Courtesy of Arthur Kar

Voitures de luxe et cinnamon rolls : reconversion inattendue au temps du Covid-19

Depuis le début du confinement, Arthur Kar, expert en voitures vintage, apporte son aide à la boulangerie Circus Bakery et livre leurs produits dans tout Paris à bord de ses bolides de luxe.

par Claire Beghin
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27 Avril 2020, 12:57pm

Courtesy of Arthur Kar

Si vous êtes passionné de voitures vintage, il y a des chances que vous ayez déjà croisé la route d’Arthur Kar. Ce franco-libanais a ouvert en 2011 L’art de l’automobile, concessionnaire parisien spécialisé dans la vente, l’achat et l’entretien de voitures de luxe de seconde main. C’est l’homme à contacter pour entretenir les jantes d’une Porsche vintage, pour donner un coup de frais à une Aston Martin ou pour acquérir une Peugeot 205 GTI des années 90. Ces jours-ci, c’est aussi vers lui qu’il faut se tourner pour se procurer le meilleur pain au levain de Paris, signé Circus Bakery.

Arthur Kar
Courtesy of Arthur Kar

Depuis plusieurs semaines, Arthur Kar prête main forte à l’équipe de cette boulangerie parisienne, qui a lancé son service de livraison à vélo au début du confinement. Chaque jour ou presque, il prend le volant d’une de ses voitures exceptionnelles et sillonne la ville quasi déserte, pour livrer les miches de pain frais, la focaccia et les brioches à la cannelle que s’arrachent les adeptes de Circus Bakery, via leur site Flyin’ Circus. « Les clients ne s’attendent pas à voir arriver leur livreur en Fiat Panda, en 4x4 Mercedes ou en Porsche GT2, ça leur donne le sourire. » dit-il.

Fiat Panda
Courtesy of Arthur Kar

Quel est le rapport entre un expert en automobile et une boulangerie haut de gamme ? À priori aucun, si ce n’est les valeurs qui vont de pair avec les métiers de passion : perfectionnisme, respect du produit et service irréprochable. « Circus est un endroit que je respecte, dit Arthur Kar. Ce sont des gens simples, sympas et perfectionnistes comme je le suis dans mon travail. Quand ils ont ouvert, mon assistant allait chercher des cinnamon rolls chez eux deux fois par semaine pour notre équipe, comme un rituel. »

Youssef Louanjli et Élie Obeid, le duo à l’origine de Circus, avaient prévu d’inaugurer leur service de livraison en septembre 2020. Confinement oblige, le projet a démarré plus tôt. « Ils ont été dépassé par les commandes dès le début et m’ont demandé de leur prêter une voiture. J’ai répondu ‘Non, je vais venir livrer !’ Je ne vois pas pourquoi je ne le ferai pas. J’ai démarré comme mécanicien dans un garage Porsche. Je n’avais pas les moyens de me nourrir correctement, alors je livrais des sushis après le travail, en échange de repas. C’est quelque chose que j’ai en moi. »

Circus Bakery
Courtesy of Arthur Kar

Pour Arthur Kar, également fondateur de KAR/L’art de l’automobile, une ligne de vêtements inspirée de l’univers des voitures, la filiation tombe sous le sens lorsqu’il s’agit de soutenir des projets vertueux. « On a rencontré Deliveroo, Uber et autres, mais c’était important pour nous d’avoir un service en interne, que chaque livreur puisse expliquer aux clients d’où vient le pain et comment il est fait. » dit Élie Obeid. « On s’est dit qu’on pouvait faire quelque chose de très cool avec Arthur, qui a une super marque et la même sensibilité que nous pour l’art de vivre. Il nous donne un coup de pouce très généreux. »

Hopital cochin Delivery
Courtesy of Arthur Kar

Et qui paie. Leur collaboration a tapé dans l’oeil du chef Jean Imbert et de leur ami Omar Cherif Machichi, fondateur de l’agence OC Special + Travel, qui se sont rapidement joints au projet. « Omar voulait remercier le personnel de l’hôpital Cochin, où plusieurs de ses proches ont été sauvés, en leur livrant des repas de chez Mamie, [le restaurant de Jean Imbert]. On remet ça la semaine prochaine avec les pompiers, ensuite ce sera les caissiers, la police et les infirmières. C’est pour ça que j’ai fondé L’art de l’automobile, pour décloisonner l’univers exclusif des voitures et créer des passerelles avec les mondes que j’aime : la nourriture, la mode, l'art… » dit Arthur Kar, qui travaille également au lancement d’une marque de glaces. « Il n’y a pas d’échelle de valeurs, on continuera tant qu’on pourra aider. »

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