Tyrrel Winston , cold pork 2021

Les temps forts d’Art Paris : une foire aux prises avec le réel

Du 9 au 12 septembre au Grand Palais Ephémère, la foire dévoile une génération de talents à la pratiques et aux questionnements novateurs et d’époque.

par Alice Pfeiffer
|
10 Septembre 2021, 3:51pm

Tyrrel Winston , cold pork 2021

C’est en plein Champ de Mars sur la rive gauche parisienne, sous la coupole du Grand Palais Ephémère que s’est inauguré hier le vernissage de la foire, à la sélection plus diverse, multiculturelle et critique que jamais. De tous endroits, pratiques, regards, c’est un monde de l’art rénové et ancré dans un monde en transformation que l’on y découvre. 

Les masculinités questionnées d’Alex Foxton

Alex Foxton, Saint George II, arrest, 2020 Photo © Gregory Copitet.jpg
Alex Foxton, Saint George II, arrest, 2020 Photo © Gregory Copitet

Représenté par la Galerie Derouillon

À travers ses toiles, l’artiste britannique Alex Foxton expose et interroge des archétypes de masculinité découlant du monde occidental et de la société patriarcale : figures nobles, mythes, héros, en pleine ère Me Too, il déconstruit le virilisme en puisant dans des grandes narrations – pour mieux les mettre à nue. Curieusement fragile, vulnérable parmi une parade phallocentrée, la domination de l’homme sur le monde comme sur la femme est ainsi questionnée.

Les folklores critiques de Nazanin Pouyandeh

Nazanin Pouyandeh : Nu-au-Mimosa-(2020),-130-x-162-cm.jpeg
Nazanin Pouyandeh : Nu-au-Mimosa-(2020),-130-x-162-cm

Représenté par la Galerie Sator

D’origine Iranienne, la plasticienne Nazanin Pouyandeh puise autant dans les toiles bibliques de Bosch que dans de nombreux folkores, narrations, pour en extraire et y apposer un récit contemporain. À la fois hyperréalistes et oniriques, ses toiles confrontent les récits dominants, leurs récupérations et appropriations de canons genrés, leur usage de tropes exotifiantes ou sexualisantes. C’est ainsi nait ce qu’elle nomme un espace de « non-temps éternel » dans lequel on se perd et l’on se regarde en face.

Le théâtre des relations sociales de Rose Barberat

Rosa Barberat, le progrès, 2021.jpg
Rosa Barberat, le progrès, 2021

Représenté par la Galerie Pact

Décrite comme « à la croisée de l’autofiction et la mythologie », la peinture de la française Rose Barberat s’invite comme un terrain de multiples lectures et méta-lectures. Elle y extrait un système de signes symboliques et visuels ancrés dans notre subconscient pour proposer un lieu de questionnement aux rapports entre soi et son entourage – le tout vers une forme de théâtralisation de l’intime et du social.

La mythologie quotidienne de Nick Doyle

Nick Doyle, Healthy competition, 2020.jpg
Nick Doyle, Healthy competition, 2020

Représenté par la Stems Gallery 

L’américain développe un travail de marqueterie à base de panneaux de bois et de denim, qui deviennent sa palette première vers une élévation de la pop culture américaine classique, et de ses objets commerciaux agissant comme des icônes modernes. Pompe à essence, porte-clés Las Vegas, boites d’allumettes , « les objets usuels du quotidien aux Etats-Unis viennent composer une imagerie traditionnelle et en questionner leur culture » dit Pascaline Smet, co-fondatrice de la galerie Stems l’exposant.

La mémoire collective et matérielle de Tyrrell Winston 

Tyrrel Winston , cold pork 2021 .jpg
Tyrrel Winston , cold pork 2021

Représenté par la Stems Gallery

Egalement étasunien, Tyrrell Winston se concentre notamment sur des installations à partir de ballons de basketball usagés pour en tirer des récits singulier. « Il a coulé de la résine époxy liquide sur ces vieux ballons, qu’il a ainsi figé dans l’état et assemblé dans des compositions, formulant ainsi un travail sur la mémoire collective prenant ainsi tout son sens et revelant son lien à son contexte et à sa communauté. » ajoute Pascaline Smet, l’exposant également.

Le logo comme récit de soi de Julien Boudet

Julien Boudet, Cayenne Prada, 2020.jpg
Julien Boudet, Cayenne Prada, 2020

Représenté par la Stems Gallery

Photographe de mode mais pas que, Julien Boudet place le vêtement et le logo comme point de départ de l’interrogation de soi, et de son soi social, au sein de la consumer culture dans laquelle il a grandit. « Il montre l’importance du logo auprès de gens dotés de peu de moyens, mais qui ont besoin de reconnaissance pour exister » analyse Pascaline Smet, co-fondatrice de la galerie Stems l’exposant.

La critique de l’uberisation de Arnaud Adami 

Arnaud Adami thibault en costume de livreur, 2020.jpg
Arnaud Adami thibault en costume de livreur, 2020

Représenté par la H Gallery

Les peintures d’Arnaud Adami suivent la classe ouvrière de la société contemporaine, aux proies d’une culture d’uberisation dont les travailleurs sous-payés et exploités sont les victimes directes. Pour lui, son œuvre intimiste est « un hommage à ces travailleurs de l’ombre » et une façon de détourner le milieu parisiano-centré de l’art pour y introduire une critique sociale nationale.

La pratique de la famille par Soimadou Ibrahim

©Soimadou Ibrahim:tsardom of russia:  2021 acrylic on canvas:.jpeg
©Soimadou Ibrahim:tsardom of russia: 2021

Représenté par la Galerie Marguo

Les portraits de ce peintre replongent ce dernier dans des tranches de vies personnelles et générationnelles, notamment lors de son enfance aux Îles Comores. Travaillant à partir de photographies d’archives personnelles, il vise à souligner l’importance constitutive de son noyau familial dans la construction et l’exploration de soi.

Tagged:
Art Paris