bandes à part : koché

Toutes les semaines jusqu’à la fin de l'année, i-D vous présentera un jeune créateur entouré de sa « bande ». Y/Project, Courrèges, Paco Rabanne, Léa Peckre, Etudes Studio, Koché et Wanda Nylon : tous ont joué le jeu.

par Tess Lochanski
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05 Décembre 2016, 3:55pm

Koché est une fête réussie. C'est une réponse magique à un besoin pragmatique. Une vérité qui survient sans qu'on l'ait attendue mais qui n'advient que si (et seulement si) l'on a assez attendu. Une chimie qui libère, un cri dans la nuit ou le jour, tout droit dressé vers le futur. La première fête de Koché a eu lieu en plein milieu des Halles, il y a un peu plus d'un an. Christelle Kocher avait choisi de faire défiler sa première collection dans l'increvable ventre de Paris : « Cet endroit, c'est tout ce que je voulaisnous avait-elle confié à l'époque. C'est un centre commercial sans aucune boutique de luxe. Y'a un petit cinéma hyper snob et intello à l'intérieur. C'est en plein milieu du centre royal historique de la ville ; à quelques rues du Louvre et de Rivoli. Pourtant, c'est là où tous les trains de banlieue convergent. C'est une porte. Mieux, c'est un passage. C'est beau et c'est plein de vie. » Même énergie, même combat, elle remettait ça en septembre dernier sous la Canopée flambant neuve, avec (une finale au prix LVMH plus tard) tous les plus grands éditeurs de mode debout au balcon - on ne danse pas assis. Mais la fête est restée la même. Sa chimie, inchangée. C'était la même vision du monde et de la féminité, la même joie presque primitive, la même mode hybride, le même casting explosif, les mêmes beats épileptiques d'AamourOcean. C'était la bande de Koché qui continuait à faire la fête, encore plus haut, toujours plus fort. 

"Christelle est intense, un puits qui déborde de créativité ! Elle est attentive et ouverte à son équipe. Elle n'hésite pas a transmettre son savoir." Delphine

« Je préfère le mot nébuleuse, explique Christelle qui trouve ça, moins réducteur que le terme de bande ou de gang : j'aime avoir plein de profils hyper différents autour de moi. La seule chose qui nous lie, c'est l'énergie, l'envie de faire, d'agir, de créer sans regarder en arrière et sans se laisser impressionner par les ors de la mode et de Paris. C'est vraiment comme ça que j'ai pensé la marque : un mélange d'énergies libres, ouvert sur le monde. » Autour d'elle le jour de notre shoot, les deux musiciens d'Aamour Océan, qui collaborent avec elle depuis le tout début de la marque mais aussi Delphine et Nelly, ses visages chéris, que l'on retrouve à chaque défilé. Elle parle d'eux avec autant de douceur et de bienveillance qu'elle parvient à décrire avec acuité et précision ce que chacun lui apporte. Mais un mot revient systématiquement dans ses descriptions : énergie. Elle aime ce qu'ils dégagent, indépendamment les uns des autres : « L'autre jour on plaisantait avec Nelly justement. On se disait qu'elle n'aurait jamais probablement rencontré Delphine sans Koché, qu'elles auraient continué à évoluer en parallèle, à se croiser sans jamais vraiment entrer en collision. C'est ça Koché, des collisions heureuses. » 

"Christelle réussit à mêler streetwear et couture sans cynisme, en leur donnant une place qui me semble assez égale au fil des saisons, que ce soit par des inspirations esthétiques ou par son travail technique du vêtement." Nelly

Koché est une fête, une nébuleuse, un monde à lui tout seul qui est en train d'inventer son propre mode d'existence : « J'essaie de sortir du système assez anxiogène de la mode. L'angoisse des collections thématiques, du calendrier, du casting, du défilé : j'ai vraiment voulu retrouver de la joie dans tout ce qu'on entreprenait. Il y a trop de systématismes dans la mode qui ne font plus sens. » La bonne nouvelle c'est que Christelle n'est pas toute seule pour entreprendre sa révolution. Autour d'elle, des dizaines et des dizaines de jeunes qui ont envie de fixer leurs règles du jeu : « Paris est en train de comprendre que pour pouvoir changer les choses, il ne faut pas attendre. Si c'est pas toi qui le fais, qui va le faire, hein ? J'ai décidé de faire et de m'entourer de ceux qui avaient envie de faire aussi, c'est tout. » Une révolution, oui. Mais pas pour tout casser, non. Pour tout reconstruire. Tout reconstruire correctement. 

Credits


Photographie : Phil Engelhardt assisté de Gwénaëlle Trannoy
Réalisation : Xenia May Settel
Texte : Tess Lochanski
Make-up : Aya Fujita assistée de Son Semi
Hair : Sumiyo Kyoshima assistée de Hiro Niino

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