pop minimale et vhs : voici le dernier clip de tristesse contemporaine

Le trio le plus apatride de France dévoile en exclusivité pour i-D le clip de "Let's Go", premier single d'un nouvel album qui sortira en janvier prochain. Un mélange toujours judicieux de new-wave et de pop pure et minimale.

par Antoine Mbemba
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26 Octobre 2016, 10:40am

La première est japonaise (et ex-leader d'un girlband punk). Le deuxième est anglais d'origine jamaïcaine (et ancien membre du groupe de trip-hop Earthling). Le troisième est suédois, (on a pu l'apercevoir dans Aswefall et aux côtés de Jay Jay Johanson). Ensemble, Narumi, Maik et Leo forment le groupe d'électro/pop/new wave Tristesse Contemporaine. Essayez de faire plus globalisant que ça.

Mais n'allez pas croire que l'aspect apatride du groupe se traduit en sonorités japonaises ou souffles nordiques. L'héritage du groupe est abordé plus subtilement par ses membres. C'est d'abord l'air mélancolique qui traverse ces étrangers vivant à Paris depuis plus de dix ans. « Notre musique n'est pas très ethnique ! » explique Leo Hellden. « Ce qu'on a en commun, c'est d'être tous étrangers à la France. "Tristesse", ça évoque une nostalgie qu'on partage. On a traversé le même truc. Et puis on a la même culture musicale, principalement anglaise. »

Après un album éponyme puissant, ténébreux et remarqué en 2012 et une confirmation plus colorée en 2013 avec Stay Golden, le groupe viendra clore sa trilogie en janvier 2017 avec Stop and Start, dont le trio nous livre le clip de son premier single aujourd'hui. « C'est un album beaucoup plus frontal que le précédent, » assure Leo. « On est un peu revenu à nos débuts, à un son kraut, industriel. Ce premier single est assez représentatif de l'album. C'est plus accessible. » « En tout cas dans nos têtes ! » embraye Narumi. « Mais c'est vrai qu'il y a quand même quelque chose de pop et de catchy. »

Et en effet, difficile de ne pas s'accrocher au beat, au riff et aux synthés du premier single, « Let's Go ». On se laisse balader, les bras ballants, la tête oscillant au rythme du chant caverneux et irrésistible de Maik. Et on se laisse happer, nous aussi, par cette nostalgie remontée par les plans VHS de Dodi El Sherbini et Kevin Elamrani-Lince.

Si les origines sont nombreuses, si les références sont multiples, et si Tristesse Contemporaine en est déjà à son troisième album, une lueur subsiste. L'essence du groupe, peut-être. « Deux accords/un minimum d'instruments/ un maximum de reverbe. » Une certaine idée du less is more, parfaitement résumée par Leo : « C'est facile de dire ce qu'on aime, mais on se définit plus par ce que l'on n'aime pas, ce que l'on retire de l'équation, jusqu'à ce qu'il ne reste que le minimal. On recherche une expression pure. »

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Texte Antoine Mbemba

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