Photographie Sophie Hemels

le rap de columbine est beau quand il est borderline

Les rappeurs rennais sortent aujourd'hui le clip de « Bordeline ». Un trip halluciné dans le cerveau de Lujipeka.

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10 janvier 2019, 4:00pm

Photographie Sophie Hemels

En septembre dernier, au milieu de la réjouissante masse de sorties rap français s’élevait un album à part, un puzzle en vingt morceaux dont les pièces, une fois rassemblées, dessinent un nom flottant dans les nuages : Columbine. Après Clubbing For Columbine en 2016 et Enfants Terribles en 2017, qui actait son véritable succès, la formation rennaise revenait donc hypnotiser son auditoire toujours grandissant avec Adieu Bientôt. Un disque à l’image de son époque, résolument libre et hybride. Une ballade cloud entre la dépression pubère et les espoirs adultes (ou l’inverse), porté par deux timbres, deux têtes bien entourées : Lujipeka et Foda C.

Au moment de la sortie de ce troisième opus, les deux artistes racontaient à i-D les moments de doutes qu'ils avaient traversé à la suite de l’engouement suscité par Enfant Terribles. « Après la tournée, on a connu une petite période de trouble, on se demandait comment on allait faire pour se réinventer […]. C’est aussi pour ça que l’on retrouve plus de morceaux en solo sur ce disque. On a passé beaucoup de temps ensemble et on a sans doute ressenti le besoin de s’essayer chacun à des choses plus personnelles. » C’est avec le clip de l’un de ces morceaux en solitaire que Columbine revient nous hanter en 2019.

Sur le magnifique « Bordeline », Lujipeka parle amour, peurs, fantasmes, évoquant un monde qui lui échappe pour signer l’un des refrains les plus catchy de l’année passée – éhontément pop. Un cri spontané, quasi psychotique, touché par une grâce semblable aux meilleurs titres de l’album. Le clip, réalisé par l’anglais Felix Brady, mêle la réalité à la fiction et voit Lujipeka se perdre dans ses propres délires à travers des visuels à mi-chemin entre Alice au Pays des Merveilles et Trainspotting. S’il en fallait une, voilà donc une excuse pour se replonger dans Adieu Bientôt, en attendant le cru Columbine 2019.

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