime bien demander l'origine des noms de groupes en interview, espérant y trouver un angle pertinent, une anecdote inédite, un sens caché. Parfois ça tombe à plat, parfois non. C'est souvent le résultat d'un gimmick poussé au bout, d'une soirée arrosée, d'une référence cryptique ou d'un souvenir trop enfoui pour qu'on en saisisse quoi que ce soit. Et puis parfois, ça tombe sous le sens. Voyez Kodäma.

      Un groupe qui sort aujourd'hui le premier clip de son histoire. La combinaison des élans de ses deux membres - Kiala Ogawa, chanteuse du groupe, et Thomas Hugenel, bassiste et compositeur - qui s'est muée il y a près d'un an en un premier EP, Palo Santo sortie sur La Mamie's Records. On aurait du mal à décrire le style de Kodäma sans évoquer une fusion assez unique et expérimentale de soul, d'électro et de jazz. 

      Les deux musiciens se sont rencontrés il y a six ans, « par hasard, à la fête de la musique, sur un plateau partagé, » mais leurs parcours diffèrent. Si Thomas est « sideman depuis une vingtaine d'années » et « a commencé à faire des prods il y a 8-10 ans, » la musique n'est entrée dans la vie de Kiala que récemment. La pratique, en tout cas, puisque la chanteuse a quand même eu un papa (dont elle porte le prénom) guitariste de Fela Kuti & Egypt 80. Rien que ça. 

      Il aura notamment fallu Thomas pour éveiller ce talent dormant, cette voix envoûtante. « C'est surtout lui, il y a quatre ans, qui m'a dit que j'étais faite pour ça, qui m'a dit d'assumer que faire de la musique me faisait plus de bien que le reste. C'est à partir de ce moment que j'ai appris le piano à l'American School de Paris. » Et puis même si le lien est peut-être vite fait, l'expérience de Thomas et les origines congolaises et japonaises de Kiala laissaient présager le meilleur.

      C'est justement au Japon que le destin du groupe a commencé à se jouer. Armée de morceaux « pas toujours aboutis » mais déjà chromosomes de « l'âme de Kodäma » le duo s'envole au Japon, y joue un concert, et la magie commence. Officiellement, ils ne sont pas encore « Kodäma ». « On a senti qu'il se passait quelque chose, » raconte Thomas. « À notre niveau, dans un petit club, on a senti qu'on partageait quelque chose. Quand on est rentrés à Paris, on a travaillé un peu plus sur la forme avant de repasser sur scène. » Pour un premier live estampillé Kodäma dont le succès éveille les radars de La Mamie's Records.

      Et c'est symboliquement fort, que Kodäma ait eu à s'essayer au Japon, où Kiala a passé une bonne partie de son enfance, pour enfanter de l'identité du groupe. « Ça faisait deux ans que je n'étais pas retournée au Japon, je voulais faire un petit concert en famille, entre amis, là-bas. Je me suis beaucoup cherchée musicalement avant. J'ai fait beaucoup de choeur, beaucoup de choses avec des potes dans lesquels je n'avais pas beaucoup de choix artistiques. Et c'est pile durant la période avant le Japon que j'ai voulu m'exprimer davantage, que j'ai eu envie de faire quelque chose de plus personnel. » Depuis un an, c'est chose concrètement faite avec l'EP du groupe, dont est extrait « Ask The Moon », désormais clipée.

      Un morceau aussi abstrait et significatif que la musique de Kodäma sait l'être. « J'ai écrit ce morceau juste après les attentats, » raconte la chanteuse. « Il raconte l'histoire de personnes qui fuient un pays en guerre. Ils sont sur un bateau, et voient leur pays décimé au loin. Mais il y a ce côté très apaisé sur ce bateau. Il suit le chemin éclairé par la Lune. La Lune conduit le bateau vers un futur meilleur. » Un voyage, encore, qui répond à tout le mysticisme et la spiritualité de la musique de Kodäma.

      Une spiritualité toute logique, gravée dans le nom même du groupe. « En japonais, Kodäma ça veut dire écho, littéralement. Mais anciennement, ça signifie l'esprit des arbres, » explique Kiala. « C'est quelque chose qui m'a beaucoup inspiré pendant mes étés au Japon. Quand tu te balades dans des villages perdus, dans des forêts désertes, on te dit de faire attention au Kodäma. » Peut-être parce que, comme pour le groupe, on n'est pas toujours prêt à la profondeur de ce qu'ils ont à nous raconter. Vous voyez que parfois, les noms de groupe ça tombe sous le sens.

      Crédits

      Texte : Antoine Mbemba

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      Tags:musique, clip, première, kodäma, ask the moon, kiala ogawa

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