voilà, c'est prouvé : les réseaux sociaux sont une drogue dure

Instagram est encore plus dangereux que ce que vous imaginiez.

par Roisin Lanigan
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15 Janvier 2019, 11:20am

Pour nombre d’entre nous, « passer moins de temps sur les réseaux sociaux » était en top 3 de la liste des bonnes résolutions 2019, et à juste titre. Non content de nous faire perdre des heures voire des journées entières, l’usage excessif d’Instagram, de Twitter et – pour ceux d’entre vous qui vivent dans le passé – de Facebook, affecte également nos décisions. Selon une nouvelle étudepubliée en ce début d’année, il nous rendrait plus susceptibles de nous adonner à des « comportements à risque ».

L’effet néfaste des réseaux sociaux n’est pas un scoop, mais cette récente étude, publiée par la Michigan State University, affirme qu'il peut aller bien au-delà de la dépression et de l’anxiété (comme si ce n’était pas déjà suffisant). La recherche universitaire démontre qu’il y a un lien entre l’abus de réseaux sociaux et un processus décisionnel altéré, allant jusqu'à rapprocher ce processus à celui que l'on retrouve chez les personnes sujettes à une addiction à la drogue.

« Environ un tiers des humains sur la planète utilise les réseaux sociaux, et certains d’entre eux en ont un usage inadéquat et excessif, estime Dar Meshi, principal auteur de l’étude et professeur assistant à Michigan State. Espérons que nos résultats poussent nos confrères à prendre l’abus de réseaux sociaux au sérieux. »

Les résultats de l’équipe de Dar Meshi, publiés dans le Journal of Behavioral Addictions, sont les premiers du genre à explorer le lien entre réseaux sociaux et comportements à risque. Les chercheurs ont comparé notre dépendance psychologique aux réseaux sociaux aux réactions chimiques des cerveaux des accros à la drogue qui, parfois « échouent à apprendre de leurs erreurs et s’engagent dans une voie dont ils savent que l’issue sera négative ».

Pour les besoins de l’étude, il a été demandé à 71 participants de répondre à un sondage mesurant leur dépendance psychologique à Facebook. Les questions portaient sur leur intérêt pour la plateforme, leurs sentiments lorsqu’ils en sont privés, leurs tentatives – si tentative il y a eu – d’arrêter, et l’impact de Facebook sur leur travail ou leurs études. Les participants ont ensuite été soumis au test Iowa Gambling Task, qui évalue la prise de décision en proposant aux testés de piocher parmi quatre piles de cartes celle qui leur paraît la plus avantageuse. Grâce à l'utilisation d'argent virtuel, certaines piles vont les récompenser, d'autres les pénaliser. Le but du jeu est de gagner autant d’argent que possible en choisissant les « bons » jeux de cartes. Les chercheurs ont trouvé une corrélation directe entre l’échec des participants au test - leurs mauvais choix répétés, attirants au court terme mais toujours pénalisant au long - et leur usage excessif des réseaux sociaux. Des résultats selon eux similaires aux comportements des personnes ayant une addiction à la drogue.

« Avec autant d’utilisateurs des réseaux sociaux dans le monde, il est capital pour nous d’en comprendre l’usage, explique Dar Meshi au Science Daily. Je pense que les réseaux sociaux ont des avantages phénoménaux pour les individus, mais il y a également un côté obscur dont ils n’arrivent pas à se défaire. Nous devons mieux comprendre ce besoin afin de déterminer si l’abus des réseaux sociaux peut être considéré comme une addiction. »

Cet article a été initialement publié dans i-D UK.

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