vox low, la force de la voix basse et des basses lourdes

Le duo français partage en exclusivité avec i-D le premier extrait de son nouvel EP, 'The Hunt'.

par Antoine Mbemba
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05 Juillet 2016, 10:30am

On ne sait pas si Benoît et Jean-Christophe, le duo qui compose le rock psyché et la new wave de Vox Low, sont allés trouvé leur inspiration au bout d'un fusil de chasse. On en doute : la partie de chasse qu'ils proposent avec The Hunt se joue loin des forêts hexagonales. Peut-être fera-t-elle échapper l'animal qui dort en vous, lorsque, hébétés sur le dancefloor, vous goûterez aux basses lourdes et hypnotiques de Vox Low (pour s'en assurer, rendez-vous samedi 9 juillet à La Station). On est prêts à parier que ce sera le cas, tant le duo français et leur entourage partagent une approche passionnée de la musique, de sa distribution et des options graphiques qui s'y accolent. Leur précédent EP, Trapped on the Moon, ne leur a pas rapporté d'argent. Tout juste de quoi se rembourser. Le plus important était et reste de produire un bel objet, qui dure - au diable les bénéfices, la musique dépasse tout. Encore un peu sonnés par les vrilles du titre éponyme de leur nouvel EP The Hunt, à sortir sur le label de Jennifer Cardini (et qui nous entraîne volontiers dans les méandres d'une campagne boisée, celle d'un film barré de Quentin Dupieux, peut-être) on est allés poser quelques questions à Jean-Christophe, la voix basse, puissante et tout aussi cold que wave de Vox Low.

Comment a commencé Vox Low ?
En 2004 on avait démarré un premier projet qui s'appelait Think Twice, sur le label de Laurent Garnier, F Communications. On avait monté ça avec un chanteur, Macdara Smith. On a donc fait un premier album chez F Comm et ensuite sur un petit label français qui s'appelle Dialecte, en 2008. Ensuite les choses ont un peu périclité parce qu'on a tous eu des gamins, ça marchait pas tant que ça, du coup on a un peu lâché l'affaire. Et il y a trois ans, avec Benoît, on a décidé de refaire de la musique ensemble, de monter un nouveau projet. C'est de là qu'est parti Vox Low.

Qu'est-ce qui vous a donné envie de revenir à la musique ?
Après deux ans de stand-by on avait toujours cette même envie de faire des choses. On se connaît très bien avec Benoît, on aimait toujours bosser ensemble. Se remettre à travailler à deux c'était plus simple. On avait plus aucune attente, on y est allés pour le plaisir, en revenant à nos premiers amours : la new-wave, le rock psyché... et puis on s'est lâché, on a fait des morceaux qu'on a postés sur Soundcloud sous forme de démos, sans rien attendre du tout. Et puis les choses ont démarré toutes seules.

Pourquoi ce nom, Vox Low ?
On cherchait un nom, et quand on faisait les exports pour notre premier track - I Wanna See The Light, qui a été remixé par Ivan Smagghe - y avait une des pistes avec une voix hyper basse, et on l'avait nommée "Vox Low" en anglais. Tout de suite on a trouvé que ça sonnait bien, que graphiquement c'était intéressant, les 2x3 lettres, y a un côté chiffres romains. Et puis comme la basse et la voix sont très prédominantes dans notre musique, ça collait bien.

Le chant, c'est nouveau pour toi ?
On avait du chant avant aussi, mais comme je te disais c'est Macdara Smith, un Irlandais, qui chantait. C'était un mélange de rap phrasé, chanté. Moi je faisais quelques backings vocaux, mais j'ai jamais eu la prétention d'être un chanteur, ni dans la vie ni sur scène. Là ça a été un concours de circonstances.

Y a eu une petite appréhension sur scène ?
Totalement. Après moi je ne serais jamais le lead singer qui se roule par terre au centre de la scène. C'est notre approche, il ne se passe pas énormément de choses sur scène. On est quatre musiciens et ça se passe plus chacun dans son jeu, c'est pas une performance scénique. Moi je suis caché derrière deux stands de claviers, avec des synthés, j'ai mon micro mais je ne suis pas en position centrale. Dans Vox Low, la voix est un instrument comme un autre.

Vous avez déjà fait beaucoup de concerts avec Vox Low ?
On en est à notre dixième ou onzième concert depuis un an. On est assez sélectifs, on a plus ni l'âge ni l'envie ni le courage d'aller courir les bars et les petits plans. On court pas après les dates. Si y en a qui tombent c'est bien. C'est pas tant des questions d'argent que de conditions. On va jouer le weekend prochain à La Station. C'est des mecs super qui sont vraiment impliqués dans ce qu'ils font, dans l'art contemporain, dans la musique... On va jouer pour 300 balles et on s'en fout. On préfère ça que d'aller jouer pour 1000 euros dans un bar branché où les gens n'en ont rien à foutre, et le son n'est pas adapté.

Si tu devais me définir votre musique, sans se ramener à des styles prédéfinis...
Sans se référer à des styles c'est un peu compliqué à notre époque ! Tout a tellement été fait... On a clairement exprimé dès le début, Vox Low c'est un retour à nos amours d'adolescence. Avant tout la new wave, Joy Division, The Cure et tout le rock psyché et krot... toute la culture électronique qu'on traîne depuis vingt ans. On a fait un melting-pot de tout ça, ça s'est fait assez naturellement. Nous, on s'est auto-proclamés "old wave", puisque c'est plus de la new...

En écoutant The Hunt j'ai tout de suite eu l'impression d'écouter une B.O, d'un film un peu barré de Dupieux, par exemple. C'est important ce côté cinématographique ?
Complètement ! Notre musique on la lie à des images. On est fans de S-F et de vieux films des années 1960... C'est pour ça que quand Marco nous a proposé de faire un clip, on a trouvé ça super et ce qu'il a fait est vraiment drôle, y a un aspect série Z assez sympa. Et nous à terme c'est quelque chose qu'on aimerait faire, de la musique de film, clairement.

Justement, si vous aviez pu faire la bande originale d'un film, ça aurait été lequel ?
Blade Runner !

Credits


Texte Antoine Mbemba
Image : artwork de Vox Low

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